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vendredi 27 juin 2014

Loin de tout - Tome 2: Près de toi, J.A. Redmerski



« Peut-être qu’au fond je suis une personne extrêmement faible. Peut-être que, sans lui, je ne serais pas celle que je suis devenue. Parfois, il m’arrive de me demander à quoi ressemblerait mon existence si je ne l’avais pas rencontré, s’il ne m’avait pas protégée lors de ce voyage en car aussi dangereux qu’imprudent que j’avais décidé d’entreprendre seule. J’ignore ce qu’il serait advenu de moi s’il ne m’avait pas aimée suffisamment pour m’aider à surmonter mon moment de faiblesse. Je déteste m’imaginer sous cet angle, mais il faut parfois savoir affronter la réalité en face, comparer ce que sont les choses et ce qu’elles seraient si tout n’avait dépendu que de nous. J’ai pleinement conscience que, sans Andrew, je ne serais peut-être plus là aujourd’hui. »



Camryn n'a jamais été aussi heureuse. Cinq mois après avoir rencontré Andrew à bord d'un car, la voilà fiancée. Alors qu'ils s'apprêtent à couler ensemble des jours heureux, une tragédie les frappe. Andrew tente d'avancer, mais sa compagne est accablée par une tristesse dont elle tente de venir à bout en se faisant du mal. Le jeune homme est prêt à tout pour l'aider et pour lui prouver que leur amour peut surmonter les pires afflictions. Il rêve d'emmener Camryn en voyage pour lui redonner espoir. Parviendra-t-il à la convaincre de l'accompagner ?



Not requiered! 

Rappelez-vous ma chronique du tome précédent, qui se terminait sur une note septique quant à cette fameuse suite, et au synopsis qui m'a fait plus ou moins comprendre ce que nos jeunes personnages allaient rencontrer comme problème pour justifier la publication d'un second tome. Face à ce rebondissement j'avais émis quelques doutes, ne jugeant pas utile d'en rajouter une couche, car ils avaient déjà été bien amochés par les évènements. 

Toutefois, quand j'ai vu ce livre disponible grâce au Ladies Club la tentation a été plus forte que mon hésitation, pauvre être faible que je suis... La curiosité me perdra!

Malgré mes préjugés, les premières pages du livre ont retenu toute mon attention, et retrouver notre jeune couple a été un vrai ravissement. Malheureusement, mes pronostics se sont confirmés, et ils leur est bien arrivé ce que je craignais... Encore un évènement tragique qui replonge notre jeune couple en plein désarroi.

Sans trop vous en dévoiler (bien que selon moi l'accident est évident), le jeune couple se retrouve dos au mur et leur relation en danger. C'est dans un climat tendu et difficile, qu'Andrew va décider d'entreprendre, contre l'avis de Camryn, un voyage, reprendre la route à travers les Etats-unis pour mieux se retrouver et prendre les mesures qui s'imposent. 

Ce voyage "physique" va bien au-delà qu'un simple road trip, puisqu'il va avoir pour conséquence de les faire prendre conscience de leur vie future, ou en tout cas de ce qu'il faire de leur avenir.

Pour quel genre de vie sont-ils faits? Que veulent-ils faire de leur musique? Où habiter ?... 

Autant de questions existentielles qui ont contribué au fur et à mesure des pages, à mon désintéressement, tandis que les miles défilaient au compteur.

Pourquoi cet aspect psychologique m'a déplut? Car il ressemble au premier tome. Certes, le questionnement est différent, mais au final on en revient prèsqu'au même à la fin...

A partir de ce moment, je n'ai plus retrouver l'originalité et le dynamisme tant plu dans le précédent tome, car j'y ai retrouvé quasiment les mêmes ingrédients, et jusqu'au pseudo-tremblement de fin qui tente de nous secouer une dernière fois sans forcément me prendre aux tripes puisque tout y est quasi semblable. 

