Affichage des articles dont le libellé est Historique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Historique. Afficher tous les articles

mercredi 5 août 2015

Outlander, Le chardon et le tartan - Tome 2: Le Talisman, de Diana Gabladon

— Docteur Randall! Claire? répétait-il. Que se passe-t-il? Vous connaissez l'homme qui est enterré ici?
Il ne prit conscience de l'absurdité de ses paroles qu'en s'entendant les prononcer. "Personne n'a été enterré ici depuis deux cents ans', avait-il déclaré lui-même à Brianna un peu plus tôt. 
Claire écarta la main de Roger et caressa la pierre, suivant doucement du bout des doigts le contour érodé des lettres. Bien que très anciennes, l'épitaphe était toujours lisible:
— James Alexander Malcom MacKenzie Fraser, lut-elle à voix haute. Oui, je le connais. 
Elle écarta les herbes folles à la base de la tombe et lut la suite:
—... tendre époux de Claire. Oui je l'ai bien connu, reprit-elle d'une voix si faible que Roger l'entendait à peine. Claire... c'est moi. C'était mon mari...

[!] Peut contenir des éléments SPOILANTS [!]
Là, elle révèle à Brianna l'incroyable secret qu'elle n'a jamais dévoilé depuis qu'elle fut retrouvée inanimée auprès d'un menhir, dans un ancien site mégalithique, après trois années d'une absence inexpliquée. Ce second volet des aventures de Claire Beauchamp à travers l'Histoire entraîne le lecteur dans le Paris du siècle des Lumières. Après avoir fui l'Écosse où ils sont devenus hors-la-loi, Claire et Jamie, le jeune Highlander qu'elle a épousé, gagnent la capitale française à la rencontre de Charles-Edouard Stuart, le prétendant au trône d'Écosse et d'Angleterre, venu solliciter l'appui de son cousin Louis XV. Leur objectif : décourager ses tentatives d'accession au trône qui, Claire le sait, marqueraient à coup sûr le début d'une répression sanglante dans les Highlands. Le couple se lance alors dans une course effrénée pour modifier le cours de l'Histoire. Pour cela, il devra affronter un monde sans pitié où il ne pourra compter que sur lui-même et la force de son amour avant de découvrir, à ses dépens, qu'on ne joue pas impunément avec la destinée humaine.

Ah ! Quel plaisir de replonger dans une bonne histoire!

Un plaisir motivé par une fin éprouvante, à la fois pour les personnages comme pour la lectrice d'ailleurs! 

Rappelez-vous, Claire et Jamie étaient dans une telle tourmente que je me suis demandée comment l'auteure allait les tirer de cette sombre destinée tout en m'inquiétant un peu de la suite. 

En plus de m'avoir quelque peu ébranlé, cette fin a eu comme effet de m'empêcher de sauter sur la suite afin de "digérer" dans un premier temps le choc. Et puis, chemin faisant, j'ai été lire la quatrième de couverture du tome 2, et là, j'ai bondi partout dans la librairie criant "Scandale" à tue-tête scandé avec des "Au Spoil! Au Spoil! A moi!"

J'exagère comme toujours, mais croyez-moi ma colère n'était pas feinte. En effet, en lisant ce résumé qui m'en apprenait beaucoup trop sur la tournure des évènements, j'étais dépitée et persuadée que les 300 premières pages n'auraient plus aucune surprise. Que nenni! En réalité, l'auteure nous plonge directement en 1968, loin des Highlands et par conséquent sans Jamie... Comment? Pourquoi? 

Pas d'inquiétude, l'histoire revient sur la fin du tome 1, et nous retrouvons notre couple phare à la bonne époque mais dans un autre pays, avec l'idée de changer le cours du destin... 


Tout comme le premier tome, j'ai eu un énorme coup de cœur pour cette suite qui ne s'essouffle pas, même au bout de ses 950 pages. L'histoire garde un rythme qui nous fait tourner les pages jusqu'au bout de la nuit avec une veilleuse pourrie qui nous oblige à la diriger sur chaque ligne! 

Le couple Claire & Jamie est toujours aussi soudé, malgré les épreuves qu'ils vont traverser. Et c'est depuis le XXe siècle que Claire dévoile sa vie secrète, sa vie parallèle dans le XVIIIe à un auditoire abasourdi et pas toujours coopératif. 

Vraiment, cette saga est une magnifique découverte! Mon chéri m'a d'ailleurs acheté les tomes 3 et 4 que je réserve à un moment propice, soit quand Little W sera un peu plus autonome (enfin... je me comprends). 

Le tome 3 nous réserve, je pense, je l'espère, de bonnes surprises car la fin a soulevé pleins de questions et d'inquiétudes quant à Jamie! Ainsi que quelques interrogations d'ordre logistique dans son histoire... 

Publié aux Editions Presses de la cité en 1996 pour la première édition. 
Publié aux Editions J'ai Lu, le 3 septembre 2014, 947 pages, 16€ pour la dernière parution.

 


 Pour lire ma chronique sur le tome 1






lundi 1 juin 2015

Outlander - Tome 1: Le chardon et le tartan, de Diana Gabaldon



Chaque jour, des milliers de gens disparaissent. N'importe quel policier vous le confirmera. Mieux encore, interrogez un journaliste. Les avis de recherche sont le pain quotidien de la presse.

