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jeudi 10 novembre 2016

L'instant précis où les destins s'entremêlent, d'Angélique Barbérant

Pourquoi et comment suis-je tombée sur ce livre?

Chose suffisamment unique pour le mentionner, il s'agit d'une chaude recommandation de ma maman qui me l'a mis dans les mains.

En règle générale, les recommandations vont dans l'autre sens avec ma maman. En quelque sorte, je suis sa source d'info personnelle, qui vient souvent me trouver pour que je lui trouve des livres, soit dans ma bibliothèque, soit directement en libraires sur mes conseils. Connaissant ses goûts et son penchant pour les témoignages et les histoires dramatiques, j'ai toujours une idée de ce qu'elle pourrait aimer.


Toutefois, même s'il m'arrive de lire des drames, il ne s'agit pas non plus de mon genre de prédilection. 
Je préfère m'évader que de me plomber le moral, même si j'ai su apprécier plusieurs de ces lectures comme avec "Nos étoiles contraires" de John Green ou encore "Si je reste" de Gayle Forman, que j'ai d'ailleurs fait découvrir à ma maman.



Bref, voici le deuxième livre que ma mère me demande de lire, et dont j'ai beaucoup apprécié la lecture. Comme quoi les conseils vont dans les deux sens...

Rappelez-vous pour celles et ceux qui me suivent un peu, la première recommandation avait été "Avant toi" de Jojo Moyes, que j'avais acheté à ma mère sachant qu'elle adorerait et qu'elle a réussi à me faire lire. 
Une lecture poignante qui ne m'a pas épargné. 

En ce qui concerne ce livre, à la simple mention de violence conjugale dans la quatrième de couverture, j'ai passé mon chemin, tout en le notant pour ma mère. Ce n'est pas que je veuille fermer les yeux sur un drame qui touche des centaines et des milliers de femmes chaque année, je n'ai pas besoin de lire des tonnes de témoignages pour connaitre cette tragédie, mais plutôt pour me protéger d'une certaine façon.

Néanmoins, il m'arrive de mettre mon nez dans des livres tristes, mais toujours à petites doses. Du coup, j'ai donné sa chance à ce livre qui avait chamboulé ma petite maman, et je n'ai pas été déçue puisque cette histoire est bouleversante.

Nous suivons tour à tour Kyle et Coryn, deux victimes d'agression conjugale. Le premier a perdu sa mère suite aux violences de son père, et la deuxième subit de plein fouet la folie meurtrière de son mari. Pourtant, de ce malheur va naître une chose merveilleuse, le destin va se charger de mettre ses deux âmes sur le même chemin...

Malheureusement, il ne suffit pas d'une rencontre pour tout changer, encore faut-il avoir le courage et la volonté de faire changer les choses, et quand on perd confiance en soi, rien n'est plus difficile que de se sentir assez forte pour dire STOP!

Les deux personnages ne vont avoir de cesse de s'imaginer une vie différente, une vie l'un auprès de l'autre, mais sans y parvenir, comme un rêve un peu fou, comme un rêve auquel on s'accroche pour ne pas sombrer.

L'histoire, du début jusqu'à la fin m'a captivé, j'étais aux premières loges d'une véritable barbarie, sans crouler sur les détails morbides de certaines scènes. On sait très bien ce qu'il se passe quand Jake part dans une colère sans limite, on apprend à compter les bleus sur le visage de Coryn, mais l'auteure nous épargne et ne s'attarde pas. Ne pensez pas que cela allège la situation, ou tend à passer sous silence la cruauté de l'acte, bien au contraire!

Après on ne peut pas tellement dire avec ce genre d'histoire que l'on a été ravie de la découvrir... Tout bouleversant que peut l'être ce récit, il n'a pas manqué de miner mon moral à force de voir tant de cruauté, mais il m'a permis de renforcer ma théorie du karma!

Au passage, depuis cette histoire, la vue d'une araignée me fait sourire ;)

Bonne lecture,
Cléo

Vous aimez le silence ?
Coryn murmura un "oui". Qui la troubla. Elle remit de l'ordre dans les feuillets plats et émotionnellement sans risque. Comment expliquer pourquoi elle n'écoutait plus la radio ? Comment dire qu'elle voulait entendre Jack arriver ? Comment expliquer que son mari aurait insisté et insisté pour savoir pourquoi elle écoutait ceci ou cela, à coups de poing dans le ventre ? Seul Jack mettait cette maudite radio en marche pour ne pas que les petits entendent quand ....



Editeur: Michel Lafon
Collection: /
Date de publication: 16 janvier 2014
Nombre de pages: 448
Prix: 17,95€
Disponible en format poche aux Editions J'ai Lu


lundi 10 octobre 2016

Avant toi, Tome 1, de Jojo Moyes


Une chaude recommandation à l'aveugle!


A l'aveugle je vous dit! Car c'est un des livres que j'avais recommandé à ma mère sans même l'avoir lu.

Cela fait un moment que ce livre est sorti, mais en lisant la quatrième de couverture, j'ai tout de suite su que ce livre n'était pas pour moi. Les histoires tragiques ont toujours tendance à me déprimer et me coller le bourdon tout le temps de ma lecture. Toutefois, quand ma mère est venue me demander des conseils, j'ai tout de suite pensé à ce titre. Entre le résumé et les retours que j'ai pu croiser sur les blogs, je savais qu'il lui plairait. Et je ne me suis pas trompée d'ailleurs, puisqu'elle l'a dévoré.

J'en étais restée là avec cette histoire, jusqu'au jour où j'ai regardé une bande-annonce d'un film qui a réussi à m'émouvoir en 30 secondes. En l'occurrence l'adaptation de Jojo Moyes, Avant toi, sortie le 22 juin au cinéma.