En somme, une suite qui à mon sens n'était pas indispensable, car elle n'apporte rien de nouveau. On retrouve, mise à part au début, le même cadre, les mêmes éléments déclencheurs, ce qui n'a pas contribué à le rendre intéressant. Tout y est identique à une ou deux exceptions près, quel dommage. Néanmoins, il faut reconnaitre que la plume de l'auteure reste tout aussi fluide et agréable mais cela ne fait pas tout...

Publié aux Editions Bragelonne, Collection Milady Romance, Juin 2014, 448 pages, 15,20€







lundi 9 juin 2014

Les sœurs Andreas, de Eleanor Brown




Nous retournâmes dans le giron familial parce que nous étions des ratées. Bien évidemment, aucune d’entre nous ne l’admit ainsi, ni dans un premier temps, ni vis-à-vis d’elle-même, et sûrement pas vis-à-vis de qui que ce soit d’autre. Nous prétendîmes que nous revenions à la maison parce que notre mère était malade, parce que nous avions besoin d’une pause, d’une halte momentanée avant de repartir à la poursuite du Grand But mais la vérité était que nous avions échoué, et plutôt que de le laisser voir à quiconque, nous nous inventâmes des alibis et de belles excuses, dans lesquels nous nous drapâmes comme dans une cape destinée à combattre la froide vérité. Première étape: le déni.

Trois sœurs, élevées au milieu des livres par un père excentrique, obsédé par Shakespeare au point de les avoir baptisées de prénoms d’héroïnes du célèbre dramaturge, rentrent au bercail pour s’occuper de leur mère malade. Mais qu’ont véritablement en commun l’aînée si timide et casanière, la séduisante et mystérieuse cadette, et la benjamine bohème ? Pourquoi Rose ne parvient-elle pas à abandonner sa ville natale pour rejoindre son fiancé qui a décroché un poste de professeur en Angleterre ? Pourquoi Bean a-t-elle quitté si précipitamment New York pour revenir s’installer à Barnwell, la petite ville universitaire qu’elle déteste tant ? Et pourquoi Cordy réapparaît-elle soudainement après avoir erré pendant des années, enchaînant petits boulots et aventures sans lendemain ? Au cours de ce long été qu’elles passeront toutes ensemble à Barnwell, les filles Andreas découvriront que leurs sœurs, leurs parents et leur petite ville natale pourraient leur offrir bien plus qu’elles ne croient…


Et là... c'est le drame!
Blague à part, je n'ai pris aucun plaisir avec cette lecture, qui pourtant au niveau de sa thématique, se rapprochait de mon précédent livre : "Dans la peau de Meryl Streep". 

Je ne me suis attachée à aucune des trois jeunes femmes, et encore moins à leurs tracas que j'ai trouvé mal exploités, ce qui a rendu ma lecture pénible et longue. Toutefois, je reconnais que l'aspect psychologique de chacune des trois filles, ainsi que leur éducation et de leur sphère familial, a eu l'avantage d'être bien mit en avant et de façon pertinente, d'où le rat supplémentaire (notation). Mais en dehors de cette particularité, le reste m'a laissé de glace, et mon empathie ne s'est à aucun moment déclenchée. 

Hormis la réflexion qui entoure le récit, je souligne aussi l'originalité de la plume de l'auteur, qui si elle m'a surprise et un peu déstabilisée au départ, a donné du charme au livre, une qualité pas des moindres certes, mais qui n'a pas non plus changé radicalement mon avis, puisque l'ennui a été présent malheureusement.

Pourquoi les sœurs Andreas n'ont pas gagné mon intérêt ? Leur destinée à chacune d'elle, loin de faire l'apologie des bonnes personnes je n'ai pas été convaincue par les raisons qui font que Bean escroque son employeur, ni été séduite par la cadette bohème en quête de (je ne sais toujours pas trop au final), et encore Rose, dont le rôle manquait cruellement de profondeur, l'ainée qui se veut indispensable est un peu trop commun à mon sens.