Des adolescents fuguent. De jeunes enfants se perdent ou sont kidnappés. Des femmes au foyer au bord de la crise de nerfs prennent l'argent du ménage et sautent dans un taxi qui les emmène à la gare la plus proche. Des financiers internationaux changent de nom et se volatilisent dans la fumée de leur havane.

La plupart réapparaissent tôt ou tard, morts ou vifs. Au bout du compte, toutes les disparitions finissent par s'expliquer.

Enfin... presque toutes.


Au cours d'une promenade sur la lande, elle est attirée par des cérémonies étranges qui se déroulent près d'un menhir. Elle s'en approche et c'est alors que l'incroyable survient : la jeune femme est précipitée deux cents ans en arrière, dans un monde en plein bouleversement ! 1743. L'Ecosse traverse une période troublée. Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l'occupant anglais et préparent la venue de Bonnie Prince Charlie, le prétendant au trône. Plongée dans un monde de violences et d'intrigues politiques qui la dépassent, Claire ne devra compter que sur elle-même pour surmonter les multiples épreuves qui jalonnent ce formidable voyage dans le temps. Elle connaîtra l'aventure et les périls, l'amour et la passion. Jusqu'au moment crucial où il lui faudra choisir entre ce monde palpitant qu'elle aura découvert et le bonheur qu'elle a connu et qui, désormais, lui paraît si lointain...


Une histoire épatante mêlant fiction, récit d'aventure, roman historique et romance, le tout avec un rythme soutenu qui ne nous laisse aucun moment de répit! 

Franchement, est-il encore nécessaire de présenter ce livre... Oui? 

Alors petit récap' pour celles et ceux qui seraient passées(s) à côté de la saga incontournable OUTLANDER! 

La première fois que j'ai entendu parler de cette série c'était sur une vidéo de Candyshy au moment d'une énième réédition des livres, puis ce fut autour de Francesca de faire l'apologie de la série adaptée des bouquins, et j'ai fini par me laisser convaincre de tester ce gros pavé. 
Et le coup de cœur a été sans équivoque!

Diana Gabaldon a réussi la prouesse, à travers cette histoire, de mêler plusieurs genres sans jamais perdre son lecteur. En effet, elle joue la carte de la fiction avec ce voyage dans le temps, mais aussi celle de l'aventure, de la romance le tout sur fond de roman historique, puisqu'elle plante son décor en plein soulèvement jacobite contre la couronne britannique. 

Chaque chapitre nous plonge un peu plus au cœur d'une histoire palpitante où l'on y retrouve Claire Beauchamps, jeune femme du XXe siècle qui se retrouve, par un phénomène aussi étrange qu'inexpliqué, au XVIIIe siècle à tenter de survivre au sein d'un clan dans les Highlands. D'ailleurs, pour lui éviter des complications périlleuses, elle se retrouve contrainte à se lier avec un jeune highlander aussi intrépide qu'émoustillant, Jamie, et de là commence alors une histoire d'amour tumultueuse.

Toutefois, consciente qu'elle doit avant tout rester saine et sauve dans ce monde qui lui est étranger, elle n'oublie pas sa vie, la vraie, celle qu'elle partageait notamment avec son mari Franck au XXe siècle. 

Passé/présent se mélangent, à tel point que l'on ne sait plus ce que l'on désire pour Claire à la fin du livre, retourner dans son époque ou rester aux côtés de Jamie dans un siècle qui ne l'a pas vu naître. 

A aucun moment je n'ai ressenti une quelconque lassitude, l'auteure est parvenue à me garder attentive et captivée par le récit. On y rencontre beaucoup de personnages et pourtant tout reste parfaitement claire et limpide, tout comme chaque intrigue qui se déroule au cours de l'histoire. 

Quant à la fin elle m'a retournée, chamboulée, mise sans dessus dessous. Franchement, quel retournement de situation et quelle brutalité. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'auteure ne cherche pas à édulcorer son histoire, pour en faire une saga sérieuse et bien ficelée. 

En somme, le premier tome est un énorme coup de cœur sans aucun doute, dont il me tarde de découvrir la suite, surtout après avoir découvert la fin du premier livre. 

1ere publication sous le titre: Le chardon et le tartan, collection Les Presses de la Cité, en 1995
Dernière réédition dans la collection J'ai Lu, le 20 août 2014, 600 pages, 16€






mercredi 11 juin 2014

Belle époque, de Elizabeth Ross


— Cette saison, ma chère Maude, vous serez dans le secret des dieux, si je puis dire... vous pouvez m'être d'une grande aide en devenant mes yeux et mes oreilles. Il n'existe rien de plus inoffensif qu'une fille au physique ingrat. Les gens ne remarqueront même pas votre présence. 
Elle repose la brosse, qui claque furieusement sur sa coiffeuse. 
— A qui Isabelle adresse-t-elle la parole, avec qui danse-t-elle, qui regarde-t-elle? Quels prétendants lui témoignent de l'intérêt, qui cherche à attirer son attention? C'est cela qui m'intéresse, ajoute-t-elle d'un ton presque féroce. Ma fille se referme comme une huître quand je tente de d'aborder le sujet. Vous êtes vive d'esprit, Maude. Je parie que rien ne vous échappe malgré vos yeux de bovins, conclut-elle, appliquant quelques gouttes de parfum au creux de son cou.

« Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée plus attirante. »

Lorsque Maude Pichon s'enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l'exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s'y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle : « On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile. » L'Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le repoussoir. Son slogan ? « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée plus attirante. » Étranglée par la misère, Maude postule...

Excellent! 

J'ai beaucoup aimé découvrir cette histoire qui nous plonge dans le Paris fin XIXe, avec cette suite imaginée de la nouvelle d'Emile Zola, les Repoussoirs. En effet, à partir de cette nouvelle, Elizabeth Ross s'est plu à décrire le quotidien d'une de ses filles employées comme repoussoirs, soit comme faire-valoir pour promouvoir la beauté d'une autre. 

" — C'est un art subtil que celui de repoussoir, poursuit doctement Durandeau. il s'agit en premier lieu de se fondre dans le décor, de se faire passer pour une dame de la bonne société, puis d'inspirer du dégoût aux autres et de mettre en valeur la cliente par ce moyen."

Ainsi nous suivons Maude Pichon, fraichement débarquée de sa Bretagne natale afin d'échapper à un mariage qu'elle ne veut pas et d'une vie qui ne lui convient pas. Comme vous pouvez le constater, notre jeune héroïne ne manque pas de culot quand il s'agit de prendre des décisions. Toutefois, la vie parisienne est loin du rêve qu'elle avait en tête, et son petit salaire de blanchisseuse (joli clin d'œil aux œuvres de Zola au passage), ne parvient pas à la nourrir et à la loger. Heureusement, elle finit par trouver l'annonce du siècle, du moins le pense-t-elle...

ON DEMANDE
Des jeunes femmes 
pour faire un ouvrage facile. 

Bienséance respectée. 

Présentez-vous en personne 
à l'agence Durandeau,
27, avenue de l'Opéra, Paris. 

Une fois encore, Maude déchante rapidement quand elle comprend ce qui se cache réellement derrière cette annonce, et plus encore au moment où elle est retenue grâce à son "visage insignifiant, parfaitement terne, mais en toute discrétion [...] ce nez en trompette; ces taches de rousseur et ce teint fané ; et ce regard éteint - bovin dans l'expression".

Alors que son orgueil s'étiole à mesure que sa bourse s'allège dangereusement, Maude finit par retourner à l'Agence le moral en berne, mais prête à tout pour parvenir à se faire une place dans la société parisienne et c'est à ce moment que l'aventure commence pour elle. 

A côté de toutes les questions que soulève le sujet de la beauté et de ses canons, qui reste très subjectif, l'auteure nous brosse également un portrait relativement juste de Paris où nous suivons en arrière plan la construction de la Tour Eiffel, ainsi que sa société dont les mentalités changent à mesure qu'un nouveau siècle pointe le bout de son nez et que l'on qualifiera plus tard de "Belle époque". 

En somme c'est un peu pour toutes ses raisons que j'ai beaucoup apprécié cette histoire, de par son point de départ avec cette suite imaginée de la nouvelle d'Emile Zola, mais aussi avec l'importance de l'Histoire dans ce livre, mais aussi grâce aux personnages mis en scène ainsi qu'à la relation qui va se nouer progressivement entre Maude et Isabelle, que l'on est loin d'imaginer au départ. 

Publié aux Editions Robert Laffont, dans la Collection R, en novembre 2013, 418 pages, 17,90€ 





dimanche 2 février 2014

Le grand coeur, de Jean-Christophe Rufin

" Il est âge où l'on peut forcer sa nature avec sincérité et se convaincre, jour après jour, que l'on suit un chemin nécessaire alors qu'il vous éloigne de votre volonté profonde et que l'on s'égare. L'essentiel est de garder assez d'énergie pour changer lorsque l'écart devient souffrance et que l'on comprend son erreur. "

















Dans la chaleur d'une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie et tente de démêler l’écheveau de son incroyable destin. Fils d'un modeste pelletier, il est devenu l’homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la Guerre de Cent ans. Il a changé le regard sur l'Orient, accompagnant le passage des Croisades au commerce, de la conquête à l’échange. Comme le palais auquel il a laissé son nom, château médiéval d’un côté et palais renaissance de l’autre, c’est un être à deux faces. Il a voyagé à travers tout le monde connu, aussi à l’aise dans la familiarité du pape que dans les plus humbles maisons. Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l’Histoire de France, disparue à vingt-quatre ans. Au faîte de sa gloire, il a connu la chute, le dénuement, la torture puis, de nouveau, la liberté et la fortune. Cet homme, c’est Jacques Coeur.

J'ai choisi ce titre parmi d'autre, tout simplement car le personnage historique que représente Jacques Cœur a su titiller ma curiosité. En effet, lors de mes études à la fac, bien que l'Histoire médiévale ne comptait pas parmi mes cours préférés, je me souviens encore bien de ce personnage singulier et de sa chute brutale. Certes, ici, Christophe Rufin nous propose une histoire revisitée, avec beaucoup d'interprétations entre chaque évènement marquant de la vie de ce grand Argentier du Roi, extrapolant sans doute, mais qui a su me captiver. 

Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas plongée dans un roman historique, basé sur la vie d'un personnage important. Il me semble que le dernier que j'ai lu était consacré à la vie de Jeanne La folle, infante d'Espagne, mais je reconnais que j'apprécie particulièrement ce style.

