Affichage des articles dont le libellé est Rentrée Littéraire 2013. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rentrée Littéraire 2013. Afficher tous les articles

mardi 21 janvier 2014

Revanche, de Cat Clarke


" Il me manque tellement. Ça ne devient pas plus facile. Peu importe ce que les gens disent, le temps ne guérit pas les blessures. Il vous montre simplement de nouvelles, et encore plus douloureuses manières de souffrir de l'absence de quelqu'un. Plus cette personne est partie depuis longtemps, pire c'est, parce qu'on commence à oublier son sourire, sa façon de pencher la tête lorsqu'elle réfléchissait, de vous regarder et de deviner ce à quoi vous pensiez. Bientôt, on se met même à avoir la sensation que les souvenir ont été remplacés par des images photographiques - comme si la seule façon de se rappeler cette personne se trouvait désormais sur un cliché, et qu'elle devenait bidimensionnelle. Et comme ça déchire le cœur rien que d'y penser, on évite de le faire. "





Kai et Jem sont inséparables. Jem aime secrètement son meilleur ami, qui serait l'homme idéal s'il ne préférait les garçons... À la fin d'une soirée d'ivresse chez des amis communs, Jem rentre seule chez elle, Kai demeurant étonnamment introuvable. C'est le lendemain que tout bascule : la jeune fille reçoit un email de la part de ce dernier, avec en pièce jointe une vidéo de lui en compagnie d'un garçon qu'il a trouvé postée sur Internet. Cette vidéo plus que compromettante est très vite partagée par tout le lycée et Kai reçoit une salve d'e-mails agressifs qu'il ne peut bientôt plus supporter. Lui qui n'avait pas encore fait son coming out finit par craquer et se suicide... À la suite de ce drame, Jem prend trois résolutions : découvrir la vérité, venger son ami et se suicider elle aussi. Alors qu'elle mène sa petite enquête, elle reçoit un jour une lettre anonyme contenant trois noms : ceux des responsables. Sans hésitation, Jem abandonne son look gothique et décide d'approcher ces garçons. Mais sont-ils réellement les coupables ?

Le dernier et premier livre de Cat Clarke que j'ai lu, Cruelles, m'a perturbé, par sa thématique, par sa fin mais aussi, par l'attachement suscité auprès de son héroïne. Aujourd'hui encore, bien que plusieurs semaines soient passées depuis cette lecture, j'en garde un souvenir bien net. Alors, avec Revanche, on aurait pu me croire averti en sachant à quoi m'en tenir, que j'étais vaccinée en quelque sorte. Pourtant quelque chose en moi, appelez ça mon optimisme indécrottable, pensait qu'il pourrait en être autrement avec Jem. 

J'ai eu quelques difficultés à noter ce livre... En effet, ce n'est pas que le style soit redondant, ou que l'histoire manque d'originalité, mais plutôt que l'auteure parvienne, une fois encore, à étouffer dans l'oeuf tout l'espoir qu'elle a réussi à faire naître trois pages avant. Et, ça, c'est frustrant! Voir que la situation vous échappe, même si on vous le mentionne tout au long de l'histoire a de quoi me déconcerter. 

Donc, il ne s'agit pas d'un souci de plume, mais plutôt de ressenti final. Tout autant que l'histoire, qui reste forte et ambivalente, à mesure que la Revanche de Jem se mélange avec ce qu'elle vit réellement, Cat Clarke parvient à trouver les mots justes pour nous faire comprendre la détresse de ses personnages. Et j'ai trouvé l'ensemble juste, même si depuis mes yeux d'adulte, j'aurais souhaité plus d'une fois pouvoir dire à Jemima quoi et comment penser et lui ouvrir les yeux. 

Et comme dans Cruelles, la vérité explose aux yeux de l'héroïne et éclabousse tout ce pourquoi elle s'est battue: l'amitié et le respect des autres et de leurs différences. Car elle se place dans le même sac au final.