En somme, une narration hors du commun avec cette écriture du "nous" qui rassemble les pensées de ces trois sœurs, le tout avec une psychologie très bien exploitée et mise en avant de façon pertinente, mais qui n'a pas rendu ma lecture agréable compte tenu d'un manque réel d'intérêt pour le destin de ces trois femmes. 

Publié aux Editions Marabout, le 6 juin 2012, 456 pages, 19,90€


dimanche 8 juin 2014

Dans la peau de Meryl Streep, de Mia March




Aux trois quarts du film, Lolly appuya sur la touche "pause" et se tamponna les yeux.
— Cette scène, je m'en souviens par cœur. Ce moment où elle a tout perdu et explique que quand tout va très mal, quand elle sent que trop, c'est trop, elle se remémore son bonheur passé... Et que, quand elle se se sent à bout de résistance, elle tient un petit moment de plus, et elle sait alors qu'elle peut tout endurer... C'est tellement vrai."
Elle appuya sur "lecture".
June renifla.
— Désolée, je pleure comme une madeleine.
— Moi aussi! dit Isabel en lui piquant un mouchoir.

Le mari d'Isabel la trompe. June a promis à son fils qu'elle retrouverait son père, qu'il n'a jamais connu. Kat ne sait pas si elle doit accepter la proposition de mariage de son meilleur ami de toujours... Ces trois femmes à la vie compliquée se réunissent chaque semaine pour regarder un DVD ensemble, quand arrive le mois consacré aux films de Meryl Streep. Sans le savoir, l'actrice va apporter les réponses à leurs problèmes : elles vont commencer à parler, à s'ouvrir et à remettre en question toutes leurs certitudes sur l'amour, la vie et elles-mêmes pour, peut-être enfin, trouver leur happy end !


Alors, si je ne suis pas une fan inconditionnelle de Meryl Streep, et que je n'ai pas , à l'heure actuelle, vu toute sa filmographie, ce roman m'a intrigué dès sa sortie à cause de son titre et de sa couverture façon plaquette de comprimés sur lesquels sont marqués certains films de cette même actrice. En survolant les premières pages, j'ai senti que ce livre sortirait un peu de mon cadre littéraire du moment. Du coup, ni une ni deux, je me suis emparée du premier exemplaire disponible pour m'y attaquer. 

Pour apprécier ce livre, il ne vous sera pas indispensable de vous coller devant tous les films de l'actrice, même si en le refermant j'ai eu envie de les découvrir pour certains. En effet, ici Meryl Streep n'est qu'un prétexte pour permettre aux personnages féminins de comprendre leurs différents problèmes, et de mettre des mots sur des situations qui leur sont bien concrètes.

Isabel, June et Kat, sœurs et cousines de leur état, n'ont pas réussi à tisser des liens forts durant leur enfance, et ce malgré un drame qui aurait pu ou dû les rapprocher. Ainsi, sous le chaperonnage de leur tante/mère, Lolly, les trois filles vont évoluer dans des sphères différentes, loin les unes des autres, ne répondant présentes que pour les obligations familiales. Du coup, quand Lolly , tenancière d'une maison d'hôte, réclame leur présence en pleine période estivale, Isabel et June s'y rendent, bon gré mal gré, persuadées qu'il est question de vendre cette fameuse maison/gîte, endroit dans lequel elles ont grandi aux côtés de leur cousine Kat. 

Comme vous pourrez le constater par vous-mêmes si jamais vous désirez découvrir ce livre, les raisons de Lolly sont toutes autres qu'une simple question de "vendre le patrimoine", et ce nouveau revirement de situation va contribuer à rapprocher ces quatre femmes que tout oppose mais que le destin va rassembler pour mieux les aider.

