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jeudi 15 octobre 2015

Glitch - Tome 1, de Heather Anastasiu

Au sein de la Communauté, il nous est strictement défendu d'avoir des secrets. Et jusqu'ici, bien entendu, cela n'a posé problème à personne, étant donné que nous ne sommes pas censés savoir les garder pour nous. Ce sont les secrets qui ont déclenché les guerres, qui ont mis la planète à feu et à sang. Les secrets, les mensonges et les passions destructrices. Nous, nous avons réchappé au cataclysme. Nous, nous sommes méthodiques. Disciplinés.

Un secret, c'est malsain. Et détenir un secret, encore plus. Pourtant, les secrets dangereux, ce n'est pas ce qui manque chez moi. Ils s'empilent aussi vite que les mensonges inventés pour les camoufler.


L'amour est une arme.
Dans une société souterraine ou toute émotion a été technologiquement éradiquée, Zoe possède un don qu'elle doit à tout prix dissimuler si elle ne veut pas être pourchassée par la dictature en place. 
L'amour lui ouvrira-t-il les portes de sa prison ?

Il y a deux siècles de cela, l'humanité a payé au prix fort ses appétits démesurés lorsque le feu de mille armes nucléaires a littéralement rasé la surface de la planète. Sous terre, au sein de la Communauté, la souffrance et la guerre ne sont plus que de lointains souvenirs : des puces implantées dans le cerveau de ses membres ont permis d'éradiquer enfin toutes ces émotions qui ont bien failli mener les hommes à leur perte.
Lorsque la puce de Zoe, une adolescente technologiquement modifiée, commence à glitcher (bugger), des vagues de sentiments, de pensées personnelles et même une étrange sensation d'identité menacent de la submerger. Zoe le sait, toute anomalie doit être immédiatement signalée à ses Supérieurs et réparée, mais la jeune fille possède un noir secret qui la mènerait à une désactivation définitive si jamais elle se faisait attraper : ses glitches ont éveillé en elle d'incontrôlables pouvoirs télékinésiques...
Sa liberté nouvellement acquise va toutefois lui donner des ailes et, tandis que Zoe lutte pour apprivoiser ce talent dévastateur tout en restant cachée, elle va rencontrer d'autres jeunes Glitchers : Max le métamorphe et Adrien, qui a des visions du futur. Ensemble, ils vont devoir trouver un moyen de se libérer de l'omniprésente Communauté et de rejoindre la Résistance à la surface, sous peine d'être désactivés, voire pire...


Enclave, Glitch... On prend le même scénar' et on recommence?

Oh! La vilaine Cléo. 

Hier soir en réfléchissant à cette future chronique et à ce que je pourrais dire de cette lecture, force m'a été de constater que je n'en gardais que peu de souvenirs... En essayant de me creuser les méninges (autant que possible), je me suis rappelée qu'il était question de personnages lobotomisés, d'une vague romance, et surtout d'une vie souterraine causée par un énième conflit ayant tourné façon "anéantissement de toute vie possible sur Terre". 

Dorénavant, beaucoup de livres ont des thématiques similaires notamment avec les vampires, zombies, bad boy, dystopie, apocalypse... (petite parenthèse: on pourra constater que peu d'auteurs se sont risqués avec celle des sorciers... J.K. Rowling a-t-elle décimé la concurrence?!). Quand un livre donne de bons retours on n'hésite plus à réutiliser la recette miracle en l'appliquant à d'autres sauces, parfois avec un résultat probant, et d'autres fois moins. 

Ici en l'occurrence, je ne garde de cette lecture que quelques bribes qui se mélangent avec d'autres détails issus de précédents livres. Si je consulte mes brèves notes (heureusement qu'il y a ce filet de sécurité), il est question d'une deuxième partie nettement meilleure, meilleure en quoi je l'ignore par contre. 

Je suis désolée de ne vous offrir qu'une moitié douteuse de chronique, et j'ai hésité toute la journée à vous l'écrire, ne voulant pas bâcler mon article, et perdre mon temps soyons honnête! Toutefois, j'ai lu ce livre, et pour ce que je m'en souviens la deuxième partie, surement plus "punchie", m'a davantage plu. Mais, je regrette de ne pouvoir en dire plus car mon esprit se mélange les pinceaux avec toutes ses autres histoires plus ou moins similaires que j'ai pu lire.