Si le début ne m'a pas conquis d'emblée, à cause d'une période de la vie de Jacques Cœur qui ne m'a pas intéressée plus que ça, la suite par contre m'a captivé. Pour être plus précise, l'enfance de l'homme m'a moins passionné que sa relation avec Agnès Sorel ou que son rapprochement à la Cour de France auprès de ce Roi mesquin dont les seuls faits que je retiennent de lui sont sa folie et la chute de Jeanne d'Arc. 

Jean-Christophe Rufin, utilise très peu les dialogues pour faire vivre son histoire, ce qui aurait tendance à nuire à l'interaction entre ses personnages, mais en retour, il nous livre de très bonnes descriptions sur l'ambiance de l'époque :

" Nulle part à Paris, je n'avais vu autant de riches, pauvres. La haute société était tenue de paraître dans cette ville qui s'honorait d'être la capitale. Malgré la saleté et les misères des alentours, on continuait de mener grand train dans les palais que m'avait jadis décrits Eustache. Mais pour avoir la fierté de s'illuminer de flambeaux et de lustres les soirs de fêtes, on se privait de dîner cinq jours par semaine. Les femmes étaient mieux fardées qu'elles n'étaient nourries. La soie et le velours enveloppaient des carcasses affamées. Malgré les appétits que faisait naître en moi cette vie, je renonçais sans effort à nombre de bonnes fortunes. "

L'histoire de cet homme simple devenu plus riche que le Roi, grâce à la mise en place d'un commerce avec les pays du Levant, aura été suffisamment intéressante pour que je vous la recommande, amateurs d'Histoire. 

Et n'oubliez pas :

A cœur vaillant, rien d'impossible

Publié aux Editions Gallimard, Collection Folio, Janvier 2014, 592 pages, 8,40€




jeudi 30 janvier 2014

Les Chroniques Aztèques, Aliette de Bodard — Tome 1 : D'obsidienne et de Sang


" La venue du Vent était annoncée par les ténèbres et le froid, ainsi que par quelques fantômes voletant dans la cour. Assez pour faire fuir n'importe quel homme sain d'esprit.
Je suppose que je n'étais pas sain d'esprit, dans aucun sens du terme."





Au cœur de la majestueuse Tenochtitlan, capitale de l’empire aztèque, Acatl est un grand prêtre des morts respecté. Son rôle est de s’assurer que les défunts reçoivent les bons rituels et que les rites de passage soient observés pour pénétrer dans le monde des esprits. Mais lorsqu’une ambitieuse prêtresse est retrouvée morte, Acatl va devoir trouver le coupable, pendant que les hauts dignitaires préparent la succession de l’empereur mourant. Au fil de son enquête, Acatl découvre un complot bien plus vaste que la simple mort d’une prêtresse, susceptible de menacer l’avenir de l’empire tout entier.

Livraddict.com



















J'ai eu envie de lire ce livre dès que je l'ai vu. La couverture était intéressante et surtout, il était question de la civilisation Aztèques. J'ai toujours été passionné par les Mayas et les Aztèques, donc quand j'ai vu ce livre, je l'ai voulu. Il y a eu quelques difficultés, comme la chute de la maison d'Édition qui a fait que le livre n'était plus disponible, puis le manque de stock chez les libraires, ce qui devient extrêmement galère quand nous cherchons des livres spécifiques et pas forcément connu.

Bref, passons. 

Au départ, je me suis dit "Et encore un livre qui commence sans introduction" mauvais point, j'ai commencé la lecture et là, écriture à la première personne, chose que je n'apprécie pas vraiment. J'ai donc pris sur moi et me suis plongé dans l'histoire. J'ai tellement apprécié que je ne voyais pas les pages défilées, ni le temps bien évidemment. 

L'histoire est tout simplement magnifique, une intrigue bien ficelée qui ne donne pas d'aperçu sur ce qui est entrain de se passer, si bien que le résultat est toujours une surprise. La main est fluide et les détails abondants. J'adore le genre d'histoire où l'auteur a mis énormément de temps dans la recherche, afin de se plonger dans le contexte histoire et mythologique, pour nous retranscrire une histoire fantastique, mais ancrée sur des bases solides. Ainsi, outre le fait que l'histoire est fictive, mélangeant dieux et magie, nous pouvons découvrir et ce, avec un immense plaisir pour moi, les coutumes et la vie de cette époque. 

Le livre n'indiquait pas un numéro de tome ou une possible suite, la fin peut d'ailleurs se suffire à elle-même, si vous préférez les one-shots aux sagas. Pour ma part, je replongerai bien volontiers en compagnie d'Acatl et de son disciple pour découvrir encore, non pas une mais deux suites à cette épopée. 

Ce livre est un énorme coup de cœur, je n'ai rien à redire à l'histoire ou à l'intrigue ni à la manière d'écrire, pour moi ce fut une lecture parfaite, qui m'a permis de découvrir cette civilisation que j'apprécie. Une seule chose à dire, bientôt la suite ! En espérant que le tome 3 se verra également traduit afin que nous puissions finir cette saga !