Du coup, cela a changé la donne et je l'ai emprunté à ma mère pour le dévorer à mon tour.

Au final, j'ai eu raison de me lancer dans cette histoire, certes ce livre m'a déprimé du début jusqu'à la fin (comme quoi on se connait bien), mais il n'empêche que j'ai trouvé ce roman remarquable, en offrant un angle de vue différent face à ce genre de situation, le handicap.

Le personnage de Lou à la fois enthousiaste mais hésitante, contraste avec celui de Will, sûr de lui et cynique. Ce duo fonctionne en utilisant la carte du sarcasme et l'auto-dérision avec un sujet très délicat. Au passage, cela me fait penser au film "Intouchable" et à certaines situations comiques. Certes, on n'est pas hilare en découvrant l'histoire de Will, ni en lisant les échanges qu'il entretient avec Lou, néanmoins, entre deux larmes j'ai eu quelques sourires.

Pour le petit ptich de départ, Lou va être employée en tant qu'aide-soignante au service de Will, tétraplégique qui n'attend plus rien de la vie et tout de la mort. Le manque d'expérience de Lou n'est pas un problème en soi, puisque la famille de Will compte plus sur son dynamisme pour redonner le goût de vivre à leur fils. Bien évidemment les débuts sont pénibles pour Lou, d'autant plus que Will est une personne très aigrie. Toutefois, la jeune femme ne se laissera pas abattre pour autant, bien au contraire, elle se risquera dans un véritable combat pour redonner le sourire à son patient.

Néanmoins, leur relation... n'est pas de celle que l'on peut lire habituellement. Leur attachement est évident, peut-être plus marquée du côté de Lou que de celui de Will, plus en retrait compte tenu du peu d'estime qu'il a pour lui, mais il n'y a pas de passion. Il ne faut s'attendre à vivre une histoire d'amour avec ces tumultes et sa passion, mais plus une relation basée sur l'esprit.

L'histoire a été difficile à lire, car bien que la présence de Lou allège le ton du récit, il n'en reste pas moins que Will souffre d'exister. Mais en aucun cas je ne regrette d'avoir eu le bourdon chaque fois que je me suis plongée dans cette histoire, car elle est tristement belle.

Et il me tarde d'appréhender le film.


"- Vous aviez une sacrée vie, n'est-ce pas ?
- Ouais. (Il a avancé son fauteuil et encore rehaussé le siège pour que nos yeux restent à la même hauteur.) Et c'est pour ça que vous me gonflez, Clark. Quand je vois tout ce talent, toute cette...a-t-il dit en haussant les épaules, sa phrase restée en suspens. Cette énergie, cette vivacité, ce...
- Ne dites pas "potentiel"...
- ...potentiel. Parfaitement. Ce potentiel. Et je ne parviens pas à comprendre comment vous pouvez vous contenter de cette vie minuscule. Cette vie qui va se dérouler dans un rayon de dix kilomètres, sans personne pour vous surprendre, vous pousser à aller de l'avant, vous montrer des choses qui vous mettent la tête à l'envers et vous empêchent de dormir la nuit."



Titre original: Me before you
Editeur: Bragelonne
Collection: Milady Grande Romance
Saga: Me before you
Date de publication: 21 mars 2014
Nombre de pages: 520
(Format poche disponible) 


lundi 19 septembre 2016

J'étais là, de Gayle Forman


Un roman signé "Gayle Forman", est comme une valeur sûre!

On ne peut pas dire que les thèmes abordés par Gayle Forman rentrent dans la catégorie "comédie romantique", toutefois un livre ne doit pas forcément me faire rire pour me plaire! Ce que j'aime avec un bon livre, entre autre, c'est sa capacité à m'émouvoir et me faire réagir quant à certains évènements.
Ainsi, on pourrait se demander pourquoi les histoires de Cat Clarke ne me font pas le même effet? Puisque cette dernière place également ses personnages dans des situations terribles, sans les épargner quand il s'agit de les confronter à la douleur.
Toutefois, la différence entre ces deux auteurs repose sur une vision un peu manichéenne. En effet, Gayle Forman restera davantage fixée sur le "bon côté" et la générosité de l'Homme, tandis que Cat Clarke y verra peut-être plus de la perversité.

Quand Gayle Forman offre une seconde chance à ses héros, Cat Clarke les condamne. Finalement, c'est cette lueur d'espoir et cette nostalgie que j'apprécie avec les œuvres de Gayle Forman, tout scenario dramatique soit-il.

En conséquence, vous l'aurez compris le point de départ de cette histoire est loin d'être léger, puisque nous apprenons la mort ou plutôt le suicide d'une jeune fille. Toutefois, au lieu de remonter le fil des évènements qui ont pu conduire cette dernière à commettre un tel acte, nous suivons le parcours de Cody, sa meilleure amie, qui va tenter de comprendre pourquoi, son amie a qui tout souriait, a-t-elle mis fin à ses jours, de son point de vue

Cette enquête est empreinte de douleurs, de remords et de nostalgie. Tour à tour, Cody va passer à travers différentes émotions pour tenter de se relever, pour aller de l'avant, avant d'essayer de se mettre à la place de Meg et comprendre ce qui a pu lui donner l'envie de se tuer.

La dépression, puisqu'il est clairement question de cette pathologie, est une maladie vicieuse, qui plonge les patients dans une solitude totale, malgré que certains bénéficient d'une famille, d'amis, de proches, prêts à les aider. Malheureusement, on peut souffrir de dépression sans le laisser paraitre. Dans certains cas les symptômes sont presque invisibles, ou à mettre sur le compte d'un petit "coup de mou", et pourtant il est indéniable que ces personnes souffrent.