Il était également question dans mes notes de deuxième tome, de réajuster mon avis avec la suite, mais à la lecture du synopsis et au vu de toutes mes lectures en attente je ne pense pas m'y plonger d'ici là. Mon esprit ou tout simplement mes penchants livresques commencent à saturer en matière de dystopie. A moins que ma nouvelle casquette de maman ne me fasse redouter un avenir incertain pour nos enfants... 

Ma chronique a un peu survolé le livre, mais je vous promets de revenir très vite avec un article plus approfondi. Sur ces dernières paroles je vous laisse à vos lectures et occupations en tout genre. 
A bientôt sur Les Rats de Bibliothèque. 

Trois mots en passant:
Tomber aux oubliettes. 

Publié aux Editions Robert Laffont, dans la collection R, le 6 septembre 2012. 




mercredi 3 juin 2015

Belle de glace, de Anna Sheehan



" M'accrocher à mes rêves : un jeu dans lequel je luttais pour suivre à la trace ces images si aisément perdues. J'essayais de me maintenir en sommeil, d'obliger mon coeur à battre trop lentement pour sentir quoi que ce soit, de refuser que mes poumons s'éveillent. A une ou deux occasions, j'ai tenu si longtemps que maman, prise de panique, a enclenché réssusciteur." 







Rosalinda Fitzroy, alias Rose, dort depuis soixante-deux ans quand elle est réveillée par un baiser. Durant son sommeil, les Heures Sombres ravageaient le monde tel qu'elle le connaissait et tuaient des millions de personnes dont ses parents et son premier amour. Depuis son réveil, Rose, reconnue comme l'héritière perdue d'un empire interplanétaire, doit faire face à un avenir où elle est considérée soit comme un monstre, soit comme une menace. Prête à tout pour mettre son passé derrière elle et s'adapter à ce nouveau monde, Rose se sent attirée par le garçon qui l'a réveillé et espère qu'il l'aidera à recommencer sa vie. Mais quand un danger mortel met en péril sa nouvelle existence, Rose doit faire face aux fantômes du passé et les affronter sans quoi, il n'y aura plus du tout de futur pour elle.


Une belle au bois dormant futuriste qui ne s'éveille pas en même temps que les siens, mais dont l'histoire n'apporte rien d'intrigant. 

J'aime beaucoup la mise de départ, une enfant que l'on endort et réveille aux grès des impératifs de sa famille sous prétexte que c'est pour son bien... Et puis un beau jour elle se réveille soixante-deux ans plus tard dans un monde qui n'est plus le sien, et dans lequel elle ne peut compter que sur elle-même. 

Raconté comme ça, le livre donne envie, avec cette réécriture atypique qui finalement intervient après le réveil de sa belle dans un monde qui a subi un conflit qui a ravagé une grande partie de sa population, dont les parents de Rose. 

Mise à part ce contexte particulier qui a suscité mon intérêt, j'ai regretté la passivité de l'héroïne qui n'a aucune prise sur sa vie et ses décisions, et qui semble uniquement intéressée par les aléas de sa vie amoureuse au lieu de se concentrer sur ce qui me parait plus important, comme son adaptation dans sa nouvelle famille ou encore dans cette société qui lui est étrangère. 

Toutefois, j'ai apprécié les flashbacks dont l'auteure nous fait profiter au cours de la lecture, et qui nous permettent de découvrir la vie de Rose, avant son dernier réveil, sa famille, et sa relation particulière avec son ami d'enfance, Xavier. 

Le ton du livre est calqué sur les sentiments de Rose à savoir triste et nostalgique, en effet son passé lui a totalement échappé, quant à son présent on ne peut pas dire qu'elle veuille y prendre part, et cet aspect est bien mis en avant. Toutefois, je n'ai pas compris pourquoi l'auteure se concentrait sur la vie sentimentale de l'héroïne alors qu'elle aurait pu nous donner plus de détails sur l'univers proposé.

Vraiment, le personnage principal a largement contribué, avec une intrigue peu présente, à mon manque d'engouement pour ce livre. 

En somme, un univers qui aurait pu relever le rythme de ce livre et nous faire oublier une héroïne passive, voire parfois inintéressante compte tenu de la gravité (?) de sa situation. 