Paru aux Éditions Éclipses, 27 Mai 2011, 414 pages, 18€
Paru aux Éditions Panini France, Collection Panini Books - Éclipse, Juin 2013, 409 pages, 15€


jeudi 13 juin 2013

Le secret des Médicis, de Theresa Breslin


 - Ne bougez pas ou je vous tue! la menaçai-je d'un ton déterminé.
Elle me regarda droit dans les yeux.
- J'ai un couteau, ajoutai-je.
- Je suis prête à mourir pour le Christ, me répondit-elle calmement.
D'abord interloqué, je me ressaisis.
- Il ne s'agit pas de mourir, mais de faire ce que je vous demande.
- Avez-vous l'intention de me violer?
- Quoi?!
- C'est ce que je crains le plus.
Elle me fixait de ses yeux couleur d'ambre, mouchetés de vert.
- Du moins je le pense. N'ayant pas l'expérience d'une telle chose, je n'ose rien affirmer, même si j'ai entendu raconter que ce pouvait être agréable. Ce serait alors péché, n'est-ce-pas? Est-il mal de trouver agréable ce qui est défendu quand c'est malgré soi? Et ne peut-on tirer parti de cette situation? Après tout, ce ne serait pas de ma faute. Vous tombez du ciel. Que dois-je faire? 


Quatrième de couverture, Matteo s'est longtemps demandé qui il est vraiment. Sans famille, il a toujours vécu un peu à part. Un jour, un gentilhomme le prend sous sa protection. Avec lui, Matteo va tout apprendre, découvrir Florence, entrer à la cour des Médécis, rencontrer la mystérieuse Eléonore. En gardant, toujours accroché à la ceinture, un mystérieux sceau, comme un secret autour de sa naissance.

Pourquoi ce livre?
Cette lecture s'inscrit dans le cadre d'un partenariat entre le forum Livraddict et les Editions Milan, que je remercie grandement pour cette belle découverte!
Le titre, ainsi que la couverture m'ont d'emblée interpellé, tandis que le résumé nous promettait "un roman 100% historique", genre que j'affectionnais beaucoup par le passé. Ainsi, dans une volonté de renouer avec ce genre, j'ai postulé!

Même si l'histoire reste romancée, l'auteure est parvenue à rendre l'histoire de l'Italie à la portée de tous! 

Léonard de Vinci, les Borgia, Laurent le Magnifique, Nicolas Machiavel, Gaston de Foix, tous les plus grands personnages historiques liés aux Guerres d'Italie et à l'unification de ce pays se côtoient dans ce roman pour nous offrir un panorama pertinent sur le contexte à travers les yeux d'un jeune bohémien en fuite. 


Pour moi, cela ne fait aucun doute, j'ai lu le meilleur livre historique dédié au jeune public. Une histoire qui m'a transporté d'un bout à l'autre m'offrant acte de bravoure, anecdotes, récits et légendes, et même une romance en fin de partie. 

Certes, l'auteure a pris certaines libertés avec son personnage principal, Matteo, lui prêtant une histoire à part entière et côtoyant les plus illustres personnes que le monde ait porté. Toutefois, dans les grandes lignes, elle n'a pas fait fausse route en ce qui concerne le sort de l'Italie à cette époque.

Voguant sur l'attrait que représente l'histoire sulfureuse et sensationnelle des Borgia, l'auteure utilise cette famille pour débuter son roman, nous brossant un portrait courant de César et de son père Alexandre. J'ai observé une retenue quant à Lucrèce, bénéficiant aujourd'hui d'une remise en cause sur tout ce qui avait pu être dit à l'époque, utilisée comme un outil précieux entre les mains de son père et Pape peu regardant. 

Outre la chute des Borgia, c'est tout le destin de l'Italie qui nous est détaillée alors que nous suivons les pérégrinations de Matteo, recueillit par Léonard de Vinci, qui va se charger de son éducation en l'initiant à l'art, mais aussi en partageant ses recherches sur l'anatomie, ainsi qu'à l'étude de différents prototypes comme la machine volante. On assiste également à la rencontre avec Mona Lisa, mais également avec Nicolas Machiavel l'espion florentin, et Salai l'illustre apprenti de Leonard de Vinci. 

En somme il s'agit d'une bonne introduction à l'histoire des royaumes italiens (L'Italie n'existant pas encore comme telle) tiraillés entre la volonté du Pape à les soumettre et les rêves successifs entretenus par les Rois de France, en l'occurrence Charles VIII, Louis XII et François Ier.
Ayant longuement étudié le sujet lors de mon cursus universitaire, je n'ai pu qu'apprécier l'initiative de l'auteure d'en faire une histoire intéressante pour captiver nos plus jeunes en manque de repères concernant une époque si lointaine. 

Ainsi, je recommande cette histoire à tous les amateurs du genre, et à tous lecteurs curieux d'en apprendre plus sur l'histoire des royaumes italiens, ainsi qu'à toutes les curieuses bien évidemment et mêmes les plus romantiques qui seront satisfaites avec le personnage sympathique d’Éléonore!

Publié aux Editions Milan, collection Macadam, le 9 avril 2013, 507 pages, 15,20€


Logo Livraddict




mardi 22 janvier 2013

Rouge crime, de Mary Hoffman













"_ Je n'en parlerai à personne, promit Silvano. Mais la meilleure chose à faire ne serait-elle pas de découvrir l'identité du meurtrier?"