L'auteure met en scène cette maladie à travers l'expérience de ses personnages, mais aussi tout ce qui gravite autour, et notamment le soutien, qu'il soit dans un sens comme dans l'autre.
Je ne voudrais pas trop m'étendre sur cet aspect puisqu'il tient une part importante dans l'histoire, mais si je savais que ce genre de communauté existait, le lire a été une épreuve.

Il me semble que "J'étais là" est le livre le plus sombre de Gayle Forman, le plus difficile à lire sans aucun doute, bien que "Si je reste" m'a fait versé quantité de larmes. Ici j'ai ressenti de la colère envers certaines pratiques que je ne peux accepter, pour moi cela pourrait se résumer à "tirer sur un homme à terre"!

Je vous recommande ce livre, que vous ayez 13, 15, 20, 40, 50 ou plus, juste pour ouvrir les yeux sur une maladie, oui sur une pathologie au même titre que n'importe quel virus ou bactérie, qui peut mettre votre système immunitaire en danger. Et pour que chacun puisse voir d'un autre œil les patients qui souffrent, seuls dans leur coin, ou entourés d'une famille. Les personnes souffrant de dépression ne sont pas forcément celles qui souffrent aussi de solitude.


Cléo

— J’imagine que ça peut passer pour dingue, en effet, je poursuis.
Je jette un coup d’œil en douce à Ben. Il fixe le feu.
— Non, objecte Richard. Tout le monde connaît ça. Tout le monde a ses mauvais jours, imagine en finir. Sais-tu pourquoi mon père qualifie le suicide de péché ? ajoute-t-il en désignant la maison du pouce.
— Parce que c’est un meurtre, je soupire. Parce que seul Dieu a le droit de décider quand ton moment est venu. Parce que voler une vie, c’est voler Dieu.
Je me contente de répéter comme un perroquet les horreurs que les gens ont sorties au sujet de Meg.
Richard secoue la tête, cependant.
— Non. Parce que c’est tuer l’espoir. C’est ça, le péché. Tout ce qui tue l’espoir en est un.

Titre original: I was here
Saga: /
Editeurs: Hachette Roman
Collection: /
Date de publication: 9 septembre 2015
Nombre de pages: 365
Prix: 17€



lundi 8 août 2016

Archer's voice, de Mia Sheridan



Une romance peu commune, j'apprécie! Oui, mais...

Une histoire d'amour entre, une personne incapable de s'exprimer autrement qu'avec ses mains et ses expressions faciales, et une personne ayant subi un grave traumatisme, avait de quoi captiver mon attention. Le pari est en partie remporté, mais je trouve dommage que l'auteure ait opté pour quelques facilités, notamment celle où l'héroïne sache déjà signer.

L'aspect "trouver une personne captivante juste avec des mimiques et des gestes" aurait été nettement plus percutant, si l'héroïne n'était pas parvenue dans l'immédiat à se faire comprendre et à communiquer par le langage des signes. Le côté apprentissage aurait pu apporter une autre dimension au récit, et par la même occasion au duo Archer/Bree.

Je regrette également le "jeune" âge de certains personnages, en l'occurrence celui de Archer. Bien que je puisse imaginer que certains évènements dramatiques puissent nous faire mûrir et grandir plus vite que la "normale", j'ai plusieurs fois été étonnée de la grande maturité de Archer qui donnait l'impression d'un grand décalage entre l'image que je m'en faisais et l'âge qu'il avait. Physiquement, il me donnait plus l'impression d'un homme proche de trente ans que d'un tout jeune adulte.

Hormis ces quelques aspects qui ont retenu mon attention, la lecture de cette histoire est restée intéressante grâce au personnage d'Archer, tantôt attendrissant de par sa candeur, tantôt rustre quand Bree essaye de s'immiscer dans son monde. Quant au rôle de Bree dans ce récit, j'ai trouvé son personnage légèrement plus en retrait, même si son point de vue est largement plus exploité que celui de Archer, j'ai senti que l'accent de ce livre se portait davantage sur le handicap et le passé douloureux du jeune homme que l'inverse.

En dehors, du jeu des personnages, la pseudo-énigme qui entoure notre couple est juste là pour faire tapisserie, et ne sert que très peu l'histoire, dans le sens où l'affaire est plus qu'évidente. Je ne mentionnerai même le cas de Bree et de sa résolution, qui arrive mais avec une facilité, déconcertante. Franchement, parfois il me semble que certains oublient les règles sur les probabilités qu'un évènement puisse arriver pile au bon endroit et bon moment. Je sais que parfois il est plus facile de jouer sur la carte du "Y a pas de hasard" ou encore sur celle "comme le monde est petit", malheureusement ce cas de figure est souvent amené de façon trop grosse.

Bref! En somme la romance reste plaisante, mais une fois encore les détails ne sont pas travaillés jusque dans les moindres recoins.
Cléo


" Oh mon dieu, Archer!
Comment apprendre à quelqu'un qui à tout perdu à ne pas craindre que sa recommence?
Comment apprendre à quelqu'un à croire en quelque chose que personne ne peut garantir?
Cet homme si beau que j'aime avait l'air de tellement souffrir en exprimant son amour pour moi. Je souhaitais de tout mon cœur qu'il soit heureux, mais je comprenais très bien pourquoi il souffrait.

- Aimer quelqu'un signifie forcément être prêt à souffrir. On ne veut pas perdre plus que ce qu'on à déjà perdu, mais est-ce que ça ne vaut pas la peine de courir le risque?

Il a cherché mon regard et à hoché la tête, mais j'ai lu dans son regard qu'il n'était pas complètement convaincu."


Titre original: Archer's voice
Saga: /
Editeur: Hugo Roman
Collection: New romance
Date de publication: 4 février 2016
Nombre de pages: 394
Prix: 17€

dimanche 22 mai 2016

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, de Harper Lee


Une héroïne que je ne suis pas prête d'oublier!