Publié aux Editions Hachette dans la Collection Black Moon, le 15 février 2012, 384 pages, 16€








mardi 2 juin 2015

Les chroniques lunaires - Tome 1: Cinder, de Marissa Meyer



"- Je sais que le moment est horriblement mal choisi, mais croyez-moi, c'est une question de vie ou de mort. ( Il prit une grande inspiration.) Accepteriez-vous d'être ma cavalière au bal?
Le sol se déroba sous les jambes de Cinder. Sa tête se vida d'un seul coup. Elle avait dû mal entendre.
Au bout d'un moment, Kai haussa les sourcils en un encouragement muet.
- J... je vous demande pardon?
Il s'éclaircit la gorge et se redressa.
- Je suppose que vous avez prévu d'aller au bal?
- Je... je ne sais pas. Enfin, non. Non, je regrette, je n'irai pas au bal.
Kai recula, décontenancé. 

- Oh. Très bien... mais... peut-être pourriez-vous changer d'avis? Parce que je suis quand même... enfin...
- Le prince.
- Je ne cherche pas à m'en vanter, s'empressa-t-il d'ajouter."

A New Beijing, Cinder est une cyborg. Autant dire une paria. Elle partage sa vie entre l'atelier où elle répare des robots et sa famille adoptive. A seize ans, la jeune fille a pour seul horizon les tâches plus ou moins dégradantes qu'elle doit accomplir pour ses sœurs et sa marâtre.
Mais le jour où le prince Kai lui apporte son robot de compagnie - son seul ami -, le destin de Cinder prend un tour inattendu. La forte attirance qu'éprouvent le beau prince et la jeune cyborg n'a aucune chance de s'épanouir, surtout que le royaume est menacé par la terrible reine de la Lune !
Débute alors pour Cinder une aventure incroyable, où elle découvrira que le sort de l'humanité est peut-être entre ses mains.

En voilà une histoire comme je les aime! Franchement Cendrillon en cyborg il fallait y penser.

Futuriste et originale, cette histoire qui se veut une réécriture de Cendrillon a tout pour plaire, un contexte où la technologie tient une place essentielle dans une société malmenée par une terrible épidémie, une histoire qui mêle à la fois des humains, des robots et des cyborgs, et une romance princière s'il vous plaît! 

J'allais oublier de parler de l'intrigue qui s'imbrique parfaitement dans cette réécriture, même si certains détails m'ont semblé parfois évidents avant le grand final. Sinon, j'ai beaucoup aimé le style de l'auteur et son univers qu'elle nous propose dans ce premier tome largement à la hauteur de sa réputation sur la blogo!

Quant aux personnages, j'ai été très touchée par Cinder, l'héroïne (vous ne l'auriez jamais deviné hein?!) de cette série, qui est authentique dans ses émotions et dont la force de caractère m'a séduite. Cette jeune femme cyborg malmenée et exploitée par sa belle-mère, de part sa condition cybernétique, lui vaut d'être traitée comme une esclave, et pourtant le prince Kai va poser ses yeux sur elle à son grand étonnement. Un prince, qui est d'ailleurs bien présent et parvient à s'imposer sans tomber dans le stéréotype lié à son rang. En effet, l'auteure nous évite le clinquant et les paillettes pour se concentrer sur des aspects plus concrets, comme son intelligence! 

Au-delà du conte de Cendrillon, bien connu, cette réécriture met l'accent sur une intrigue bien ficelée, qui va de l'épidémie d'une maladie méconnue, au conflit interplanétaire, sans oublier la petite histoire d'amour. 

L'auteure partage un univers riche en détails dont il me tarde de connaître la suite. 

Publié aux Editions Pocket Jeunesse, le 7 mars 2013, 412 pages, 17,90€





mardi 26 mai 2015

Les Vivants - Tome 1, de Matt de La Pena







Editions : Robert Laffont Collection R

Date de parution : 13 mars 2014

Nombre de pages : 382

Prix : 17,90€






Vous regretterez d'avoir survécu...

Shy, jeune Américain d'origine mexicaine, a choisi ce job d'été pour mettre de l'argent de côté. Quelques mois à bord d'un luxueux navire de croisière vont lui permettre d'engranger les pourboires. Il sera ainsi en mesure d'aider sa mère et sa soeur à régler les factures. Que demander de mieux ? Des bikinis à ne plus savoir ou regarder, des buffets garnis à volonté, et peut-être même une fille ou deux. Après tout, chaque croisière rassemble des gens de tous les âges et de tous les horizons...
Mais lorsque le tremblement de terre le plus destructeur jamais enregistré dévaste la Californie, la vie de Shy bascule. Et ce séisme n'est que le premier d'une longue série de désastres. Ceux qui sont encore vivants devront se battre pour le rester...


Un scenario catastrophe qui détonne, mais une histoire qui s'essouffle rapidement malheureusement. 

