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mardi 11 juin 2013

L'ultime secret du Christ, José Rodrigues Dos Santos

Synopsis :
La célèbre paléographe Patricia Escalona est égorgée en pleine nuit dans la Bibliothèque vaticane, alors qu’elle y étudiait l’un des plus anciens manuscrits détenus par l’Église : le Codex Vaticanus. Près de son corps, le tueur a laissé un message codé. Tomás Noronha, travaillant sur la restauration des ruines du Forum de Rome, est appelé sur le lieu du crime par la police judiciaire italienne : il a été le dernier contact de la victime. L’historien émérite, expert en cryptologie, réussit à décoder le message du tueur et se laisse embarquer dans une enquête qui va très vite se compliquer. Un nouveau meurtre aux allures rituelles a lieu en Irlande, un autre en Bulgarie, deux nouveaux messages codés et toujours ces allusions aux Saintes Écritures. D’une victime à l’autre, d’un code à l’autre, Noronha est entraîné dans une analyse des textes bibliques particulièrement troublante. Une quête de la vérité qui va le conduire en Israël, sur les traces de la plus grande figure de l’humanité : celles de Jésus-Christ. Au fil d’une enquête haletante, José Rodrigues dos Santos propose d’aborder la vie du Christ sous un angle historique, quasi scientifique. Qui était vraiment celui qui a bouleversé le cours de l’Histoire ? Quels sont les faits que l’on peut considérer comme réellement avérés dans la Bible ? Et quels sont ceux travestis par le temps et les hommes ? Réalité historique et intrigue policière se mêlent avec grande intelligence pour faire de L’Ultime Secret du Christ un thriller qui va bouleverser les certitudes de chacun.
Source : Fnac.com
"Aucune vérité ne pouvait être indiscutable. Les gens qui croyaient sans garanties, pensait-il, n'étaient que des simples d'esprits crédules et superstitieux. La croyance n'était valable que si elle reposait sur le savoir.
Cependant, Tomàs était conscient qu'il existait des situations où la croyance sans certitude était inévitable. En matière d'amitié, par exemple. Pour être l'ami de quelqu'un il faut croire en lui, croire qu'il est digne de notre confiance. Naturellement, cette foi se révèle parfois infondée. Il suffisait de prendre le cas de Valentina. N'était-ce pas là une preuve définitive que la croyance sans connaissance était dangereuse ?"
Tomàs Noronha

Pourquoi ce livre ? 
Il y a peu, nous avons été contacté par Agnès Chalnot Communication qui nous proposait un partenariat pour le nouveau roman de José Rodrigues Dos Santos, qui se trouve être la suite des aventures de Tomàs Noronha que j'ai eu le plaisir de suivre dans "La Formule de Dieu". Ayant déjà salivé sur le synopsis lorsque je l'avais en main j'ai accepté bien volontiers leur offre.

Descente en enfer... 
"Un récit magnifique retraçant de manière historique l'évolution du Christianisme et de la vie de Jésus à travers une enquête policière pimentée."

Dès le départ, l'auteur nous met dans le bain. Nous plongeant dans la bibliothèque vaticane où un meurtre va être perpétré. Pas banal dans cet endroit. L'assassin laissera pour seule trace une feuille avec une énigme. Comme pour "La Formule de Dieu" nous sommes dans la tête de Tomàs Noronha, historien de renommée internationale, qui va nous emmener dans une histoire à travers le temps et l'espace. Effectivement, les énigmes laissées par le tueur renvoient directement à des passages de la Bible qui seraient falsifiés ou frauduleux.

A travers les mains de cet historien, l'auteur nous offre une somme de connaissances insondables, à l'instar de la physique dans "La Formule de Dieu" ici nous revisitons le mythe de Jésus-Christ à travers une analyse scientifique et historique.

Attention toutefois, je ne cherche ici nullement à jeter la pierre à qui que ce soit, je ne cherche pas non plus à blasphémer, ni injurier les croyants, ni attaquer l'Église pour les choix qu'elle a fait, je respecte la religion et la foi des autres.

Je pense que ce livre ne fera pas l'unanimité, l'auteur nous emmène à travers le Nouveau Testament et des recherches scientifiques afin de comprendre la véritable histoire de Jésus-Christ et les fondements du Christianisme. Par une analyse concrète entre les différents Évangiles, la comparaison des versets, la cryptographie et l'analyse de l'écriture, l'auteur nous révèle toutes les études démentant les dires de la Bible.