La fin n'en reste pas moins étonnante, et malgré la boule encore coincée au fond de ma gorge, je suis persuadée que cette auteur mérite d'être connue et reconnue pour pointer du doigt la société dans laquelle nos ado évoluent. D'ailleurs, je suis persuadée qu'il devrait être placé dans leurs mains pour leur faire bien comprendre qu'il ne faut pas attendre d'être adulte pour assumer la responsabilité des mots et des actes! 

Si aujourd'hui, je ne place pas cette lecture en "coup de cœur" c'est à cause de la déception qui s'est emparée de moi, et parce que j'aimerai découvrir cette auteure un peu moins dure avec ses personnages. 

Publié aux Editions Robert Laffont, Collection R, octobre 2013, 504 pages, 18,50€




6/6

vendredi 10 janvier 2014

Métro, boulot, paréo, de Nicola Doherty


_ Tu sais exactement de quoi je parle. Ton discours d'hier sur les options légales et le reste m'a donné l'impression que tu étais très impliquée dans ton travail. Mais, à en juger par le spectacle que tu nous a donné ce soir, je n'en suis plus aussi sûr. Tu es ici pour travailler ou pour te trouver un mec célèbre? 
_ On a seulement dansé. Qu'y a-t-il de mal à ça?
Je me sens rougir. Je sais très bien ce qu'il y a de mal à ça. Et ce qu'il y a de bien. Sam prend un air dédaigneux.
_ Si c'est ce que tu as envie de te raconter, vas-y. Mais je me serais attendu à un peu plus de professionnalisme.
Et il s'en va. 



Alice passe un été pourri, car sa carrière d’éditrice est au point mort, et elle vient de se faire larguer. Mais la roue tourne. Elle doit remplacer sa chef pour une super mission à l’étranger : s’isoler dans une villa en Sicile avec un acteur qu’elle admire, afin de le pousser à finir son autobiographie. Or, Alice doit confronter Sam, l’agent de la star, qui ne souhaite pas que ce projet voit le jour. La jeune femme va lutter pour tenter de remplir le contrat, mais elle va vite s’adonner à d’autres activités beaucoup moins professionnelles…


Alors que nous sommes en Janvier, il n'empêche que dans le Sud le soleil pointe régulièrement le bout de son nez, ainsi mon choix de ce livre plein de chaleur a été aussi évident pour moi que si je me trouvais au bord de l'eau. Que dis-je? Mais, je me trouve au bord de l'eau! 

Métro, boulot, paréo, est sans conteste une très bonne romance contemporaine qui mélange tout ce que j'aime, à savoir des personnages loin des stéréotypes habituels, une histoire intéressante avec de bonnes péripéties et une écriture fluide et agréable. 

Alice, l'héroïne principale ne représente pas le grand cliché commun à cette littérature. En effet, elle ne se définit pas comme un top-modèle, mais comme une jeune femme lambda qui pourrait être n'importe qui. D'ailleurs, si Luther est mis en avant par son physique et son charisme ravageur, on apprend que cela n'est pas suffisant pour rendre une personne intéressante. 

De son côté, l'intrigue n'a rien à envier au reste, puisque l'histoire nous transporte agréablement aux côtés d'Alice prise entre deux feux. Doit-elle agir en professionnelle en se contentant de pousser Luther à parler de son passé? Ou se laisser prendre au jeu et répondre aux avances de Luther, cet acteur qu'elle affectionne particulièrement? Bien évidemment, c'est sans compter sur sa patronne tyrannique, Olivia, qui lui fait vivre un vrai enfer, et sur celle de Sam, l'agent de Luther, qui lui met des bâtons dans les roues pour l'empêcher d'écrire le livre. Mais parfois, les apparences sont trompeuses...

Néanmoins, loin de ressembler à une énième célibataire londonienne en mal de reconnaissance professionnelle, l'auteure nous offre une histoire dynamique, captivante et une histoire d'amour tout aussi chamboulée. 