J'adore lire un bon scenario catastrophe, bien ficelé avec ce qu'il faut de sensationnel et de suspens pour me faire trembler jusqu'à la dernière ligne. C'est surement un peu malsain dit comme ça, mais honnêtement je préfère le lire que le vivre, au moins c'est plus sécurisant!

Alors quand le synopsis de ce livre m'est tombé entre les mains je n'ai pu résister plus longtemps, et d'ailleurs l'auteur ne perd pas son temps avant de nous plonger dans le vif du sujet dans la peau du personnage principal, Shy, qui travaille comme saisonnier sur un bateau de croisière quand un tsunami met en péril son existence. 

Vraiment j'ai adoré, même si je ne me suis pas beaucoup attachée aux personnages, toute la partie "tremblement de terre, tsunami et fin du monde" est très bien racontée et mise en avant avec des scènes chocs! Dans cette première partie si je puis dire, j'ai tourné les pages sans pouvoir m'arrêter, pour découvrir où l'auteur souhaitait nous conduire. 

Malheureusement, une fois les catastrophes passées et la partie "survivor" expoitée, l'auteur met en place une théorie du complot qui m'a nettement moins emballée, et j'ai perdu tout engouement pour cette histoire. Et puis, la preuve, quelques mois après cette lecture, je n'en garde que peu de souvenirs, si ce n'est que la deuxième partie en deçà de mes attentes. 

L'auteur oriente son récit vers une thématique plus fictive que ne le laissait imaginer le début plus "concret" si je peux m'exprimer ainsi. Alors, certes cette tournure est originale, mais pour le coup cela ne pas convaincue. 

En somme, on retiendra une très bonne partie avec un scénario catastrophe bien structuré et palpitant avec un avant-goût de "seul au monde", mais une deuxième partie plus tournée vers la fiction qui n'a pas trouvé preneur de mon côté. 











dimanche 8 juin 2014

Les opéras de l'espace, de Laurent Genefort




_ En quoi croyez-vous, dans ce cas?
_ Une question à laquelle je serais bien embarrassé de répondre, mais qui m'éclaire sur vous. On ne m'a jamais appris à croire qu'en moi, qui était, je crois, une personne de trop. La suite des évènements m'a détrompé en me ravalant au rang du commun des mortels. A vous, je peux vous le dire: j'ai appris la faiblesse, le vertige et la peur de mourir... et c'est depuis peu que je vous suis devenu à jamais incompréhensible.








Axelkahn est un ténor hors du commun, presque un dieu vivant. Ses interprétations des airs d’opéras les plus périlleux sont des instants volés à l’éternité. Tout cela grâce aux biopuces que lui ont implantées les mystérieux Yuweh. Jusqu’au jour où ces greffes tombent en panne, renvoyant Axelkahn à sa condition de simple mortel. Il ne lui reste plus qu’à tenter de retrouver un Yuweh, dont la légende raconte qu’il aurait disparu au cœur des Bulbes Griffith, gigantesque artefact spatial composé de stations reliées entre elles par des filins créant une inextricable toile d’araignée. Il forme donc une troupe de théâtre aussi hétéroclite qu’attachante et se lance en quête d’une hypothétique guérison.

De l’aventure, la description d’un monde hors du commun et… du théâtre ! Rarement space opera n’aura si bien porté son nom.

Moi qui ne suis pas très fana de SF, pour dire, c'est le premier roman du genre que je lisais! Non pas par peur d'être déçu, mais parce que cet univers ne m'attire tout simplement pas, un peu trop éloigné de mes sentiers battus. Bref, j'ai beaucoup apprécié cette petite histoire.

L'auteur nous emmène suivre la décadence d'un chanteur d'opéra qui finit par fonder une petite troupe de théâtre. Axelkahn se voit contraint d'abandonner son train de vie lorsque sa voie qui a été créée artificielement par une autre espèce s'éteint. S'ensuit alors la recherche tacite de ces individus hors du commun dont un serait resté proche de l'habitat de notre chanteur. Nous pouvons assister à toutes les étapes de la construction de la troupe, lorsque le personnage principal se rend dans une zone reculée de l'espace jusqu'au but de sa mission. 

Cette histoire a plus une vocation psychologique sur la volonté et la survie. Effectivement, nous suivons les acteurs qui se transportent de villes en villes, non pas par un quelconque procédé de téléportation, mais sur une espèce de train soutenu par un câble.

La délicatesse de l'histoire nous emmène sans ennui à poursuivre notre lecture par le périple des acteurs et nous raconte ainsi une belle petite histoire que je recommanderai à n'importe qui souhaitant s'isoler et vagabonder.