Le roman est comme toujours très bien écrit, l'auteur sait manier les mots pour nous emporter dans son univers et nous faire comprendre son point de vue. L'écriture y est fluide et plaisante.
Le point négatif sur lequel je mettrai l'accent est le fait de l'insistance à nous montrer tout ce qui ne va pas. A tel point qu'on en oublie l'histoire première, nous noyant dans ce flux d'informations. L'enquête en elle-même ne dure qu'une semaine, mais les jours nous apparaissent à rallonge avec le flux de données que l'auteur veut nous faire passer.

Pour conclure, j'ai vraiment aimé ce roman passionnant, même si j'avais deviné la fin qui ressemble à une BD du nom de INRI Le Triangle Secret. Les fans de Robert Langdom se plairont dans ce livre et ne seront pas en reste tout comme avec Dan Brown. Je conseille ce livre en précisant que chacun est libre d'en penser ce qu'il en veut.

Publié aux Éditions HC, le 3 Mai 2013, 486 pages, 22€




mardi 22 janvier 2013

Rouge crime, de Mary Hoffman













"_ Je n'en parlerai à personne, promit Silvano. Mais la meilleure chose à faire ne serait-elle pas de découvrir l'identité du meurtrier?"






Présentation de l'éditeur, Je vais ordonner qu'on fasse sonner la cloche de la chapelle, dit l'abbé. Cela suffira pour annoncer la mort du marchand Ubaldo et donner l'alarme. L'assassin est peut-être encore au monastère. Tout en disant cela, l'abbé se souvint qu'il offrait l'asile à un homme accusé de meurtre. De meurtre par un coup de poignard, exactement la façon dont le marchand avait été tué.
Dans le silence, la mort s'installe. 
Elle a la couleur du crime.


Pourquoi ce livre?
Comme l'indique le logo en haut à droite, ma lecture s'inscrit dans le cadre de notre rendez-vous "Sors-le de ta PAL", dont la thématique donnée était : 


Sors le livre le plus ancien de ta PAL! 

Dorénavant, c'est chose faite puisqu'il s'agit du livre qui a inauguré ma pile en quelque sorte. Acheté il y a quelques années je n'ai jamais trouvé l'opportunité de le sortir alors qu'à l'époque il me faisait très envie. En effet, alors en plein Master d'Histoire cette enquête menée dans l'Italie du XIVè siècle parmi les disciples de Saint-François, ne pouvait que me ravir... Et pourtant il aura fallu attendre 4 ans pour m'intéresser de nouveau à ce récit. 

In poche parole brevi!
Une histoire qui conviendra davantage à un jeune public, un tantinet curieux, féru d'Histoire et appréciant les enquêtes. Sans oublier la gente féminine qui pourra y trouver son content côté Storia romantica ! 


Per la storia...
L'habit ne fait pas le moine, dit le proverbe. Proverbe d'autant plus pertinent dans cette histoire qui mêle à la fois meurtre, ruse, convoitise et abnégation de soi! Et qui en outre, n'en reste pas moins sous le coup de la morale, où chaque personnage est amené à revoir sa façon de penser.

Poussé à fuir sa ville pour un crime qu'il n'a pas commis, notre jeune héros Sylvano, trouve asile au sein d'un monastère de Franciscains, cohabitant avec un couvent de soeurs, et dont la principale occupation est la création de pigments pour les artistes locaux. Se pensant en sécurité sous la protection de Dieu, et alors qu'il tente de se fondre dans la masse des moines, voilà qu'un assassinat est commis dans l'enceinte même du monastère selon le même modus operandi du meurtre pour lequel on l'accuse. Difficile de plaider son innocence quand toutes les preuves semblent vous incriminer... 

Tour à tour, les différents protagonistes se révèlent et certains deviennent de véritables suspects alors que l'enquête s'enlise. 

En dehors de l'histoire qui tourne à la partie de Cluedo, Mary Hoffmann brosse à travers ces pages, un tableau assez réaliste de la vie italienne au Moyen-âge, nous offrant un aperçu tantôt sur l'organisation d'un monastère/couvent, tantôt sur la condition des femmes dans le jeu des alliances ou encore sur la place de l'Art au service de la Religion. Certes bien que l'auteure ait pris quelques libertés pour servir son histoire et celles de ses personnages, il n'en reste pas moins que j'ai eu entre les mains un livre intéressant qui pourrait amener nos chères têtes blondes à porter un regard curieux sur cette période de l'Histoire souvent stéréotypée. 