Je finirais en rajoutant qu'il s'agit ici d'un livre et d'un seul, qui ne s'inscrit pas dans une saga! C'est toujours un plaisir, même si l'on finit par s'attacher aux personnages, car j'apprécie d'avoir la fin d'une histoire au bout de 430 pages. 

Publié aux Editions Bragelonne, Collection Milady Romance Central Park, Septembre 2013, 7,60€, 430 pages. 

5/6 

jeudi 9 janvier 2014

Au coeur du silence, de Graham Joyce


_ Où sommes-nous ? Qu'est-ce qui se passe ?
_ Viens là. Ne pleure pas. Je ne connais pas la réponse. Je ne sais qu'une chose: être ici tout seul, et vivre tout ça dans mon coin, ce serait un enfer. Avec toi, je me sens plus fort. 
Zoé serra Jake dans ses bras et le regarda.
_ Je ne suis pas malheureuse. Je suis déboussolée, et j'ai terriblement peur. 
_ Mais tu as compris, Zoé ? On doit se souvenir des choses, l'un pour l'autre. Cette vie, quelle qu'elle soit, on doit la reconstruire l'un pour l'autre.
_ Je crois que j'ai compris.




Dans les Pyrénées françaises, un jeune couple marié est enseveli sous une avalanche alors qu'ils skient. Miraculeusement, Jake et Zoe arrivent à sortir de la neige... pour découvrir que le monde qu'ils avaient connu a été frappé par un étrange silence absolu. Leur hôtel est complètement vide. Les portables et les lignes ont été coupées. Une évacuation aussi soudaine et minutieuse laisse Jake et Zoe dans une terrifiante situation. Ils sont coincés dans la tempête, complètement isolés, avec une autre avalanche menaçant de les engloutir... à nouveau. Alors que le couple est témoin d'étranges évènements, ils sont confrontés à une terrifiante vérité concernant cette terre silencieuse qu'ils habitent désormais.

Dès la réunion du Ladies Club, ce titre m'a tapé dans l'œil, sans compter sur le synopsis mystérieux qui entourait cette couverture magnifique. J'ai attendu patiemment de pouvoir mettre la main dessus, mais soit le livre était en piteux état, soit il n'était tout simplement pas en rayonnage. Pourquoi ne pas l'avoir commandé me diriez-vous? C'est une chose que j'aurai pu faire si je ne contrôlais pas systématiquement l'état de mon livre sous toutes les coutures! Que voulez-vous, comme le dis si bien ma belle-maman, nous n'avons que les défauts de nos qualités. Fort heureusement, je l'ai enfin trouvé récemment dans une petite librairie et me suis mise derechef à sa lecture...

Le premier chapitre à peine commencé, je savais que ce livre me plairait. Cette conviction m'a fait bien rire, sachant pertinemment que l'on peut vite être déçue aux fils des pages, mais parfois les premières impressions tiennent tête, et à juste titre!

Cette histoire est à la fois déroutante, intéressante, tout en tombant sous le sens si l'on sait où chercher. Je m'explique, alors que Zoé et Jake profitent des joies du ski, ils sont balayés par une terrible avalanche. Au moment où l'on se demande si notre couple va s'en sortir et, surtout comment, Jake parvient à libérer sa femme, coincée sous la neige. 

Rassurez-vous, je viens seulement de vous résumer quelques pages, car le plus perturbant dans cette histoire provient du fait que tout le village a été déserté, laissant nos deux héros pris au piège par cette montagne qui ne semble pas vouloir les laisser partir. 

Maintenant que je connais la fin et ces "pourquoi comment", tout s'éclaire, faisant de cette romance, une histoire à part et tellement poignante. 