Les seuls points négatifs de l'histoire qui n'en sont pas directement car il provient de la traduction sont l'inversion de certains noms de personnages (Truc parle à la place de machin) et des fautes redondantes. 

Un très beau récit à découvrir au plus vite.


Paru aux Éditions Gallimard, Folio SF, 415 pages, 7.99€, 27 février 2014

mardi 4 mars 2014

Automne, de Jan Henrik Nielsen


" — C'est bizarre, dit Fride. On dirait un rêve. Tout est là, mais il n'y a que nous qui pouvons nous promener et tout regarder.
Nanna s'approche de sa sœur.
— Oui, c'est bizarre. C'est pas comme dans mon souvenir. Moi, je me rappelle les odeurs, la foule, le vacarme... Ici, tout est calme, ça sent la mer et la forêt. Ça colle pas vraiment.
— Comme ils sont jolis, ces instruments de musique.
— En effet. Tu verras, il y a un piano dans l'appartement. C'est maman qui en jouait. 
— C'est vrai?
— Oui.
— Où tu crois qu'ils sont, tous les gens?
— Ils ont dû partir, comme nous. Ou alors, ils sont..."



Cette île pourrait être n'importe quelle île. Ces deux sœurs pourraient être n'importe quelles sœurs. Cette terre qu'une grande catastrophe écologique a ravagée pourrait être la nôtre. L'eau est devenue rare, le soleil brûle la peau, la végétation se meurt. Terrées dans un bunker depuis six ans, Nanna et sa petite sœur Fride observent le monde à travers un périscope, à la fois fascinées et inquiètes. Forcées de sortir au dehors, elles découvrent qu'au cœur de ce paysage désolé les gens sont prêts à les aider. Alors Fride et Nanna avancent au sein de l'automne, blotties dans une joie surprenante, découvrant un monde qu'elles croyaient hostile à jamais...

En découvrant le synopsis, j'ai tout de suite voulu connaitre le fond de cette histoire apocalyptique, qui tient plus du voyage initiatique qu'à un énième scénario de fin du monde. Cette première impression dépassée, je me suis laissée emporter par une plume très agréable et un décor qui donnait naissance à une multitude de questions.

Toutefois, je suis restée perplexe après le départ des fillettes vers la grande ville. En effet, rien n'est venu me faire frémir ou même, m'attendrir, dans cette marche vers la découverte ou plutôt redécouverte d'un monde changé à jamais. 

Alors, j'ai attendu patiemment que nos deux héroïnes parviennent au bout de leur quête, à savoir l'ancien appartement où elles vivaient, avec leurs parents, avant la Catastrophe. Malheureusement, une fois encore, le récit ne m'a pas transcendé, même si quelques scènes m'ont décidé de poursuivre ma lecture. 

Parvenue à la conclusion de cette histoire, je garde le souvenir d'un récit agréable, avec des passages plus ou moins captivants, mais surtout manquant de profondeur. Certes, le destin de ces deux fillettes courageuses, pourrait davantage plaire à des jeunes lecteurs plutôt qu'à des adolescents. 

Je tenais cependant, à faire remarquer que la couverture convient parfaitement à l'histoire, et qu'elle a, en partie, attiré mon regard. 

Publié aux Editions Albin Michel, Collection Wiz, Janvier 2014, 336 pages 15,90€




dimanche 26 janvier 2014

Mystic City - Tome 1, de Theo Lawrence

" Il nous reste si peu de temps.
- Prends ça.
Il referme mes doigts sur le médaillon. Celui-ci palpite comme s'il avait un pouls, en émettant une lueur blanche.
- Désolé de t'avoir entraînée là-dedans.
- Si c'était à refaire, je le referais, lui dis-je sans hésitation.
Il m'embrasse, d'abord doucement, puis avec une telle force que j'en ai le souffle coupé. La pluie tombe à verse, sur nous, sur les canaux qui serpentent à travers la ville sombre et chaude. Son torse frémit contre le mien. Des sirènes et des coups de feu résonnent entre les immeubles ruisselants et délabrés.
Ma famille se rapproche.
- Va-t'en Aria, implore-t-il. Avant qu'ils arrivent.
Mais j'entends déjà des bruits de pas derrière moi. Des éclats de voix. On m'empoigne par les bras pour m'arracher à lui.
- Je t'aime, dit-il à voix basse.
Et ils l'emmènent. Je pousse un cri rageur, mais il est trop tard.