J'ai eu l'honneur de découvrir une histoire bouleversante et riche en émotions, qui m'a laissé le sourire aux lèvres malgré tous les coups durs que cette famille subit. Si ce livre peut parfois revêtir l'étiquette de "chick-lit", n'en croyez pas une miette, car nous sommes bien loin de l'univers "léger et drôle" de ce genre littéraire. Nos quatre héroïnes sont confrontées à la triste réalité, et l'auteure n'enjolive pas le décor juste pour rester dans le "tout est bien qui fini bien". 

En somme, une belle histoire sur la famille et ses liens, avec son lot de remords et regrets qui peuvent ruiner une vie, si l'on ne parvient pas à s'en détacher ou du moins à faire le tri. Une histoire avec des émotions authentiques, avec une plume qui ne cherche pas à enjoliver et encore moins à tricher face à la réalité. 

Publié aux éditions Presse de la Cité, le 11 octobre 2012, 368 pages, 19,50€ 




samedi 4 janvier 2014

A fleur de peau - Tome 1: Rush, de Maya Banks


C'était juste... une forme de perversité somme toute inoffensive. Elle n'aurait pas cru ça d'elle-même. D'ailleurs, elle ne savait toujours pas très bien quoi penser du bondage et des autres fantaisies mentionnées dans le contrat. Pourtant, elle avait signé. Avec enthousiasme, même. Ce qui voulait dire qu'elle allait bien finir par se faire une opinion sur la question. 









Gabe Hamilton est l’un des hommes d’affaires les plus en vue de New York. Il obtient toujours ce qu’il veut. Or, l’objet actuel de son désir lui est interdit : la troublante Mia, la jeune sœur de son meilleur ami et associé. Un fruit défendu qui ne cesse de l’obséder.
Mia rêve de Gabe en secret depuis toujours. Jamais elle n’aurait pensé attirer l’attention de cet homme aussi inaccessible qu’envoûtant. Et quand il lui offre de signer un contrat d’un genre très particulier, elle ne peut s’empêcher d’accepter. Tandis qu’elle se laisse entraîner dans l’univers dangereusement excitant de Gabe, elle découvre à quel point il peut se montrer exigeant... à tous points de vue.
Entre irrésistible attraction et sentiments naissants, le petit jeu qui s’instaure entre eux risque de leur coûter bien plus qu’une simple liaison passagère…

Je dois cette découverte, une fois encore au Ladies Club, mis en place par la Collection Milady! Ayant le goût du risque et une curiosité à toute épreuve, je me suis procurée ce livre dès sa sortie pour avoir le plaisir de l'effeuiller, espérant y trouver une intrigue originale et saisissante.

Si je reconnais bien volontiers que le style correct permet une lecture fluide et sans accroc, je ne serais pas aussi clémente avec le fond de ce premier tome, qui n'apporte rien de nouveau sous le soleil!

En effet, du côté de chez Rush, force est d'admettre que cela sent le "réchauffé" depuis la signature d'un contrat régissant la future relation entre Gabe et Mia, en passant par l'archétype même du businessman milliardaire dominateur, avant de terminer sur le maniaque du contrôle. Même s'il existe quelques variantes entre ce que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui et cette saga, il n'en reste pas moins que le postulat de départ ne présente rien d'original. 

Hormis ce manque de nouveauté, j'ai trouvé que le personnage de Gabe manquait de charisme et de confiance, ce qui ne colle pas au rôle de dominateur que l'auteur tente de lui faire porter. On assiste plus souvent aux désirs de Mia qu'aux volontés de son maître. Et quand ce dernier tente de s'y mettre, la mise en scène (de mauvais goût) tourne court. A l'inverse, en ce qui concerne Mia, j'ai noté que son personnage restait très juste, et que l'on assistait à une évolution intéressante de son caractère, n'hésitant pas à se brûler les ailes pour attiser l'amour de l'homme qu'elle désire. A certains égards, Mia avait bien plus de détermination que Gabe! D'ailleurs, peut-être que cette ambivalence est un fait exprès de la part de l'auteure?!

Enfin, certaines scènes ont gêné ma compréhension et plus particulièrement deux d'entre elles. 