Malgré quelques longueurs en milieu de livre qui m'ont fait grincer des dents au fur et à mesure que l'auteure me perdait dans les hypothèses, il n'en reste pas moins que j'ai adoré ce livre comme me le disait ma première impression. 

Et une fois encore, pas de suite! Comme quoi les histoires les meilleures, sont les plus courtes! Je risque d'y prendre goût! 

Publié aux Editions Bragelonne Milady Romance, Septembre 2013, 316pages, 15,20€


 4/6

dimanche 5 janvier 2014

La famille d'Arsac - Tome 1: Scandaleuse Elisabeth, d'Eléonore Fernaye


_ Par amour ? suggéra son amie. 
_ Le ciel m'en préserve! A quoi me servirait-il d'être amoureuse? A rêvasser, à perdre du temps que je pourrais occuper de façon utile... à me soucier sans cesse du qu'en-dira-t-on. Non, je préfère ma situation actuelle, même si j'envie souvent ta liberté. 












Paris, 1778. Elisabeth d’Arsac est courtisée par une foule de prétendants. Éprise de liberté, elle veut connaitre l’amour sans les désagréments du mariage. Au bal masqué, elle rencontre un ténébreux inconnu. D’entretiens galants en heureux hasards, elle s’offre à lui. Se rendant compte que sa belle était vierge, Henry n’a plus le choix : il doit demander sa main. Furieuse, elle espère que son père refusera cette union. Contre toute attente, le compte accepte d’accorder sa fille à l’Américain. Mais ce mariage est-il vraiment le piège qu’elle s’imaginait ?
Après la saga Les Hathaway de Lisa Kleypas, j'ai voulu tenter l'expérience des romances historiques grâce à Eléonore Fernaye, jeune auteure française, dont le livre m'a été présenté lors du Ladies Club

L'auteure a souhaité conjuguer sa passion pour les romances avec celle pour l'Histoire dans ce premier tome d'une saga se concentrant sur le destin d'une famille parisienne à la fin du XVIIIe siècle. Etant également férue d'Histoire, et notamment moderne, je m'attendais à une série d'évènements marquants de cette époque. Malheureusement, le récit se limite essentiellement à la romance, passant sous silence le contexte historique qui aurait pu fournir des rebondissements plus intéressants à l'histoire. 

En outre, si j'ai trouvé le comportement de notre héroïne bien marqué, il était également déroutant dans le sens où Elisabeth se permet quelques libertés qui doivent faire d'elle un cas unique de cette époque, quelle chanceuse. Néanmoins, je peux me tromper, n'ayant pas une connaissance illimitée de l'étiquette et de son protocole. Ainsi, j'ai trouvé quelque peu épatant de voir le père d'Elisabeth, alors dans une situation financière périlleuse, attendre de sa fille son consentement pour le choix de son futur époux... 

Au-delà de la part historique, qui ne m'a guère convaincu, j'ai trouvé le reste correct avec une romance agréable à découvrir et des personnages bien présents du début à la fin. En effet, Elisabeth, n'est pas une jeune fille comme les autres, puisqu'elle est bien décidée à échapper au joug d'un mari qui aura la mainmise sur son avenir, l'entravant dans un rôle d'épouse qui la priverait de sa liberté. Alors, elle se bat contre les siens pour laisser libre cours à ses idéaux, notamment ceux qui concernent l'éducation des femmes. Nous avons affaire, en quelque sorte, à un sosie de la Marquise de Merteuil, en voulant s'affranchir de la suprématie masculine, la duplicité en moins, puisque notre chère Elisabeth ne cache pas sa volonté de s'émanciper. 

Le prochain tome, Audacieuse Sarah, aura pour personnage principal, le frère aîné d'Elisabeth, Louis d'Arsac devenu volontaire pour aider l'Amérique à gagner son indépendance. 

Publié aux Editions Bragelonne, Collection Milady Romance Pemberley, septembre 2013, 7,90€, 335 pages. 