Aria Rose, la plus jeune héritière d’une des deux plus puissantes familles rivales de Mystic City, se retrouve promise à Thomas Foster, le fils des pires ennemis de ses parents. Leur union est sensée mettre fin à des décennies de vendetta politique, et réunir les habitants des Aeries, la classe dominante de la ville, contre les Mystiques bannis qui errent et fomentent dans ses bas-fonds.
Mais Aria ne se souvient pas être tombée amoureuse de Thomas ; de fait : elle se réveille un matin avec de grandes zones d’ombres dans sa mémoire. Et elle ne parvient pas à comprendre pourquoi ses parents auraient accepter de s’unir aux Foster en premier lieu. Quand Aria rencontre Hunter, un rebelle et séduisant Mystique des bas-fonds, elle commence à retrouver des bribes de souvenirs, et comprend qu’il détient la clé de son passé.

Les choix qu’elle sera amenée à faire sauveront ou condamneront la ville – et sa propre existence.


"Roméo et Juliette dans un New York futuriste hanté par une étrange magie."

A la mention de Roméo et Juliette, le livre était déjà dans mes envies littéraires de Janvier, autant dire que j'attendais beaucoup de cette histoire. Quand on se compare aux Grands ce n'est pas pour rester sur le banc de touche!

Et bien que le fond de l'histoire soit vraiment intéressant, je trouve que l'auteur reste trop en surface, sans nous apporter suffisamment de détails sur son univers futuriste. Que ce soit au niveau des origines des Mystics,  de leurs pouvoirs, ou encore sur le côté "architectural" de cette ville submergée, tout est confus et parfois un peu brouillon dans les explications. Je comprends que l'auteur se réserve quelques non-dits pour nous faire languir, et tenir son public en haleine, mais en même temps je ressens plus de la frustration que de la curiosité. 

Ensuite, en matière de personnages, rien d'extraordinaire. Ce n'est pas faute d'avoir eu une bonne idée de départ en voulant rapprocher cette histoire à la très célèbre histoire d'amour de tous les temps. Il y a eu quelques bons moments toutefois entre Hunter et Aria, mais l'auteur perd trop de temps avec les tergiversions de son héroïne. 

En somme, un premier tome sur lequel je reste dans sur ma faim à cause de cette amorce trop alléchante qui a rendu l'ensemble sans saveur. Peut-être que la suite me donnera encore envie et se montrera à la hauteur de cette comparaison.

Publié aux Editions Pocket Jeunesse, le 2 janvier 2014, 349 pages, 18,50€


samedi 9 novembre 2013

La nuit des temps, de René Barjavel


L'Antarctique. A la tête d'une mission scientifique française, le professeur Simon fore la glace depuis ce qui semble une éternité. Dans le grand désert blanc, il n'y a rien, juste le froid, le vent, le silence. 
Jusqu'à ce son, très faible. A plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l'euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place. 


Après avoir été l'objet d'un harcèlement moral persistant de la part d'un ami (ce clin d’œil est pour toi, Yannick) il m'a fallu me procurer ce livre, parmi d'autres d'ailleurs, afin de ne pas rater l'Incontournable livre SF de tous les temps. Alors, n'étant pas réticente aux conseils littéraires que l'on peut me faire, et ce même avec insistance... Me voici tenue au courant! 

Si ma première impression a été, à mon goût, un peu trop encombrée de détails inutiles et trop éparses, je dois avouer que cette histoire s'est révélée comme une très bonne expérience littéraire, doublée d'émotions non feintes. En effet, il ne s'agit pas seulement de confronter le lecteur à un univers complètement fantastique et hors du commun, mais aussi à lui montrer que l'Homme ne connait, peut-être ou sans doute, qu'un dixième du Monde dans lequel il évolue, et ce depuis plusieurs milliers d'années. 

Ce pied de nez, mis en scène par Barjavel, par lequel un groupe de scientifiques découvre une civilisation vieille de plus de 900 000 ans, est plus qu'une simple tentative d'apprendre l'humilité. Certes, après la lecture de ce livre, chacun peut y trouver ce qu'il a envie de voir derrière cette fiction mais, pour ma part j'y ai vu un monde, le notre,  sûr de son passé et des connaissances qui lui sont liées, ainsi que des hommes vaniteux et opportunistes. Bien au-delà du schéma moralisateur, j'y ai lu toute une philosophie de vie concernant cet autre Monde : Gondawa.