A ce propos, si vous ne souhaitez pas en apprendre plus, sautez le paragraphe qui suit.

La première, concerne l'arrivée inopinée de l'ex-femme, très mal exploitée à mon sens, puisqu'elle arrive comme un cheveu sur la soupe, sans apporter de rebondissement à l'intrigue. Sans compter sur le fait que très vite l'auteure s'en débarrasse, rendant les choses faciles à ses personnages. A la rigueur, une entrée plus percutante aurait été plus appréciable. Et enfin, la seconde, repose sur cette fameuse scène à Paris, où Gabe n'hésite pas à livrer Mia en spectacle à trois autres hommes pour se convaincre qu'il ne ressent rien pour elle. Au-delà des émotions que chacune a pu ressentir sur un tel acte, j'ai trouvé curieux qu'il ose une telle chose avec trois potentiels clients de son entreprise qu'il partage, entre autre, avec le frère de sa dominée... Alors même qu'il demande à Mia de signer un contrat pour le couvrir, lui et sa réputation. Gabe ne pense pas un seul instant à protéger celle de sa partenaire face à ces hommes, non initiés au BDSM qui plus est. Si le choix s'était porté sur des inconnus, ou si Mia avait été masquée, la situation n'aurait pas été aussi déroutante.  

Au final, bien qu'ayant un style agréable qui permet une lecture fluide, l'intrigue quant à elle manque cruellement d'originalité et de bon sens pour rester cohérente.

Editions Bragelonne, Collection Milady Romance, Novembre 2013, 576 pages, 15,90€


mercredi 1 janvier 2014

Loin de tout - Tome 1, de J.A. Redmerski






— S'appesantir sur le passé ou planifier l'avenir, c'est des conneries. Ressasser empêche d'avancer, passer trop temps à faire des projets finit par faire reculer, et au final on fait du surplace toute sa vie, explique-t-il en soutenant mon regard. Vivre l'instant présent, énonce-t-il telle une grande vérité, profiter des bonnes choses, ne pas se laisser submerger par les mauvais souvenirs...


Après avoir perdu son premier amour dans un accident, Camryn, 20 ans, plaque tout pour partir à l’aventure. C’est alors qu’elle rencontre Andrew, qui n’a pas été épargné par la vie lui non plus. Camryn a beau s’être juré de ne plus jamais tomber amoureuse, l’amour se révèle à elle sous de multiples facettes au cours de ce voyage. Un road trip improvisé qui marque le début d’une nouvelle existence exaltante. Mais l’insaisissable Andrew cache un secret qui peut les lier à jamais ou les détruire pour toujours…

Fortes émotions garanties! 

Avec le Ladies Club d'août dernier, ce coup de cœur de l'éditrice m'avait intrigué, notamment par la thématique présentant une jeune fille qui décide de tout plaquer pour se lancer dans un voyage sans but, après plusieurs événements tragiques. Ce road trip à travers les Etats-Unis embarque également un jeune homme, non moins perdu que l'héroïne, a fini par me convaincre.

Dès l'ouverture du livre, l'auteur nous annonce la couleur avec cette jeune héroïne Camryn, qui en plus de faire face au décès de son petit ami, doit composer avec le divorce de ses parents et l'incarcération de son frère rendu coupable d'homicide involontaire. Dépassée par une vie dont elle ne contrôle plus la destinée, elle décide de prendre un bus à destination de nulle part. A travers cette marche dans le désert, elle y rencontre Andrew tentant d'échapper, lui aussi, à ses propres démons. 

En apprenant l'existence de cette future sortie, je ne savais pas que cette dernière serait "le phénomène new adult", attirant ainsi un public plus jeune dans le domaine de la romance érotique. Aussi ai-je été un peu étonnée en lisant des scènes qui laissaient "peu de place à l'imagination". Deviendrais-je un peu vieux jeu? Sans doute un peu!