Il y a belle lurette que ce livre me tentait, ce grand classique de la littérature américaine me faisait de l’œil du haut de son étagère. Et puis il a fallu la sortie du tome 2, "Va et poste sentinelle", plusieurs années plus tard, pour me jeter à l'eau et en ressortir satisfaite. 

Si l'histoire a retenu toute l'attention du public à l'époque compte tenu du sujet traité, mon intérêt s'est davantage porté sur son héroïne, Jean-Louise alias Scout, une petite fille vive, aux répliques pertinentes et à l'intelligence affûtée. Âgée de 8 ans au commencement du récit, j'ai assisté à l'évolution de cette enfant, qui jette sur le monde, un regard neuf et innocent qu'elle tente de comprendre et d'analyser. Deux autres personnages ont également retenu mon attention, Jem, le grand frère de Scout, aussi téméraire que sa petite sœur, mais déjà plus au fait du monde des adultes, et enfin Atticus, leur père, un homme patient et pleins de mérites. 

Bien évidemment, le récit ne se cantonne pas à ces trois personnages, mais à toute une ville d'Alabama, son quotidien, ses secrets et ses autochtones étranges. Le procès qui conduit Atticus à défendre un Noir accusé de viol n'intervient pas dès les premières pages, mais bien plus loin dans le récit, une fois que le décor a bien été planté, ce qui nous permet de mieux comprendre l'esprit de l'époque. Entre autre ce qu'il y a de choquant à représenter un homme sous-estimé de par sa couleur de peau, et qui ne peut être que coupable du crime dont l'accuse. 

A travers cet épisode dramatique, Atticus va être confronté à l'opinion publique de sa ville, qui désapprouve l'engagement et le soutien dont il fait preuve envers son client. Et au-delà de sa réputation mise à rude épreuve, sa famille se retrouve mêler dans cette affaire, et il ne faut pas compter sur Scout pour tenir sa langue. 

Nous sommes donc confrontés à une autre époque avec ses codes et ses valeurs, dans un contexte où votre couleur de peau peut automatiquement vous incriminer, même si les preuves du contraire sont accablantes. Toutefois, l'auteure ne pointe pas du doigt uniquement le racisme, elle traite également la marginalité, ou quand des personnes ne rentrent pas dans le moule, suscitant la curiosité, la pitié, et du coup modifie la façon que l'on a d'appréhender tel ou untel en fonction de son mode de vie. 

Sans grande surprise, il me tarde maintenant de découvrir notre Scout, devenue adulte, voir si elle n'a rien perdu de sa franchise et de sa détermination dans la suite que l'auteure nous a dévoilé quelques temps avant de nous quitter. Harper Lee m'a raconté une histoire, touchante et bouleversante, qui a du l'être davantage au moment de sa première publication. 

Merci, 
Reposez en paix

Cléo 


La suite des aventures de Jean Louise est disponible avec 
Va et poste une sentinelle (7 octobre 2015)
Edition Grasset


— Francis a injurié Atticus et j'ai pas pu lui faire ravaler ses paroles.
— Qu'a-t-il?
— Il a dit que c'était un ami des nègres. Je ne sais pas très bien ce que ça veut dire, mais la façon dont Francis le disait... Je vais te dire, oncle Jack, je jure devant Dieu que je ne le laisserai pas dire des choses sur Atticus.
— Il a vraiment dit cela d'Atticus?
— Oui et pas qu'une fois, encore! Il a dit qu'Atticus était la honte de la famille et qu'il nous éduquait comme des sauvages...
A l'expression d'oncle Jack, je crus que ça allait encore être ma fête. Mais il dit: "Bon! on va voir ça", je compris que la fête serait pour Francis. 



Titre original: To kill a mockingbird
Série: /
Editeur: Grasset*
Collection: /
Date de publication: 7 octobre 2015*
Nombre de pages: 480*
Prix: 22,90€*
*(pour la dernière édition)


mardi 19 janvier 2016

Ugly Love, de Colleen Hoover

Une histoire qui m'a prise au dépourvu comme un boomerang! 

Cette lecture m'a permis de comprendre une chose : continuer sur ma lancée avec cette auteure. 
Je me souviens déjà du premier livre que j'ai lu d'elle, Indécent qui avait été une bonne découverte. Ici, je signe mon attachement à la plume de Colleen Hoover et à son univers. Autant, j'avais quelques réticences avec le synopsis de "Ugly love", autant les premières pages m'ont contredites rapidement. A tel point que j'ai dévoré ce livre d'un bout à l'autre. Et je vous rappelle qu'avec un Little W. qui réclame énormément d'attention la chose n'est pas toujours aisée... 

Il n'est pas seulement question de romance avec Colleen Hoover et encore moins de placer les protagonistes dans des conditions pseudo rocambolesques où tout est écrit à l'avance. Que nenni! Le contexte n'a rien de simple et le fin mot de l'histoire ne nous apparait pas comme une évidence lors de la lecture des premières pages. 

L'histoire se construit avec une double narration, et à deux époques différentes. D'un côté, nous suivons Tate Collins dans sa vie et, entre autre, sa relation compliquée avec Miles Archer. Et d'un autre côté, nous remontons le temps pour nous retrouver six ans plus tôt dans la peau de Miles. Ce chassé-croisé est essentiel à l'histoire et nous offre un autre point de vue sur Miles que l'on pourrait trouver trop stéréotypé sans ce flashback. 

Loin des romances standard et des "Je t'aime, moi non plus" l'auteure insiste fortement sur le caractère et le passé de nos deux âmes en peine. Selon moi, c'est justement sur ce genre de détails que l'on peut faire toute la différence entre un récit captivant et un autre terne. Rien n'est joué d'avance, et surtout l'univers sonne juste. On ne tombe pas dans un scenario impossible pour tenter vainement de raccrocher des wagons bringuebalant. Colleen Hoover cherche à nous émouvoir avec justesse et je peux vous dire que j'ai versé des larmes à la fin de l'histoire. En toute franchise, je ne m'attendais pourtant pas à cette finalité, et pourtant avec "Indécent" j'aurais dû y penser... 