Ne vous y trompez pas, vous ne lirez pas un conte philosophique, mais bien un récit SF avec ses techniques du genre mêlant dystopie et une histoire d'amour tragique, pouvant s'adresser à un public divers et varié. 

Alors, même si certains aspects ou explications dans ce livre avaient parfois un style un peu lourd, je remercie ce radoteur de Yannick de m'avoir permis de découvrir cet univers. Et par la même occasion, il me reste à lire Ravage (du même auteur), ainsi que Contact de Carl Sagan. 

Publié aux Editions Pocket, le 13 mai 2012, 409 pages, 7,20€ (pour la présente édition)

lundi 26 août 2013

La 5e vague, de Rick Yancey - Tome 1


1ère Vague : Extinction des feux

2e Vague : Déferlante
3e Vague : Pandémie
4e Vague : Silence

La 5e Vague arrive...
Ils connaissent notre manière de penser. Ils savent comment nous exterminer. Ils nous ont enlevé toute raison de vivre. Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir…

À l’aube de la 5e Vague, sur une bretelle d’autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper…Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés…
Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule. Elle se raccroche à cette règle jusqu’à ce qu’elle rencontre Evan Walker. Mystérieux et envoûtant, ce garçon pourrait bien être son seul espoir de sauver son petit frère, voire elle-même. Du moins, si Evan est bien celui qu’il prétend… Mais la jeune fille doit d’abord faire des choix : entre confiance et paranoïa, entre courage et désespoir, entre la vie et la mort. Va-t-elle baisser les bras et accepter son triste sort, ou relever la tête et affronter son destin ? Car ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort.
Source : Livraddict




J'ai eu vent de ce livre par l'intermédiaire de Facebook (outil indispensable pour tout ce qui touche à l'actualité littéraire), en apprenant notamment une éventuelle adaptation au cinéma... Du coup, en grande curieuse, j'ai voulu me faire une idée du potentiel de ce livre, paru qui plus est dans une collection qui ne m'est plus inconnue. 

Un départ sous les chapeaux de roue très vite étouffé...
Toute la première partie a été une véritable expérience littéraire. Le récit de cette invasion, qui nous est retracée par l'intermédiaire de Cassie, m'a complètement absorbé. Du premier jour de leur Arrivée jusqu'au camp de réfugiés, l'auteur ne ménage pas son lecteur, et je comprends mieux l'intérêt d'adapter un tel livre à l'écran. Malheureusement, quand la voix de Cassie a laissé la place à d'autres, le récit a perdu de son charme à mon sens. 

La multitude des points de vue n'était pas indispensable. 
D'ailleurs, certaines étaient encore moins pertinentes que d'autres, comme par exemple le point de vue de Sammy qui a ralenti le récit, alors que j'attendais justement un peu d'action à ce moment. Certes, une bonne intrigue doit savoir alterner entre moment intense et passage plus calme, afin de laisser l'occasion au lecteur de s'imprégner de son histoire. Malheureusement, j'ai constaté une baisse du rythme, et en même temps de mon intérêt, à partir de l'instant où j'ai quitté le personnage de Cassie.

Mise à part la multitude des points de vue, je n'ai pas toujours su apprécier le personnage de Cassie suite au rapprochement effectué entre elle et Evan. Pourtant, de prime abord je la trouvais courageuse et ténace. Bien que la présence d'Evan, rajoute du piment à l'histoire, j'aurais aimé une mise en scène un peu différente, sans tomber dans le cliché "histoire d'amour paranormale".

En effet, dans cette histoire d'extra-terrestre, et d'invasion apocalyptique, je ne m'attendais pas du tout à ce genre de scénario où l'on croiserait forcément une histoire d'amour... Cela a donné un autre virage et d'ailleurs je ne serais même pas surprise d'assister à un triangle amoureux dans la suite des épisodes. 

Toutefois, malgré cette perte de rythme et cette pseudo romance, je tiens vraiment à préciser que toute la première partie est gigantesque et je ne retiendrais que celle-ci !


lundi 24 juin 2013

Chroniques de la fin du monde - Tome 1: Au commencement, de Susan Beth Pfeffer





 Le truc bizarre avec la fin du monde, c'est qu'une fois que ça commence, ça semble ne jamais devoir s'arrêter.
Quand je me suis réveillée ce matin, j'ai immédiatement senti que les choses avaient changé. C'est difficile à expliquer. La température avait baissé (ce qui est bien), mais le ciel avait pris une couleur grise bizarre, pas tout à fait comme lorsqu'il y a des nuages ou du brouillard. C'était plutôt comme si on avait tiré un store gris translucide sur le ciel bleu. 