En tout cas l'héroïne représente bien, à mon sens, l'état d'âme d'une fille du même âge, concernant la sexualité et toutes ces choses s'y approchant. Au-delà des problèmes liés à la vie de Camryn, il s'agit d'une introspection, d'une sorte de voyage initiatique auquel nous assistons depuis le siège arrière.

Toutefois, si j'ai ressenti de vives émotions avec l'histoire de ces jeunes gens, la fin qui m'a bouleversé n'a pas non plus défrayé la chronique, puisque l'existence d'un tome deux m'avait plus ou mois mis la puce  à l'oreille. A ce propos, je ne sais pas encore si je me lancerai dans cette nouvelle histoire, puisque l'auteur apporte un dénouement appréciable avec toutes les réponses nécessaires. La réponse est toujours en suspens... 


Editions Bragelonne Collection Milady Romance Novembre 2013 15,20€ 
Titre original :  The edge of never


jeudi 4 avril 2013

Là où j'irai - Tome 2, de Gayle Forman


- C'est vraiment toi?
Sa voix n'a pas changé. Je ne sais pas pourquoi je m'imaginais qu'elle serait différente. Pourtant, tout est différent, maintenant.
Ses paroles me ramènent à la réalité. Celle des trois dernières années. J'ai tant à dire. 
Où es-tu allée? Penses-tu à moi, quelquefois? Tu m'as détruit. Tu vas bien?
Mais je ne peux pas prononcer ces mots.
Mon coeur bat à tout rompre, mes oreilles sifflent. Je vais perdre pied. Curieusement, pourtant, au moment où ma panique est à son maximum, une sorte d'instinct de survie se déclenche, celui qui me permet d'entrer en scène devant des milliers d'étrangers. Un calme descend sur moi et cet autre aspect de moi-même prend le relais.
- En chair et en os, dis-je à Mia.




Présentation de l'éditeur, Il y a trois ans, il l'a supplié de rester. A tout prix. Et Mia est sortie du coma. Pour quitter Portland, peu après, pour le quitter lui. C'était le prix à payer. Et la voilà de nouveau en chair et en os. Ce soir, Carnegie Hall est à guichets fermés. Tout New York est venu admirer sa virtuosité au violoncelle. Et Adam s'est glissé dans la salle. Lui, la rock star à la vie dissolue, pourchassé par les paparazzis, il tremble... Souvenirs et mélodies affluent - retrouvailles en si majeur...

Pourquoi ce livre?
J'ai mis beaucoup de temps à lire la suite de Si je reste, non pas par manque de volonté, mais dans la crainte d'être déçue, et que le ressenti que j'ai pu me faire à l'époque sur l'histoire et sur les personnages viennent à perdre de sa beauté avec une suite de moins bonne qualité, voire même non indispensable. En effet, quand j'ai quitté Mia et Adam à la fin du tome précédent, la fin se suffisait à elle-même sans laisser soupçonner une suite. D'ailleurs, les tomes 2 ont rarement bonne presse, il faut le reconnaître... Et pourtant, je lui ai laissé une chance de m'émouvoir à nouveau...

Tout simplement magnifique et émouvant...
Comme vous avez pu le voir au tout début de cette chronique, j'ai tenu à différencier ce livre de mes autres Coups de cœur, pourquoi?  Car ce livre représente, selon moi, bien plus que cela! Les Rats de Bibliothèque n'ont peut-être de reconnaissance officielle, mais je tenais à remettre, et ce pour la première fois, un prix d'exception à cette histoire, ou devrais-je dire, plusieurs, pour être exacte.

Ainsi, je délivre pour Là où j'irai, la récompense (un rat en or en l’occurrence)  du meilleur livre pour les émotions fortes qu'il m'a fait ressentir. Mais également un autre rat d'or, pour la meilleure suite jamais lu jusqu'à maintenant, car je n'ai aucun défaut à lui attribuer. Et enfin, un autre et dernier rat d'or, pour la meilleure saga jeunesse que j'ai eu la joie de lire. 