Bref, toujours est-il que "Ugly love" a été une lecture appréciable du début jusqu'à la fin, et bien que l'héroïne soit prise dans une situation amoureuse qui la dépasse totalement, et malgré ses changements de direction et de décision, je ne l'ai trouvé que plus juste et vraie. A aucun moment, elle ne m'a agacé, ni même fait lever les yeux au ciel, car je pouvais comprendre chacune de ses hésitations et tergiversions. Et c'est tout là l'enjeu de cette histoire:
Tate se fourvoie-t-elle avec Miles? 

Pour le savoir vous n'aurez d'autre choix que de le découvrir par vous-mêmes. Alors bonne soirée et bonne lecture à vous. 
Cléo


" _ Je ne peux pas te donner davantage que ça, souffle-t-il en guise d'avertissement. Je ne peux pas. 
Je lui en veux de dire ça mais ne l'en respecte pas moins. 
[...]
Et je dois me rappeler qu'il ne s'agit que de sexe. Rien de plus. Il ne me donnera rien de lui. 
J'aurai beau me dire que ça suffit, je ne peux m'empêcher de prendre, d'en prendre autant que je peux. En déchiffrant chacun des sons qu'il émet, chacun de ses gestes, en essayant de me convaincre qu'il m'en donne déjà sans doute beaucoup plus qu'il ne voudrait. 
Quelle idiote! 
Au moins, je m'en rends compte."
Tate



Titre original: Ugly love
Editeur: Hugo Roman
Collection: New romance
Date de publication: 4 novembre 2015
Nombre de pages: 328 pages
Prix: 17€

mercredi 30 décembre 2015

Red Hill, de Jamie McGuire

Un suspens tenace qui ne nous laisse pas une seconde de répit. 

Avant toute chose, je ne vous dévoilerai pas la nature exacte de ce livre, ou plutôt le pourquoi du comment. Pourquoi le monde s'écroule et pourquoi nos personnages vont vivre les heures les plus sombres de leur existence. Car en entamant ma lecture, je ne m'attendais pas du tout à tomber sur ce genre de récit, et pour une fois c'est agréable d'ouvrir un livre sans en connaitre le contenu, un peu comme une lecture à l'aveugle. 

C'est avant tout, le nom de l'auteure qui a décidé de cet achat spontané. En effet, Jamie McGuire est surtout connue pour sa saga "Beautiful disaster" et honnêtement en lisant la phrase d'accroche sur la couverture :

" Quand votre monde s'écroule, seul l'amour peut encore vous sauver..."

Je m'attendais à retrouver à peu près le même univers, ou en tout cas une romance contemporaine. Que je suis crédule! 

Néanmoins, si je n'avais lu le nom de l'auteure avant d'entamer cette histoire, jamais je n'aurai pu deviner qu'il s'agissait de la même personne, non pas à cause d'un style d'écriture différent, mais tout simplement d'un genre littéraire totalement opposé. C'est un peu comme si Stephen King se mettait à faire dans l'humour, ou Georges R. R. Martin à faire dans la romance. J'exagère un peu d'accord, mais toujours est-il que Jamie McGuire m'a agréablement surprise, et ça j'aime. 

Attention, je ne veux pas montrer du doigt sa célèbre saga précédente, mais nous sommes tellement loin des tourments amoureux d'une jeune fille que tout rapprochement entre les deux histoires est tout simplement impossible à faire. 

Je ne veux pas rentrer dans les détails de cette histoire, car j'ai peur de vous gâcher le début de l'histoire. Ma surprise a été grande quand j'ai compris la thématique principale du livre, et j'ai été ravie de ne pas l'avoir su avant. 

Toutefois, je peux vous dire que l'histoire est vraiment très prenante, du début jusqu'à la fin. L'auteure ne nous laisse pas une seconde de répit pour nous laisser le temps de nous remettre de nos émotions. Le rythme du récit suit le schéma de son histoire, chacun allant de paire avec l'autre, la rapidité de l'un suit l'urgence de la situation de l'autre, et contribue à rendre l'atmosphère inquiétante. 

L'histoire alterne trois points de vue, celui de Scarlet, femme divorcée et prête à tout pour retrouver ses deux filles dans ce cauchemar sans nom; Nathan qui tente le tout pour le tout afin de sauver sa petite fille; et Miranda accompagnée de sa sœur Ashely et de leur copain respectif, lancés à vive allure sur les routes pour fuir l'horreur. 

En dehors de ses trois personnages principaux, nous allons en rencontrer d'autres au cours de notre récit qui vont à leur tour nous émouvoir par leur histoire personnelle et certains par leur triste sort. Pas question d'enjoliver la situation, ce n'est pas le but de l'auteure, pas le temps d'épargner celles et ceux qui nous auraient touché, puisque le but de l'auteure est de rendre compte d'un drame et de l'horreur. 

J'ai été éblouie par la ténacité de Scarlet qui ne flanchera pas une seconde dans son combat pour retrouver ses filles, telle une lionne elle ne reculera devant aucun obstacle. Nathan et sa nature plus douce mais non moins combatif, apporte un contraste dans le groupe. Et enfin, Miranda qui donne au récit une toute autre dimension, partagée entre l'état d'urgence de la situation et ses sentiments compliqués. Chacun à sa façon, nous donne une vision plus large des réactions que l'on pourrait observer dans de telles circonstances. 