3/6

lundi 11 novembre 2013

Puzzle, de Franck Thilliez


 Moi, j'ai toujours adoré les puzzles. Ils ont tous une particularité: quelle que soit leur taille, ils deviennent complètement inutiles, moches, loupés, s'il vous manque la toute dernière pièce. Celle qui sublime l'ensemble. Qui marque l'aboutissement ultime du temps qu'on y a consacré.  


Accepteriez-vous de mourir... dans un jeu? 
Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer à la partie ultime. Celle de ce jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, seulement le nom: Paranoïa.
Le jour venu, ils reçoivent enfin la règle numéro 1: Quoi qu'il arrive, rien de ce que vous allez vivre n'est la réalité. Il s'agit d'un jeu. 
Suivie; quelques heures plus tard, de la règle numéro 2: L'un d'entre vous va mourir. 
Quand les joueurs trouvent un premier cadavre, quand Ilan découvre des informations liées à la disparition toujours inexpliquée de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à établir. 
Paranoïa peut alors réellement commencer...




Une envie soudaine de m'immerger dans un bon thriller, mais pas avec n'importe qui... Une envie assouvie grâce à Chris qui m'a offert le dernier Thilliez, une valeur sûre quand il veut me faire plaisir à tous les coups. Alors, je le remercie encore pour son geste. 
D'ailleurs, j'ai toujours mon exemplaire de "Vertiges" qui m'attend sagement dans la bibliothèque, tout comme "Gataca" avec la suite des aventures de Sharko et Lucie, mais l'attrait de la nouveauté a eu raison de mon impatience. Cela étant, j'ai maintenant très envie de continuer mon immersion dans le thriller! 



De nouveau, Franck Thilliez est parvenu à me captiver à travers cette intrigue qui mêle psychologie et chasse au trésor, le tout dans un décor qui convenait parfaitement à la période d'Halloween! En effet, le jeu se déroule dans un hôpital psychiatrique désaffecté et totalement lugubre, rendant ainsi la partie macabre et inquiétante. 

Sans vouloir vous en dire plus, je dois reconnaître que la révélation finale n'a pas été une grande surprise pour moi. Arrivée au trois quart de l'histoire, j'avais saisi la structure, le puzzle, que l'auteur a mis en place tout autour de cette atmosphère paranoïaque. Toutefois, comme je le répète souvent, la qualité d'un livre ne se résume pas uniquement à sa fin. C'est tout l'intérêt du plaisir de relire un livre, on a beau connaître la fin et toutes les péripéties, cela ne nous empêchera pas de le reprendre un jour... 

Donc, même si la fin n'a pas été un secret très longtemps pour moi, il n'en reste pas moins que "Puzzle" est un thriller psychologique intéressant qui correspondait pile à ce que je voulais! 

Au fil de mes lectures, je me suis aperçue que l'aspect "psychologique" des thrillers était celui qui me captivait le plus. Du coup, j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre Ilan à la recherche de ses secrets de famille, à le voir frôler la limite du "burn out", tout en suivant parallèlement l'affaire Chardon, désigné coupable d'un octo-meurtre. 

Comme à chaque fois, j'aime guetter l'auteur derrière le moindre détail qu'il dissémine autour de son intrigue, faisant passer les informations capitales pour des réflexions anodines. Peut-être, ai-je l’œil trop aguerri pour me laisser surprendre?!


To be continued M. Thilliez... 