Voilà pour la partie récompense, maintenant laissez-moi vous expliquer ce qui fait de ce livre, une histoire à part.

Alors que j'avais été émue par le drame qui vient percuter la vie tranquille des Hall, versant des larmes à torrent devant le choix crucial que Mia doit faire, à savoir rester et survivre ou mourir et abandonner Adam, ici j'ai été touchée par le mal être d'Adam, qui paye le prix de son souhait. Car si Mia fait le choix de vivre, Adam ne sera pas celui qui partagera sa vie. 

Trois ans ont passé depuis l'accident, et nous retrouvons cette fois-ci Adam, adulé et riche, dans son rôle de rock star qu'il endosse difficilement. Exit le garçon charmant et courageux du début, et faites place à un homme instable, qui ne peut pas faire un pas sans tranquillisants et cigarettes, essayant de survivre tant bien que mal. 

En effet, bien que son rêve se soit réalisé, et que Shooting Star cartonne dans les charts, le groupe ne tient plus qu'à un fil tout comme la vie de son chanteur et guitariste. De passage à New York pour la promotion de leur dernier album, Adam au bord du gouffre, s'échappe un instant pour tenter de faire le point. Et alors qu'il tente de passer pour un individu lambda, ses pas le conduisent au Carnegie Hall où se produit Mia...

Pas de surprise, vous vous doutiez bien que ces deux-là finiraient par se croiser, afin de s'affronter et de savoir ce qui s'est réellement passé trois ans plus tôt entre eux pour que tout déraille, et amène ce brave Adam à fuir la vie et à compter les jours!

Car s'est un Adam dévasté qui nous livre ses pensées, dévasté par la perte de Mia qu'il n'explique pas. Impossible de se reconstruire, il vit perpétuellement dans le passé, alors quand il la revoit "en chair et en os" il espère saisir ici l'occasion d'obtenir un pardon, ou à défaut une explication. 

Ainsi, les mots viennent à tomber, en même temps que ses fameuses explications, et alors que je m'étais contenue jusque là, je n'ai pas pu contenir mon émotion et me suis laissée envahir. Pas un seul instant je n'ai pu douter de la crédibilité de Mia, qui n'agissait pas par caprice. Et bien que tout reste cohérent, je ne pouvais pas m'empêcher d'être bouleversée pour Adam, qui n'a plus le choix que celui de faire face. 

Tout m'a étonné et ravi, depuis la manière dont se déroule cette journée, à la façon dont Mia gère son deuil, jusqu'au mal être qui s'empare d'Adam, des choix qu'il a fait et ceux qu'il fera. Le tout avec, bien entendu, la musique en toile de fond, qui à l'instar du premier tome, reste non négligeable dans cette histoire. Les souvenirs apparaissent au travers d'un couplet d'une chanson, et nous saisissent avec puissance.

Etre dans la tête d'Adam fut une expérience différente de celle de Mia, le style est  moins métaphorique, plus sombre, mais tout aussi agréable, ce qui permet de faire la distinction entre l'esprit de Mia dans le tome 1 et celui d'Adam. On ne peut pas se mélanger, et cela marque une coupure bien nette. 

Il n'est pas nécessaire d'en dire plus d'ailleurs, je vais m'abstenir d'en dévoiler davantage. Ainsi pour celles et ceux que la suite aurait pu rebuter avant même de la lire par crainte de ne pas être à la hauteur du premier opus, je vous invite à faire confiance à Adam et laissez lui une chance de vous montrer dans quel cauchemar il est plongé depuis 3 ans, malgré le succès, la reconnaissance et la musique. Car la musique ne fait pas tout...

Paru aux éditions Oh! Editions, le 4 novembre 2010, 281 pages, 16,90€
Et également dans la collection Pocket, le 3 novembre 2011, 238 pages, 6,10€

Ma chronique disponible sur Si je reste