Au-delà de l'intrigue qui pourrait sembler simpliste pour certains lecteurs avertis et plus âgés, il faut s'intéresser davantage au décor mis en place et à la quantité d'informations qui fourmillent entre chaque ligne. 

Edité aux Editions Flammarion, le 1er juin 2009, 387 pages, 13€


mardi 15 janvier 2013

A comme Alibi- Tome 1, de Sue Grafton

" On essaie toujours de faire en sorte que les chocs se passent bien dans la vie, mais la vie n'est pas si simple, et, au bout du compte, on se retrouve toujours seule avec soi-même."

Présentation de l'éditeur, Je m'appelle Kinsey Millhone. Trente-deux ans, deux fois divorcée, et appréciant la solitude. Je suis détective privé à Santa Teresa en Californie. Certains prétendent que ce n'est pas un métier pour une femme. Les préjugés ont la vie dure. Mais en général les clients sont plutôt contents de mes services. Prenez Niccki Fiffe par exemple. Elle était venue me voir le lendemain de sa sortie de prison, où elle venait de purger huit ans pour le meurtre de son mari. Elle voulait juste que je rouvre le dossier, prouve son innocence et trouve le véritable assassin. Rien de plus simple pour une vraie pro.

Pourquoi ce livre? 
Grâce à l'intervention d'une collègue de boulot qui à force de discussions littéraires, et échanges de points de vue, m'a proposé une de ses lectures préférées : A comme alibi, m'expliquant que l'auteure a pour habitude de nommer ses oeuvres en fonction des lettres de l'alphabet! Il semblerait que nous en soyons à la lettre T pour le dernier livre paru. Bref, après m'avoir remis entre les mains le premier tome des aventures de Kinsey Millhone voici mon avis... 

Juste quelques mots...
Une amorce originale avec une héroïne somme toute entêtée,
dans un ensemble assez convenu et sans réelle surprise pour celui ou celle qui saura où regarder pour dénicher les indices. 

Tout était écrit il suffisait de lire entre les lignes!
Retrouver le véritable meurtrier quand on pense avoir inculpé le coupable huit ans auparavant était une entrée en matière alléchante. Je me suis d'ailleurs fortement questionnée sur le besoin que Niccki ressentait à se voir innocenter, alors qu'elle n'avait rien tenté durant son incarcération... Une démarche tardive qui semble, au premier abord, curieuse. Cela ne pouvait que me plaire !

Puis, une fois que l'on comprend les tenants et les aboutissants de l'enquête, et que tous les personnages liés, de près comme de loin à la tragédie, sont enfin dévoilés, les premiers soupçons apparaissent, en même temps que j’échafaudais mes théories sur le pseudo tueur.

Cependant, force m'a été de constater, qu'à l'instar de ces interrogateurs, Kinsey rester silencieuse sur ses ressentis, alors que je comprenais les perches qu'elle tendait.  L'habitude de m'immerger totalement dans les pensées de l'enquêteur est un élément que j'affectionne toujours dans chacun des policiers ou thrillers que je lis, et qui m'a manqué dans cette histoire. J'aime comprendre son cheminement, savoir quelle attitude éveille ses doutes, car l'aspect psychologique est essentiel dans ce genre de tête-à-tête. Mais, bien que le récit soit livré à la première personne, l'auteure ne juge pas nécessaire de nous livrer chacune des impressions de son personnage. J'aurais préféré en savoir davantage sur ses présomptions que de connaître sa liste de course, ou son vin blanc préféré.

Toutefois, le livre ne comportant qu'à peine 200 pages, il était logique d'aller le plus vite au fait, soit le coupable du meurtre de Laurence Fiffe. Si je n'ai perçu l'alibi qu'au moment des révélations de Kinsey, j'ai tout de suite compris qui l'avait tué, ou du moins qui aurait pu souhaiter sa mort. Et quand l'histoire prend un tournant inattendu, une fois encore tout est très évident. L'auteure utilise une structure que j'ai l'occasion de croiser plusieurs fois ! Premièrement, le coupable est toujours celui auquel le héros se lie le plus facilement. Deuxièmement, il est aussi le plus proche de l'enquête. Et troisièmement, il y a toujours un suspect idéal et pour lequel le héros prend le temps de démontrer point par point son innocence, mais pour le coup on sait tout de suite à qui revient ce rôle. 