Présentation de l'éditeur, Je vais ordonner qu'on fasse sonner la cloche de la chapelle, dit l'abbé. Cela suffira pour annoncer la mort du marchand Ubaldo et donner l'alarme. L'assassin est peut-être encore au monastère. Tout en disant cela, l'abbé se souvint qu'il offrait l'asile à un homme accusé de meurtre. De meurtre par un coup de poignard, exactement la façon dont le marchand avait été tué.
Dans le silence, la mort s'installe. 
Elle a la couleur du crime.


Pourquoi ce livre?
Comme l'indique le logo en haut à droite, ma lecture s'inscrit dans le cadre de notre rendez-vous "Sors-le de ta PAL", dont la thématique donnée était : 


Sors le livre le plus ancien de ta PAL! 

Dorénavant, c'est chose faite puisqu'il s'agit du livre qui a inauguré ma pile en quelque sorte. Acheté il y a quelques années je n'ai jamais trouvé l'opportunité de le sortir alors qu'à l'époque il me faisait très envie. En effet, alors en plein Master d'Histoire cette enquête menée dans l'Italie du XIVè siècle parmi les disciples de Saint-François, ne pouvait que me ravir... Et pourtant il aura fallu attendre 4 ans pour m'intéresser de nouveau à ce récit. 

In poche parole brevi!
Une histoire qui conviendra davantage à un jeune public, un tantinet curieux, féru d'Histoire et appréciant les enquêtes. Sans oublier la gente féminine qui pourra y trouver son content côté Storia romantica ! 


Per la storia...
L'habit ne fait pas le moine, dit le proverbe. Proverbe d'autant plus pertinent dans cette histoire qui mêle à la fois meurtre, ruse, convoitise et abnégation de soi! Et qui en outre, n'en reste pas moins sous le coup de la morale, où chaque personnage est amené à revoir sa façon de penser.

Poussé à fuir sa ville pour un crime qu'il n'a pas commis, notre jeune héros Sylvano, trouve asile au sein d'un monastère de Franciscains, cohabitant avec un couvent de soeurs, et dont la principale occupation est la création de pigments pour les artistes locaux. Se pensant en sécurité sous la protection de Dieu, et alors qu'il tente de se fondre dans la masse des moines, voilà qu'un assassinat est commis dans l'enceinte même du monastère selon le même modus operandi du meurtre pour lequel on l'accuse. Difficile de plaider son innocence quand toutes les preuves semblent vous incriminer... 

Tour à tour, les différents protagonistes se révèlent et certains deviennent de véritables suspects alors que l'enquête s'enlise. 

En dehors de l'histoire qui tourne à la partie de Cluedo, Mary Hoffmann brosse à travers ces pages, un tableau assez réaliste de la vie italienne au Moyen-âge, nous offrant un aperçu tantôt sur l'organisation d'un monastère/couvent, tantôt sur la condition des femmes dans le jeu des alliances ou encore sur la place de l'Art au service de la Religion. Certes bien que l'auteure ait pris quelques libertés pour servir son histoire et celles de ses personnages, il n'en reste pas moins que j'ai eu entre les mains un livre intéressant qui pourrait amener nos chères têtes blondes à porter un regard curieux sur cette période de l'Histoire souvent stéréotypée. 

Au-delà de l'intrigue qui pourrait sembler simpliste pour certains lecteurs avertis et plus âgés, il faut s'intéresser davantage au décor mis en place et à la quantité d'informations qui fourmillent entre chaque ligne. 

Edité aux Editions Flammarion, le 1er juin 2009, 387 pages, 13€


jeudi 20 septembre 2012

La Formule de Dieu, José Rodrigues Dos Santos

Synopsis :

Printemps 1951, deux espions de la CIA épient une rencontre de la plus haute importance entre David Ben Gourion, « premier » Premier Ministre de l'État d'Israël, et Albert Einstein. L'objet de leur discussion : l'obtention de l'arme nucléaire par le jeune état juif et l'existence de Dieu.
Cinquante ans plus tard, Tomas Noronha, expert en cryptologie, est appelé au Caire par une mystérieuse jeune femme. Sa mission : déchiffrer un cryptogramme caché dans un document détenu par le gouvernement de Téhéran. Un manuscrit écrit de la main d'Albert Einstein dont le contenu pourrait bousculer l'ordre mondial.
Tomas Noronha devient alors un agent double censé collaborer avec les Iraniens pour informer l'Occident. Mais au cours de son enquête, il découvre que le fameux manuscrit contient beaucoup plus de choses que ne l'espéraient ses différents commanditaires. Il serait tout simplement la preuve scientifique de l'existence de Dieu. 

Source : Fnac.com


"Parfois je pense que la vie n'a aucune valeur, que c'est une chose insignifiante. Je vais mourir et l'humanité ne sentira pas la différence. L'humanité va mourir et l'univers ne sentira pas la différence. L’univers va mourir et l'éternité ne sentira pas la différence. Nous ne sommes que des ombres, de vaines poussières se perdant dans le temps."
Manuel Noronha.


Pourquoi ce livre ? 

Eh bien, tout simplement pour le simple fait, Einstein ! Eh oui, étant scientifique et physicien je suis un grand admirateur de ce génie et donc, j'ai voulu voir comment l'auteur allait manier son intrigue autour de la découverte fortuite de ce cerveau. Le nom du livre était intriguant, j'ai voulu comprendre ce qu'il en était, du moins, de la manière dont Dieu était interprété.

Formulation des équations et discussion !