Quatrième de couverture, Enfin c'est le grand soir: l'astéroïde dont tout le monde parle va percuter la Lune! Familles, voisins, amis, tous se rassemblent pour observer le phénomène. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. L'impact a été si violent que la Lune a dévié de son orbite et s'est rapprochée de la Terre. Peu à peu tout se dérègle... L'électricité puis l'eau sont coupées et les vivres commencent à manquer. Miranda et sa famille vont devoir accepter que la vie telle qu'ils la connaissaient a disparu à jamais.

Pourquoi ce livre?
Acheté en 2012, je n'ai pas eu le courage de le lire avant le fameux passage du 21 décembre 2012. Finalement, le côté superstitieux dont je me moquais ouvertement, a finalement eu raison de moi, puisque je n'ai pu ouvrir ce livre que maintenant. Et avec le temps maussade qui a arrosé Paris toute la journée, je n'en menais pas large...

A la fois perturbée, émue et déstabilisée par cette histoire apocalyptique
L'avantage principal de ce livre reste bien entendu l'action qui s'y déroule, et qui n'attend pas le dessert pour se lancer! Toutefois, à ce moment clé de l'histoire, la première chose qui m'a sauté aux yeux, c'est le fait que ce fameux astéroïde n'impressionne pas autant la population! Et que la communauté affirme que rien ne s'est déroulé comme prévu. Mais qu'était-il prévu d'autre qu'un scénario apocalyptique avec cette rencontre? Qu'en bien même la Lune serait régulièrement attaquée par des astéroïdes, comment se fait-il qu'aucun scientifique n'ait prévu le gabarit de l'Armageddon en question?!

Ayant à la maison un homme qui vit la tête dans les étoiles, je lui ai posé un bon millier de questions sur ce phénomène atypique, qui pourrait expliquer le rapprochement de la Lune après un impact important. Alors, si Monsieur reste dubitatif d'un tel résultat, il n'en demeure pas moins d'accord avec toutes les réactions en chaîne qui se dérouleraient à l'échelle terrestre, mais avec des conséquences peut-être plus extrémistes encore.

Donc mis à part ces quelques détails liés aux aléas climatiques et terrestres, il n'en demeure pas moins que cette histoire m'a bouleversé. Le destin de la famille de Miranda m'a ému plus d'une fois, allant même jusqu'à m'inquiéter sur le sort du chat! Et c'est donc en une seule journée que j'ai dévoré ce livre, restant aux côtés de Miranda et de ses proches pour connaître leur destin, si on peut le qualifier ainsi.

Miranda est une adolescence lambda, avec ses préoccupations propres et ses problèmes personnels, que l'on catapulte dans un monde cauchemardesque, dans lequel elle va devoir grandir en quelques jours. Dans ces conditions, il n'est pas toujours facile pour l'adolescente de réfléchir en adulte, ce que tout le monde lui demande. Alors, les prises de bec avec sa mère sont récurrentes, et peuvent parfois agacer. Néanmoins, à être sous pression comme n'importe qui le serait dans cette situation, l'approche appréhendée par l'auteure, reste pour moi crédible. Cette façon de modeler son personnage principal est encore plus légitime, qu'on la voit gagner en maturité au fil de l'histoire, et se renforcer face à l'adversité. 

Une fois la catastrophe passée et l'enchaînement des catastrophes lancé, nous suivons les aléas de cette famille confrontée à la pire des situations jamais imaginée, prête à tout pour survivre au moins au lendemain. Si le courage et la volonté de vivre les fait tenir les premiers mois, très vite la lassitude prend petit à petit le pas sur la motivation. Sans compter sur le fait que la nature n'est pas décidée à leur simplifier l'existence. 

L'histoire est racontée du point de vue de Miranda, à travers son journal intime, tel un témoignage personnel, mais l'auteure n'oublie pas d'inclure des personnages secondaires pour alimenter son récit. L'écriture du journal peut correspondre à certains moments à une énumération de faits et gestes, mais cela reste cohérent par rapport au genre adopté. 

Pour le mot de la fin, je rajouterai que si j'ai bien aimé m'immerger aux côtés de cette famille dans ce scénario apocalyptique qui m'a fait frémir, j'avoue ne pas être toute de suite prête à enchaîner avec le tome 2.

Publié aux Editions Pocket Jeunesse, le 3 mars 2011, 391 pages, 17,50€