Je ne suis peut-être pas tombée des nues sur l'identité du meurtrier, mais les révélations finales ont su me contenter même si j'ai été étonnée de la brutalité de la fin. Un coup de feu est c'est terminé, fin de l'histoire! Au moins, on ne perd pas de temps pour poser le point final, et c'est pertinent puisque le saga se poursuit avec la lettre B comme Brûlée. 

Publié aux Editions Pocket (Policier), le 8 février 1999, 221 pages
2e éditions du 6 juin 2002, 223 pages, 5,20€


jeudi 20 septembre 2012

La Formule de Dieu, José Rodrigues Dos Santos

Synopsis :

Printemps 1951, deux espions de la CIA épient une rencontre de la plus haute importance entre David Ben Gourion, « premier » Premier Ministre de l'État d'Israël, et Albert Einstein. L'objet de leur discussion : l'obtention de l'arme nucléaire par le jeune état juif et l'existence de Dieu.
Cinquante ans plus tard, Tomas Noronha, expert en cryptologie, est appelé au Caire par une mystérieuse jeune femme. Sa mission : déchiffrer un cryptogramme caché dans un document détenu par le gouvernement de Téhéran. Un manuscrit écrit de la main d'Albert Einstein dont le contenu pourrait bousculer l'ordre mondial.
Tomas Noronha devient alors un agent double censé collaborer avec les Iraniens pour informer l'Occident. Mais au cours de son enquête, il découvre que le fameux manuscrit contient beaucoup plus de choses que ne l'espéraient ses différents commanditaires. Il serait tout simplement la preuve scientifique de l'existence de Dieu. 

Source : Fnac.com


"Parfois je pense que la vie n'a aucune valeur, que c'est une chose insignifiante. Je vais mourir et l'humanité ne sentira pas la différence. L'humanité va mourir et l'univers ne sentira pas la différence. L’univers va mourir et l'éternité ne sentira pas la différence. Nous ne sommes que des ombres, de vaines poussières se perdant dans le temps."
Manuel Noronha.


Pourquoi ce livre ? 

Eh bien, tout simplement pour le simple fait, Einstein ! Eh oui, étant scientifique et physicien je suis un grand admirateur de ce génie et donc, j'ai voulu voir comment l'auteur allait manier son intrigue autour de la découverte fortuite de ce cerveau. Le nom du livre était intriguant, j'ai voulu comprendre ce qu'il en était, du moins, de la manière dont Dieu était interprété.

Formulation des équations et discussion !

Pas à dire, j'adore ! La métaphysique s'allie à une enquête palpitante sur la découverte de l'équation concernant la plus grosse explosion jamais trouvée. Explosion rhétorique ou métaphorique ? Tout réside dans cette question

Nous suivons les pérégrinations de Tomás Noronha, un portugais cryptologue qui est amené à travailler pour l'Iran. Une fois sur place on lui apprend que s'il veut repartir du pays il faut qu'il traduise deux lignes d'un manuscrit écrit de la main d'Einstein.


L'intrigue tourne autour du projet Iranien de la bombe nucléaire. Le gouvernement croit que le manuscrit renferme toutes les informations pour créer facilement avec peu de matériel une bombe atomique, les iraniens cherchent à comprendre ce texte pour pouvoir se munir de cette arme et ainsi dissuader les autres pays de les attaquer. A travers les yeux de Tomás et d'Ariana, cette belle et mystérieuse scientifique, l'auteur nous fait traverser bien des difficultés et des souffrances pour arriver à un aboutissement remarquable.



L'auteur nous emmène sur plusieurs pistes, la bombe atomique, une trouvaille phénoménale d'Einstein, les théories de la relativité, les préceptes des divers religions. L'histoire nous fait voyager dans divers pays avec comme objectif la découverte de la disparition d'un professeur de physique qui était le disciple du célèbre physicien. 


Le livre nous fournit un monceau d'informations sur les recherches actuelles et passées, sur la métaphysique et les interprétations que nous pouvons en tirer tout en se rapprochant de la religion qui pour lui révèlerait des secrets bien cachés de l'univers. A partir de ce principe, nous accédons aux détails les plus infimes de certaines parties des religions pouvant corroborer des découvertes récentes dans la science. 

Bien sur, le libre arbitre s'insinue dans ces lignes et nous amène à nous questionner nous-même sur ce que nous croyons et voulons croire, sur ce que nous sommes prêt à admettre et sur ce que nous pensons connaître. Toutefois, la mise en parallèle de tous les concepts et de toutes les théories ainsi que des divers branches des mathématiques et de la physique met un point particulier sur plusieurs coïncidences en nous laissant le soin de les interpréter. 