Je ne saurais dire lequel de ces personnages m'a le plus touché, mais il est vrai que Scarlet n'a pas manqué de me prendre aux tripes avec sa quête en laquelle elle ne cessera jamais de croire. 

Cette histoire a été un réel coup de cœur, et si j'ai été triste en terminant ce livre, je suis soulagée de ne pas en lire davantage avec une suite. En effet, sans aucun doute, je me serais jetée dessus mais au vu du sort de certains, j'aurais encore passé d'affreux moments pendant lesquels j'aurais tremblé pour les personnages. 

En somme, je vous recommande ce livre fortement et vous recommande d'éviter de lire le résumé pour être saisie d'entrée de jeu. Bonne lecture à vous et à très vite sur les Rats de Bibliothèque. 

Cléo



" Il fallait que je les rejoigne. J'empoignai plus fermement le volant. C'était la fin du monde, et je voulais plus que tout serrer mes bébés dans mes bras. "
Scarlet


Titre original: Red Hill
Editeur: J'ai Lu
Collection:
Date publication: 23 septembre 2015
Nombre de pages: 382 pages
Prix: 14€

vendredi 4 décembre 2015

Pardonne-moi, Leonard Peacock, de Matthew Quick



Le P-38 sera peut-être mon cadeau quand je le déballerai pour tirer sur Asher Beal.
C’est probablement le seul cadeau que je recevrai aujourd’hui.
En plus du flingue, il y a quatre paquets, un pour chacun de mes amis.
Je veux leur dire au revoir correctement.
Je veux qu’ils gardent un souvenir de moi. Qu’ils sachent que je tiens à eux et que je suis désolé de ne pas avoir pu être davantage. Désolé d’avoir dû leur fausser compagnie. Qu’ils sachent qu’ils ne sont pas responsables de ce qui va se passer aujourd’hui.
Je ne veux pas qu’ils soient traumatisés par ce que je m’apprête à faire ni qu’ils soient déprimés après.





Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Leonard Peacock. C'est aussi le jour où il dissimule une arme à feu dans son sac. Parce que, c'est décidé, il va tuer son ex-meilleur ami, puis lui-même, avec le P38 ayant appartenu à son grand-père. Mais il doit tout d'abord faire ses adieux aux quatre personnes qui ont le plus compté pour lui : Walt, son voisin littéralement obsédé par Humphrey Bogart, Baback, un camarade de classe violoniste virtuose, Lauren, la fille de pasteur dont il est amoureux, et Herr Silverman, qui enseigne l'histoire de l'Holocauste au lycée.



Un manque d'empathie pour Léonard, mais un récit poignant!


Il est rare, avec un tel récit, que mon attachement envers le personnage principal n'ait pas été plus marquant et plus évident. Malheureusement, si je lui ai trouvé d'autres "qualités" son sort ne m'a pas inquiété outre mesure. 

Cette absence de compassion est à mettre sur le compte du motif de notre héros à faire de son anniversaire une journée à part. A part dans le sens où il compte se suicider dès qu'il aura tué son ancien meilleur ami. Ce cas de figure étrange, où le lecteur suit les pensées du "méchant" est assez perturbant car bien que l'on sente un véritable malaise de la part de Léonard, on ne peut cautionner une telle décision. 

D'autant plus qu'il ne parait pas idiot, certes il fait preuve de beaucoup de cynisme que ce soit envers lui-même comme envers les autres, on comprend qu'il vit ou qu'il a vécu une situation traumatisante. 

Quand arrive l'explication, quand on finit par mieux cerner et comprendre Léonard sur un tel agissement, on est à la fois peiné pour lui et pour la personne qu'il compte tuer. 

Il m'a été difficile de trouver les mots justes pour écrire cette chronique car je suis mitigée sur le ressenti de ce livre, il reste intéressant par la manière dont l'auteur le construit et par l'angle de vue qu'il a adopté, mais on ne peut pas, en tout cas en ce qui me concerne, éprouver un profond élan de sympathie pour le personnage ou alors surement pas avant la fin. 

En parlant de la fin parlons-en! 
Pourquoi nous laisser dans un tel flou? Les fins ouvertes ont l'avantage de donner raison aux deux camps opposés à savoir "happy end" ou "Rest in peace", mais j'aurais préféré une fin plus évidente, avec plus de mots concrets. 

Toutefois, à défaut de ressentir de la sympathie pour Léonard, j'ai fait un transfert sur son personnage d'Histoire que j'ai trouvé très juste et dont le passé m'a beaucoup ému. L'attention qu'il porte à ses élèves et l'attachement dont il fait preuve envers Léonard m'a laissé songeuse... Léonard mesure-t-il la chance qu'il a de pouvoir compter sur un tel professeur?! 

Toujours est-il que l'histoire, par son fond tant que par sa forme, ne manque pas de nous renverser, même si son personnage principal ne remporte pas une vive sympathie de prime abord. D'ailleurs, j'ai pu lire dans diverses chroniques que les bas de pages qui jalonnent le récit en avaient gêné plus d'un. Ici, je dois reconnaître qu'elles n'ont en rien perturbé ma lecture, bien au contraire, j'ai trouvé cette particularité intéressante et originale! 

Editeurs: Robert Laffont
Collection: R
Date de publication: 9 avril 2015
Nombre de pages: 313
Prix: 16,90€

mardi 1 décembre 2015

Tornade, de Jennifer Brown



Toute mon enfance, on m'avait dit et redit ce qu'il fallait faire en cas de tornade : écouter les sirènes, se réfugier à la cave, au sous-sol, dans un placard au milieu de la maison, et se pelotonner, se protéger et attendre. A l'école, nous avions des alertes deux fois par an depuis toujours. Nous en discutions en classe, à la maison. La météo ne cessait de parler de tornade.

Mais jamais - pas une seule fois - on ne nous avait dit ce qu'il fallait faire après.