Pas à dire, j'adore ! La métaphysique s'allie à une enquête palpitante sur la découverte de l'équation concernant la plus grosse explosion jamais trouvée. Explosion rhétorique ou métaphorique ? Tout réside dans cette question

Nous suivons les pérégrinations de Tomás Noronha, un portugais cryptologue qui est amené à travailler pour l'Iran. Une fois sur place on lui apprend que s'il veut repartir du pays il faut qu'il traduise deux lignes d'un manuscrit écrit de la main d'Einstein.


L'intrigue tourne autour du projet Iranien de la bombe nucléaire. Le gouvernement croit que le manuscrit renferme toutes les informations pour créer facilement avec peu de matériel une bombe atomique, les iraniens cherchent à comprendre ce texte pour pouvoir se munir de cette arme et ainsi dissuader les autres pays de les attaquer. A travers les yeux de Tomás et d'Ariana, cette belle et mystérieuse scientifique, l'auteur nous fait traverser bien des difficultés et des souffrances pour arriver à un aboutissement remarquable.



L'auteur nous emmène sur plusieurs pistes, la bombe atomique, une trouvaille phénoménale d'Einstein, les théories de la relativité, les préceptes des divers religions. L'histoire nous fait voyager dans divers pays avec comme objectif la découverte de la disparition d'un professeur de physique qui était le disciple du célèbre physicien. 


Le livre nous fournit un monceau d'informations sur les recherches actuelles et passées, sur la métaphysique et les interprétations que nous pouvons en tirer tout en se rapprochant de la religion qui pour lui révèlerait des secrets bien cachés de l'univers. A partir de ce principe, nous accédons aux détails les plus infimes de certaines parties des religions pouvant corroborer des découvertes récentes dans la science. 

Bien sur, le libre arbitre s'insinue dans ces lignes et nous amène à nous questionner nous-même sur ce que nous croyons et voulons croire, sur ce que nous sommes prêt à admettre et sur ce que nous pensons connaître. Toutefois, la mise en parallèle de tous les concepts et de toutes les théories ainsi que des divers branches des mathématiques et de la physique met un point particulier sur plusieurs coïncidences en nous laissant le soin de les interpréter. 

Comme le dit l'auteur, l'univers aurait-il été constitué dans l'unique but d'amener à la vie ? La question est légitime et trouvera sa réponse dans chaque être se donnant la peine de vouloir un tant soit peu comprendre et réfléchir. Il ne s'agit pas là de l'unicité des théories ou de l'unicité des religions mais bien du point commun où tout aurait commencé ainsi que la mise en évidence de notre existence et de ce que nous pourrions faire. 

A la fin de ce livre, je me suis dit que ça amenait bien la théorie de Lee Smolin qui parle d'un univers à rebond dans sa théorie de la gravitation quantique "The loop quantum gravity". Il y évoque le fait que l'univers serait la suite d'une infinité d'univers qui auraient subi un big bang et big crunch. A chacun sa manière de croire mais il semble que tout amène à ça...

Le point négatif reste la redondance des informations, au fil des discussions l'auteur nous relate des principes de divers théories ou religions et nous le ressasse un bon nombre de fois ce qui peut être blasant au final car nous les avons déjà lu... Quelques petites fautes ou mots supplémentaires viennent de temps en temps gâcher la fluidité du récit mais il n'en reste pas moins que ce roman est un très joli coup de cœur que je suis heureux de partager avec vous. 

Dieu aurait-il pu créer le monde autrement ? 
Albert Einstein. 

 Paru à Hc Éditions, 2012, 600pages, 22,00€

lundi 10 septembre 2012

Le livre perdu des sortilèges - Tome 2: L'École de la Nuit, Deborah Harkness


Synopsis : 

Diana Bishop, jeune historienne héritière d'une puissante lignée de sorcières, et le vampire Matthew Clairmont ont brisé le pacte qui leur interdisait de s'aimer. Quand Diana a découvert l'Ashmole 782, un manuscrit alchimique, à la bibliothèque d'Oxford, elle a déclenché un conflit millénaire. La paix fragile entre les vampires, les sorcières, les démons et les humains est désormais menacée. 
Déterminés à percer le mystère du manuscrit perdu, et tentant d'échapper à leurs ennemis, Diana et Matthew ont fui à Londres... en 1590. Un monde d'espions et de subterfuges, qui les plonge dans les arcanes du passé de Matthew et les confronte aux pouvoirs de Diana. 
Et à l'inquiétante École de la Nuit. 






"Mais assez de ces sombres affaires. Vous devez vous protéger vous aussi, et espérez qu'ils auront un avenir lumineux. Cela fait deux jours que je vous ai rappelé que vous possédez mon coeur. J'aimerai pouvoir le faire à chaque instant afin que vous ne l'oubliiez pas plus que le nom de l'homme qui chérit le vôtre pour l'éternité. Philippos."
Lettre de Philippe à Ysabeau,
p. 199


Pourquoi ce livre ? 
Cette lecture s'inscrit dans le cadre d'un partenariat avec Orbit France qui suite avec ma chronique sur le tome 1 (chronique ici) m'a proposé de découvrir la suite des aventures de Diana et de son vampire. J'en profite par la même occasion pour remercier la maison d'Édition Orbit de cet envoi.

Abracadabrantesque et dissertation !