Comme le dit l'auteur, l'univers aurait-il été constitué dans l'unique but d'amener à la vie ? La question est légitime et trouvera sa réponse dans chaque être se donnant la peine de vouloir un tant soit peu comprendre et réfléchir. Il ne s'agit pas là de l'unicité des théories ou de l'unicité des religions mais bien du point commun où tout aurait commencé ainsi que la mise en évidence de notre existence et de ce que nous pourrions faire. 

A la fin de ce livre, je me suis dit que ça amenait bien la théorie de Lee Smolin qui parle d'un univers à rebond dans sa théorie de la gravitation quantique "The loop quantum gravity". Il y évoque le fait que l'univers serait la suite d'une infinité d'univers qui auraient subi un big bang et big crunch. A chacun sa manière de croire mais il semble que tout amène à ça...

Le point négatif reste la redondance des informations, au fil des discussions l'auteur nous relate des principes de divers théories ou religions et nous le ressasse un bon nombre de fois ce qui peut être blasant au final car nous les avons déjà lu... Quelques petites fautes ou mots supplémentaires viennent de temps en temps gâcher la fluidité du récit mais il n'en reste pas moins que ce roman est un très joli coup de cœur que je suis heureux de partager avec vous. 

Dieu aurait-il pu créer le monde autrement ? 
Albert Einstein. 

 Paru à Hc Éditions, 2012, 600pages, 22,00€

jeudi 29 mars 2012

Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain détective privé - Tome 2: Avant le déluge, de Raphaël Albert


" Une colère noire montait en moi. La mort, l'odeur de poudre, l'absurde violence des derniers jours me mettaient dans un état second "

Après avoir déjoué la Conjuration des Eléments, nos célèbres héros, Sylvo et Pixel, jouissent d'une nouvelle popularité et d'un nouveau train de vie. Fini l'époque des crédits chez Grüdi, l'argent coule à flot désormais. D'ailleurs, profitant de leur succès, c'est à la tête d'une fine équipe de détectives que nous retrouvons nos deux comparses qui croulent sous les enquêtes à résoudre, dont une qui va irrémédiablement changer le cours de leur vie : la disparition de Londres !

Avec les premières pages de ce deuxième opus, j'ai retrouvé le même univers décallé de "Rue Farfadet", que j'avais tout particulièrement aimé. Cette ville caricaturée, Panam dans les années 1880 avec sa population multi-ethnique et son histoire des plus originale. Toutefois, bien que l'univers reste inchangé, l'ambiance, quant à elle, évolue !

Ce deuxième opus possède trois tons, trois rythmes, du moins c'est le ressenti que j'ai eu au moment de ma lecture.

Le début reste léger à l'image de ce que nous avons pu lire dans le premier livre, avec nos deux héros marginaux devenus riches et célèbres, à la tête d'une agence avec ses propres locaux ! D'ailleurs, l'auteur en profite pour nous faire découvrir de nouveaux personnages, mais aussi des anciens comme Zerbi, Broons, Londres... Le décor se plante et l'intrigue commence dès la disparition subite de Londres, ancien partenaire de notre duo de choc dans le premier tome. Rappelez-vous ce journaliste bordélique qui rêvait du scoop de l'année et qui a participé à l'affaire des Elémentaux.

Avec la disparition de Londres, les évènements se précipitent et l'énigme se disperse, mêlant l'entreprise Porf, l'Académie, le duc Armest, des meurtres sanglants à l'image de Jack L'éventreur. Tous les ingrédients sont présents pour nous livrer un polar digne d'intérêt avec courses poursuites, monstres, fantômes, machination, drogues et sexe.

Mais déjà la fin se profile à l'horizon, annonciatrice d'un nouveau tournant, qui nous fait tomber au coeur des ténèbres en même temps que sombrent les personnages. Tout ce que l'on prenait pour acquis disparaît, ceux que l'on pensait avoir cerné aux fils des pages révèlent leur vrai visage, nous laissant un peu déconcerté... Mais n'étais-ce pas là le but de l'auteur ?! 

Contrairement au premier tome qui pouvait plus ou moins se valoir à lui seul, ici ce n'est pas le cas, et je suis dans l'attente de savoir ce que réserve la suite des évènements...


En résumé, des personnages que l'on ne cesse de découvrir, notamment leur passé pour certains, une histoire qui se corse et s'intensifie, et une fin inattendue !