Car jamais personne n'avait imaginer qu'il y aurait un après comme celui-ci.


C'est un jour comme un autre pour Jersey. Sa mère et sa fantasque petite sœur Marine partent pour le cours de danse. Encore à elle la corvée de préparer le dîner, étendre le linge. Et le temps est abominable, peut-être même une tornade à l'horizon. Mais Jersey n'a pas peur, elle connaît ça les tornades, elle en a déjà vu. Pour l'instant, elle savoure le calme : cette casse-pieds de Marine n'est pas là, sa mère ne peut lui faire aucun reproche. Quand tout bascule en quelques secondes : une tornade d'une violence exceptionnelle dévaste tout sur son passage, les maisons, les arbres, les routes, les gens. Réfugiée au sous-sol, Jersey est indemne à part des blessures légères. Dehors c'est une vision de cauchemar, des voisins blessés et traumatisés errent dans la rue jonchée de gravats et de débris. Et aucun appel ne passe, Jersey a beau appeler et appeler encore sur le portable de sa mère, impossible de la joindre...



Deuxième livre de Jennifer Brown, deuxième moment intense. 


L'auteure signe ici un deuxième titre qui m'a autant, voire plus, dévasté que "Hate list"

"Tornade" ou comment un évènement climatique, qui semble banal aux yeux de l'héroïne, habituée à ce genre de phénomène, va faire basculer sa vie dans un cauchemar sans nom.  

Au cours de cette lecture plusieurs émotions se sont manifestées, allant des larmes à une envie de hurler de rage, l'auteure ne ménage pas son public et j'ai suivi intensément l'histoire de Jersey. 

A aucun moment l'histoire ne s'essouffle, quand bien même Jersey change de décor et de vie, une autre catastrophe d'une toute autre nature, vient saisir notre jeune héroïne fragilisée. 

Les personnages qui gravitent autour de Jersey sont tout aussi important, et ont un rôle bien défini à jouer, ce qui m'a d'ailleurs valu quelques cris de rage envers certains. 

Même quand l'issue semble évidente et que l'on pense enfin trouver une voie acceptable pour notre héroïne, cette dernière lutte encore contre ses vieux démons, et en même temps comment lui en vouloir. 

Tornade est un livre cruel, dévoilant une réalité qui l'est tout autant, et une histoire qui n'a rien du conte de fée. A l'instar de Hate-list, Jennifer Brown met des mots sur des évènements bouleversants pour nous montrer la triste face de l'humanité sans rien édulcorer. 


Editeurs: Albin Michel
Collection: Wiz
Date de publication: 1er août 2015
Nombre de pages: 281 pages
Prix: 14,90€

samedi 21 novembre 2015

Un monde pour Clara, de Jean-Luc Marcastel



Il brandit un poing serré.
- Mais nous étions prêts, Diane, nous, les chevaliers de Gaïa, étions prêts à donner nos vies pour le rêve qui était le nôtre... Celui d'une Terre meilleure, d'une Terre propre pour nos enfants et tous ceux qui viendraient après nous, une Terre où les hommes et les animaux vivraient en harmonie dans les bras de Gaïa.




2027. 
En France.
Après une catastrophe nucléaire succédant à tant d’autres, l’écologie est plus que jamais au centre des préoccupations.
Les Enfants de Gaïa est une puissante secte extrémiste qui mêle discours écologiste et spiritualité.
Diane, dont la jumelle Clara est morte suite à cette catastrophe, participe, avec son meilleur ami Léo, à l’une de leurs manifestations anti-nucléaire. Mais la marche pacifique tourne au combat de rue, et Diane, grièvement blessée, tombe dans le coma…
Dix ans plus tard, la jeune fille se réveille. Pendant son sommeil, le monde s’est transformé.
Les Enfants de Gaïa sont à la tête du pays. Ils sont tout puissants. Et ils ont fait de Néo Lutécia, construite sur les ruines de Paris, la cité écologique idéale. Diane y retrouve Léo, désormais lieutenant de la secte. Elle apprend qu’elle est devenue l’icône de la Révolution Verte, une incarnation vivante de Gaïa aux yeux de ses fidèles et découvre un nouveau monde bien loin de celui dont Léo et elle avaient rêvé…

Une histoire qui aurait pu être top s'il n'y avait pas eu toutes ces longueurs. 

Cette lecture remonte à plusieurs mois maintenant, mais je sais que sa thématique m'avait beaucoup touché, puisqu'elle concerne tout un chacun, et devrait l'être davantage. Je fais référence à notre environnement, à sa préservation, et au nucléaire, entre autre. 

Première scène, premier choc!
Paris, à notre époque. 
Au détour d'une manifestation écolo contre le nucléaire nous rencontrons Diane et Léo, elle a perdu sa sœur jumelle à cause d'une catastrophe nucléaire, lui, sa mère. Alors que ces deux jeunes se battent pour l'avenir de leur planète, un nouveau drame les touche. 

Seconde scène, changement total!
Néo Lutecia, plusieurs années plus tard...
La cause écolo a gagné le pari de transformer les mentalités, et par la même occasion notre Terre. Des arbres recouvre toutes les rues de notre ancienne capitale, rebaptisée pour le coup. C'est une toute nouvelle idéologie qui régente la vie des citoyens qui vivent désormais dans un air plus pur. 

Diane se retrouve plongée dans ce nouveau monde qu'elle doit appréhender rapidement. A l'instar du crapaud plongé dans une casserole d'eau bouillante, elle s'aperçoit de la face cachée de ce nouveau monde, contrairement à Léo, qui plongeait dans l'eau froide avant de la faire chauffer progressivement, est complètement aveugle. A partir de ce moment là le combat commence et avec lui toute l'aventure de Diane. 