Paru aux Editions Fleuve Noir, le 3 octobre 2013, 430 pages, 20,90€

2/6


dimanche 10 novembre 2013

Face à eux, de Jason Mott





Arcadia, petite ville du sud des Etats-Unis, perdue au milieu des champs de blé et de soja. Là, comme partout ailleurs dans le monde, un phénomène incompréhensible, inconcevable, se produit : des morts réapparaissent parmi les vivants. Ils ont le même âge qu'au jour de leur mort, et aucun souvenir de leur passage dans l'au-delà.
En ouvrant sa porte, Harold, quatre-vingts ans, découvre devant lui la silhouette menue d'un petit garçon : celle de son fils Jacob, mort en 1966. Il a beau savoir que partout sur la planète le même phénomène inconcevable se produit, Harold a soudain l'impression que tout ce qu'il croyait sûr et intangible dans le monde vient de s'écrouler aux pieds de ce petit garçon au sourire bouleversant, et dont la mort, cinquante ans plus tôt, a manqué emporter sa raison. Et même s'il ne sait pas qui est vraiment l'enfant qui lui fait face, il sait qu'il n'aura pas la force de refuser cette seconde chance. Et qu'il fera tout pour protéger son fils. Le protéger comme il n'a pas su le faire autrefois.
Alors que le gouvernement tente, entre brutalité et aveu d'impuissance, d'endiguer le phénomène, et qu'une partie de la population exprime violemment son rejet, ceux qui font face au retour d'un être chef se retrouvent confrontés aux mêmes questions : les Revenants sont-ils vraiment les mêmes qu'autrefois ? Et pourquoi sont-ils revenus ?


Quand j'ai vu ce livre sur le blog de Moody, j'ai tout de suite accroché au synopsis, qui nous laissait envisager une histoire totalement hors du commun, ou du moins suffisamment pour me sortir de mes habitudes littéraires. D'ailleurs, cette présentation n'était pas sans me rappeler une série diffusée sur Canal+ l'hiver dernier : Les revenants, dont j'avais adoré l'ambiance, même si la fin de la première saison ne m'a vraiment pas convaincue. Ainsi, peut-être ai-je vu en ce livre une nouvelle alternative à l'exploitation de cette thématique.



Avec ce livre, je m'attendais à un choc littéraire...
Je m'attendais à sortir des sentiers battus...
Et plus que tout, je cherchais une lecture qui m'accaparerait d'un bout à l'autre!

Alors si l'histoire d'Harold et de sa femme sort de l'ordinaire, elle ne m'en a pas pour autant chamboulé. Malheureusement, comme le soulignait déjà Moody dans sa chronique, les passages descriptifs, souvent non justifiés, n'ont pas contribué à rendre cette histoire addictive. J'ajouterai même, que ce rajout de détails, qu'ils soient d'ordre sentimental, physique ou architectural, ont contribué à alourdir le récit déjà pauvre en péripéties.

Il s'agit tout simplement d'un désaccord entre l'auteur et moi-même en quelque sorte. Puisqu'il a opté pour un angle de vue concentré plus sur l'humain et ses réactions face à un tel événement, alors que j'attendais de lui plus de sensationnel, d'action et de révélations percutantes.  Nous restons principalement concentrés sur Harold et Lucille, qui voient leur petit garçon revenir à la vie, 50 ans après sa tragique disparition. Loin d'être un cas isolé, "cette renaissance" surgit partout dans le monde ramenant au hasard des personnes décédées, en passant même par des nazis. D'ailleurs, j'aurai aimé avoir davantage de scènes de ce genre entre deux états d'âme d'Harold, rajoutant un peu de piquant dans cette prise de conscience. 

Toutefois, si le fond ne m'a pas comblé, la forme quant à elle est très appréciable. L'auteur a une plume agréable si l'on met de côté le rythme désaccordé, et une fin qui clôture l'événement spectaculaire aussi vite qu'il n'est apparu. 

Ainsi, même si je n'ai rien à dire sur la forme du récit concernant la plume de l'auteur, je n'ai en revanche pas adhéré à l'histoire qu'il nous raconte ici, adoptant un point de vue statique sans véritable rebondissement compte tenu de la thématique engagée. 

Publié aux Editions Harlequin, Collection Mosaïc, le 4 septembre 2013, 384 pages, 19,90€

Disponible également en version ebook, Le prologue exclusif et gratuit sur n'importe quel site marchand 










1/6