Paru aux Editions Mnémos en mars 2011, 290 pages, 19€


Avez-vous lu le tome 1 ? Pour découvrir ma chronique cliquez ici



lundi 19 mars 2012

Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain - Tome 1: Rue farfadet, de Raphaël Albert


" Fol que j'étais ! Je croyais mes souvenirs annihilés par les années, par l'alcool, ils revenaient m'assaillir avec une vigueur inaltérée. "

Oubliez Paris, son histoire, ses habitants et ce jusqu'au nom de ses rues. En échange venez découvrir Panam dans les années 1880, son peuple humanoïde et féérique qui tente de cohabiter, son gouvernement pour le moins inattendu, car ici la réalité transcende le réel.
Le monde fantastique se mêle et s'emmêle derrière chaque évènement.

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce premier opus... Toutefois, avant d'aller plus loin en explications, je tiens à préciser qu'il s'agit d'une lecture que je n'aurais sans doute jamais lu sans les conseils de mon vendeur lillois préféré : Jean-Pâris, alors merci à toi de partager tes coups de coeur. 

L'univers de ce livre est un mélange de plusieurs styles ! Tout d'abord policier, puisque notre héros exerce le métier de détective privé, dont il partage les fonctions avec un pillywiggin, une sorte de fée clochette au masculin, rejoignant ainsi le genre de la fantasy avant d'y mêler l'univers du steampunk et de l'uchronie. 
Vous vous demanderez sans doute si on parvient encore à s'y retrouver après tout ça ? 
Et bien oui ! L'histoire, bien qu'inhabituelle, reste limpide et l'auteur garde son lecteur bien cramponné à sa plume sans jamais le perdre. 
Et puis je me suis amusée à chaque fois en lisant le nom des rues, des monuments que l'auteur a pris un malin plaisir à rebaptiser. Ainsi la Seine fait place à la Veine, le quartier de Pigalle s'appelle Mygale, Les Champs de la Victoire ont détrônés les Champs-Elysées et (mon coup de coeur) la Tour des Fées, je vous laisse deviner à quel bâtiment l'auteur fait allusion.
Et il en est de même pour les jours, les mois, les heures ! L'auteur a tout changé en laissant une certaine résonance familière sous chaque mot. 

Toutefois comme je le dis souvent, une histoire n'est rien sans ses personnages ! Là encore, aucunement déçue ! Notre héros qui n'est autre qu'un elfe revêt le costume du marginal, le héros mis au banc de la société à cause de sa nature, mais qui possède certains atouts comme son charme qui semble plaire aux dames (quoique la description de l'auteur me laisse perplexe quant à son physique ravageur...) mais aussi son histoire (dont j'espère en savoir plus dans le deuxième volet) et enfin la finesse de ses déductions (entre deux états sobres). Ce personnage haut en couleurs est accompagné par ce que l'on pourrait définir comme l'anti-thèse de notre fée clochette élégante et raffinée, un pillywiggin répondant au nom de Pixel (mon préféré je le reconnais) qui a pour lit une boîte à chaussure et qui parle comme un charretier ! A cela il ne manque plus que notre petite touche féminine mais je m'arrête là sans ça je risque de vous raconter tout le livre ! 

Vous l'aurez compris j'ai dévoré ce livre en si peu de temps qu'il ne m'en faut pour l'écrire (bon j'exagère un peu...) et je l'ai adoré du début jusqu'à son dénouement, car ce qui est positif c'est que l'intrigue du début trouve son dénouement à la fin (évidence de plus en plus rare aujourd'hui avec la mode des sagas) ! Certes on a qu'une envie c'est d'en savoir plus sur notre duo de choc, et plus précisément ce qu'ils étaient avant de se rencontrer, avant de s'installer à Panam. L'auteur nous laisse apercevoir quelques éléments mais sans rien dévoiler davantage. 

Je me permets aussi de rajouter un mot sur le visuel du livre (cf. l'image de la couverture en haut) que l'on doit à Aurélien Police et qui a fait un très bon boulot ! Et j'espère que la charte graphique ne sera pas modifiée en cour de route car vraiment c'est une merveille. Mais je serai vraiment intéressée de voir de plus près la tête de notre héros, surtout cet aspect qui attire ma curiosité, celui d'un visage avec une bouche sans lèvres... 
Je mets le lien de son blog pour les curieux. 

Publié aux Editions Mnémos, le 7 octobre 2010, 236 pages, 18,10€





Pour découvrir ma chronique sur le tome 2, Avant le déluge !