J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous montre que toutes les idéologies aussi louables soient-elles peuvent tourner au cauchemar quand elles sont menées pour des mauvaises raisons. Prenons n'importe quelle religion par exemple, chacune prône la paix, et l'amour des siens, et c'est malheureusement l'application de ses mêmes dogmes poussés à l'extrême qui les rendent inhumaines. Ici, on retrouve un peu de cette philosophie, sans compter sur la perversité de l'Homme... 

Si la thématique m'a d'emblée conquise et le sort de nos jeunes héros, j'ai regretté un manque de vivacité en début de roman, qui traine un peu trop en longueur. Par contre, toute la deuxième partie relève le niveau, grâce à des actions plus percutantes. 

Quant à la plume de son auteur, déjà croisé avec "Le dernier hiver" je n'ai vraiment rien à redire. Par contre, je note encore un manque d'attachement vis-à-vis des personnages principaux. 

Editions: Hachettte
Collection: Black Moon
Date de publication: 9 octobre 2013
Nombre de pages: 352
Prix: 16,50€

N.B. Je n'ai pas pour habitude en fin de chronique de vous renvoyer sur un livre similaire, mais pour une fois je vais me permettre cette entorse. 
Si vous avez lu ce livre ou si vous comptez le lire, sachez qu'un autre écrivain a lui aussi entrepris d'écrire une histoire liée au nucléaire, il s'agit de Yannick Monget avec Résilience. Certains(es) le connaissent peut-être avec son autre roman Gaïa, et je vous recommande fortement ce livre, écrit par un écrivain plus qu'investit dans la protection de notre planète. Un écrivain qui croit encore en l'humanité ça vaut le coup de le découvrir. 

 

jeudi 24 septembre 2015

Ten tiny breaths, Tome 1: Respire, de K.A. Tucker



J’ai l’habitude d’avoir le contrôle. Je fais de mon mieux pour ne rien ressentir. C’est ainsi que je parviens à survivre, et ça a bien fonctionné. 
Jusqu’ici. 
Désormais, Trent s’est immiscé dans ma vie et je ne parviens plus à me concentrer. Mon corps fait n’importe quoi. Je suis tiraillée entre l’envie de le repousser et de le garder près de moi. Je pense à lui bien trop souvent. La moindre pensée réveille en moi un désir que je n’ai pas ressenti depuis mon dernier coup d’un soir, et c’était il y a plus de deux ans. 
Or aujourd’hui, ce désir est un million de fois plus fort. Je me balance d’avant en arrière, mon front dans les mains. Je ne veux pas de tout ça. Je ne veux pas de tout ça. Je ne veux pas de tout ça…

À à peine 20 ans, la vie de Kacey bascule dans la tragédie : ses parents, sa meilleure amie et son copain meurent dans un accident de voiture. Elle est la seule survivante de la famille, avec sa sœur Livie qui n'était heureusement pas avec eux ce jour-là. Alors qu'elles sont confiées à la garde d'un oncle et d'une tante peu scrupuleux, Kacey décide de prendre sa vie et celle de sa sœur, en main. Ensemble elles vont tenter de se reconstruire à l'autre bout du pays, en Floride.


Divertissant mais trop facile!

C'est-à-dire?! Un postulat de départ dramatique pour lequel l'auteure n'hésite pas à faire dans la dentelle avec une héroïne amochée par la vie mais qui tente le tout pour le tout afin d'extirper sa sœur cadette d'une voie sans issue. 

Malheureusement, hormis le drame qui a chamboulé leur vie, et le reste d'une histoire non moins facile, j'ai trouvé que l'auteure se permettait quelques raccourcis un peu trop évidents et faciles pour parvenir à sa conclusion. En effet, ses rapports avec Trent en dents de scie finissent par agacés passés quelques pages, et je trouve assez déconcertant de voir cet homme rappliqué toujours au bon endroit et quand on a besoin de lui. 


Cet aspect omniprésent des personnages masculins dans les romances finissent par m'horripiler. Deviennent-ils Dieu dès qu'il s'agit de prendre soin d'une jeune demoiselle en détresse? Cette fameuse demoiselle en détresse possède-t-elle un ange gardien H24 et 7/7 jours pour rendre cette histoire crédible?... Et bien non! Permettez-moi mais peut-on juste, de temps en temps, garder un peu de cohérence, même s'il s'agit de fiction? A moins que l'on veuille rendre compte d'actes d'un pervers, voyeur ou autres tendances similaires? 


Parenthèse close. 
Toutefois, en dehors d'une héroïne parfois excessive dans ses comportements, j'ai beaucoup apprécié la présence des personnages secondaires comme Livie ou Storm, qui apportent un souffle nouveau dans ce récit, chacune apportant son vécu, son expérience et nous permettent un peu de nous éloigner (de respirer) face à une Kacey au bord du gouffre. 

D'ailleurs, si je n'ai pas totalement accroché au cas de Kacey, celui de Livie m'intéresse bien plus, tout comme le passé de Cain, ce patron philanthrope plutôt atypique, me semble-t-il (en même temps qu'est-ce que je m'y connais). Bref, au moment où l'auteure nous présente ce personnage, j'ai été très curieuse d'en apprendre plus sur son passé. Mon vœu a été exaucé puisque le tome 3: Saisir, lui est consacré. 

Ainsi, en terminant cette histoire avec une conclusion que je passerai sous silence, mais qui m'a fait lever les yeux au ciel, j'étais déterminée à ne pas poursuivre l'aventure, mais les tomes 2 et 3 m'ont fait changer d'avis. Il n'y a que les têtus qui ne changent pas d'avis non?

Sur ce, je vous souhaite de très bonnes lectures et n'hésitez pas à me faire part de vos réactions. 

Publié aux Editions Hugo Roman, Collection New Romance, le 5 février 2015, 358 pages, 17€