"Palpitant, trépidant et envoutant"

Ce second opus sonne le glas de l'émerveillement, en reprenant exactement la suite du Livre perdu des sortilèges et nous emmène dans un Londres en plein cœur du XVIe siècle.
Le plaisir est directement au rendez-vous, nous retrouvons tout ce qui a fait du premier livre un immense coup de cœur et pour cause. L'auteure nous régale de détails et, nous emmène au XVIe siècle comme si nous avions toujours vécus aux côtés de la reine Élisabeth Ie.

La ville ainsi que les célèbres personnages de l'époque, tels Christopher Marlowe ou Shakespear sont également présents et nous entraîne dans leur miasme. L'écriture nous envoute et nous porte dans une histoire où il fait bon vivre et lire.

Nous suivons encore et encore les pérégrinations de Diana Bishop, sorcière de son état, à la recherche d'un mage qui pourrait lui fournir un apprentissage mais, cette quête est pleine de difficulté. En effet, au XVIe siècle sévit déjà la chasse au sorcière et personne ne voudrait aider quelqu'un avec la promesse du bucher... Bref, Diana tente tant bien que mal de comprendre le système élisabethéen, d'y vivre, d'y survivre en prenant l'intonation et les manières. Elle doit en plus apprendre à se tenir aux côtés des personnages les plus prestigieux.

Le voyage se fait par divers pays, commençant à Londres où nous changeons de pays pour aller en France auprès de Philippe de Clermont, le père de Matthew qui nous montre l'envers du décors de cette fraternité à cette époque. Le personnage énigmatique remplit à lui seul le livre avec ses secrets et son comportement et nous transporte à son gré dans les tourments que subissent la famille.

Les problèmes s'accumulent mais le bonheur demeure entre les tourtereaux bien que difficile à vivre. Ne vous inquiétez pas, bon nombres de questions obtiennent leurs réponses (parfois plusieurs). En effet, l'auteure nous livre au compte goutte des informations cruciales qui nous manquaient et nous permettant alors de nous délecter à chaque page de nouvelles diatribes forts sympathiques.

L'auteure nous donne également des leçons de théologie, de latin, de grecque et de français et que sais-je encore... Il y a de l'ancien français qui se mélange aux autres langues et ce pour le plaisir des yeux et de la connaissance. Les livres de Déborah Harkness sont basés sur la notion d'offrir aux autres un savoir qu'elle chérit et souhaite transmettre, ses recherches apportent à ses livres une dimension tellement profonde qu'ils méritent d'être placés au sommet de nos bibliothèque afin que nous nous rappelions combien ces romans nous ont atteint.

Qu'en est-il du reste ? De l'histoire ? Et bien je vous dirai, si vous voulez le savoir, qu'il faut lire le livre, il y a trop de choses à en dire mais pas assez sans quoi nous dévoilerions trop de données. Effectivement, la chronique est assez difficile à faire sans révéler toutes choses et priver le lecteur de la beauté de ce récit.

Toutefois, je pense que la taille de police n'est pas adaptée, effectivement, il y a tellement d'informations renfermées dans ce manuscrit qu'il aurait fallu, à mon sens, étendre un peu le nombre de pages afin de simplifier l'assimilation. Non pas rallonger le récit mais aérer le livre par une écriture un rien plus grosse et des marges plus importantes.

Il y a plusieurs moments que je souhaitais partager, certains passages touchant, je vous éviterai ceux où l'auteure met une claque au système de l'édition qui pour elle est trop sélectif sur la quantité et pas sur la qualité. Le passage est marrant et je ne m'attendais pas à le trouver, ceux que je vais vous livrer sont pour moi importants.

Je suis planétologue alors ce passage m'a vraiment plu :

"Dans l'obscurité piquetée des flammes des bougies de cette nuit de Noël, je sentis la calme force de l'amour que nous partagions avec une autre créature. Je n'étais plus une météorite solitaire qui filait dans l'espace et le temps : je faisais partie d'un système planétaire complexe. Je devais apprendre à conserver mon centre de gravité tout en étant attirée d'un coté et de l'autre par des corps célestes plus vastes et puissants que moi. Sinon, Matthew, les Clermont, notre  enfant - et la Congrégation - pourraient me faire quitter mon orbite."
Diana,
p. 212

"Car mes ennemis parlent de moi,
Et ceux qui guettent ma vie se consultent entre eux
Disant : Dieu l'abandonne ;
Poursuivez, saisissez-le ;
Il n'y a personne pour le délivrer."
Vers de Diana dans son journal,
p.229

Ce qui m'a plu dans cet ouvrage est le savoir qu'on nous transmet. L'auteure emploie des termes et des expressions d'autres langues, d'autres époques. Elle nous apporte également des données historique que ce soit sur le contexte ou les livres qui y ont été écrit. Les dialogues sont maniés comme au XVIe siècle avec cette volonté implacable de nous faire vivre à cette époque sans placer des anachronismes de langues. 

Je ne suis pas très romance je dois l'avouer car c'est un genre que je n'apprécie pas. Ici, les émotions entre les deux protagonistes principaux sont admirablement bien maniées afin de nous faire vivre leur quotidien et leur histoire.

Il est temps de conclure, ce livre est comme son prédécesseur un vrai coup de cœur et une vraie merveille de lecture. Je le recommande vivement !!!

Bonne lecture !

Paru aux Édition Orbit France, 12 septembre 2012, 552 pages, 19,90€