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mercredi 29 juillet 2015

Il était une fois, La Belle et la Bête - Tome 2, d'Eloisa James


"- Mais c'est de la "Bête" qu'il s'agit! s'écria soudain Sundon. Bien sûr que j'ai entendu parler de lui. Simplement, je n'y ai pas pensé tout de suite.
- Marchant n'est pas une bête, protesta Zenobia. Ce ne sont que d'infâmes ragots, Cornélius, et j'aurais pensé que vous étiez au-dessus de cela.
- Tout le monde le surnomme ainsi, souligna le vicomte. L'homme possède un caractère épouvantable. C'est un médecin brillant, paraît-il, mais il a un tempérament infernal."


À cause d’une malencontreuse méprise, la ravissante Linnet Thrynne est déshonorée. Sa tante trouve alors une solution : Linnet épousera Piers Yelverton, futur duc dont personne ne veut. Et pour cause : victime d’un accident qui l’a laissé boiteux et impuissant, il terrorise son entourage de ses fureurs dévastatrices. Puisqu’il n’a aucun espoir d’engendrer un héritier, il acceptera de donner son nom à une femme qui, pense-t-il, porte la vie.
Ce sera l’union de la Belle et de la Bête.
Sauf que Linnet est aussi pure que la blanche colombe et que son irascible fiancé est loin d’être un monstre…


Un duo détonnant pour une histoire bien ficelée!

Si Linnet est "aussi pure que la blanche colombe", sa langue ne connait pas de limite et c'est un régal de la voir à l'œuvre quand il est question de remettre le duc en place! Et le moins que l'on puisse dire est que ces deux-là ne manquent pas de répartie pour s'envoyer sur les roses en bonne et due forme.


"- Vous êtes toujours aussi sarcastique? s'enquit Piers, l'air un peu abasourdi.
- Non. Je suis une fille très gentille. Mais vous faites ressortir ce qu'il y a de pire en moi."

La Belle et la Bête offre une histoire différente que celle de Cendrillon dans le sens où ce tome-ci présente des personnages dont les caractéristiques sont moins lisses et convenues, avec une intrigue plus intéressante et mieux amenée. Seule constante, l'atout des personnages secondaires, en l'occurrence il s'agit ici des parents du Duc, mais aussi du valet/compagnon Prufrock et de l'aide de chambre de Linnet, qui de leur sarcasme envers les personnages principaux rajoute une touche comique au récit. 


« - Je lui ai dit que je n’accepterais une femme que si elle est aussi belle que la lune et le soleil, continua-t-il. Ce qui est une citation littéraire, au cas où vous l’ignoreriez. Et j’ai ajouté un certain nombre de conditions, dont certaines censées le pousser au désespoir.
– Il est en train de chercher une épouse, déclara Prufrock.
– Pour lui-même j’espère, répliqua Piers, que cette nouvelle laissa indifférent. Encore qu’il a attendu un peu longtemps. Les hommes de son âge n’ont plus les couilles de leur jeunesse, si vous voulez bien excuser la vulgarité de cette vérité, Prufrock. Dieu sait que vous avez une sensibilité plus délicate que la mienne.
-C’était le cas avant que je commence à travailler pour vous, précisa Prufrock en ouvrant la porte de la bibliothèque d’un geste théâtral. »

L'essentiel de ce livre repose sur cette "pseudo-gueguerre" que se livre Linnet et Piers, censés se marier pour plaire à la volonté de leurs parents respectifs. Toutefois, petit à petit, on sent comme une attirance indéniable entre ces deux-là qui vont pourtant tout faire pour se convaincre du contraire. 

"- Tu es une femme intelligente. Tu possèdes un atout extrêmement précieux sur le marché, et dont la valeur est doublée du fait de ta beauté. Pourquoi diable me le céderais-tu, et pour rien?
- A t'entendre, je suis à vendre au plus offrant. Eh bien, ça a peut-être été le cas, continua-t-elle lorsqu'il garda le silence. Mais les enchères sont retombées parce que tout le monde croit que je ne possède plus cet atout ô combien précieux."

En somme un deuxième tome qui dépasse mes attentes par rapport au premier et qui me donne envie de continuer la saga avec "La princesse au petit pois"

Je terminerai ma chronique sur ces quelques citations pêchées sur Babelio et qui résument parfaitement l'essence du livre. 

"- En fait, c'est plutôt drôle, déclara-t-elle en s'étirant voluptueusement.
- Quoi? D'avoir un homme dans votre chambre? Vu votre réputation, j'aurais pensé que c'était chez vous une seconde nature.
- Vu votre réputation, je vous croyais spirituel. Nous sommes donc tous les deux surpris."

"- Est-ce que c'est à cause de votre boiterie que vous marchez ainsi? s'enquit-elle en élevant la voix.
- A votre avis? répliqua-t-il en s'immobilisant. Vous supposez peut-être que je tangue comme un marin ivre pour le plaisir?
- Je ne faisais pas allusion au tangage, mais à cette manière de détaler dans le couloir comme une fille de cuisine effrayée par le maître queux."

Publié aux Editions J'ai Lu, Collection Aventures & Passions, 6 février 2013, 372 pages, 6,95€


vendredi 3 juillet 2015

Le pays des contes - Tome 1: Le sortilège perdu, de Chris Colfer




" Où le livre envoyait-il ces objets dans un tout autre lieu? Etait-ce possible qu'ils aillent vers un autre monde? Etais-ce le monde auquel Alex rêvait secrètement?
Il n'y avait qu'une seule façon de le vérifier. 
C'était une idée qu'elle avait réussi à réprimer toute la semaine. Que se passerait-il si elle allait dans le livre? Non, elle ne pouvait pas faire une chose aussi stupide. Et si elle ne pouvait jamais en sortir?
Si elle y mettait une main? Que se passerait-il? Cela ferait-il mal? Tout son bras allait-il disparaitre? La curiosité d'Alex l'emporta sur la prudence. Elle s'agenouilla et se pencha avec précaution sur les pages."





Il était une fois, dans une ville parfaitement ordinaire, des jumeaux prénommés Alex et Conner… Le jour où leur grand-mère leur offre un livre ancien, Le Pays des contes, leur vie plutôt morose change du tout au tout.Et pour cause ! Ce grimoire se révèle magique et les transporte dans un univers où les contes sont devenus réalité. Sauf que ce monde est beaucoup moins merveilleux que celui des belles histoires qu’ils ont lues. Boucle d’Or est une criminelle recherchée, Blanche Neige dissimule un lourd secret, et le Petit Chaperon Rouge n’a même plus peur du loup. Pour rentrer chez eux, Alex et Conner n’ont qu’un seul moyen : rassembler huit objets magiques comme la pantoufle de Cendrillon ou encore des cheveux de Raiponce, tout en tentant d’éviter les foudres de la Méchante Reine. Car cette dernière semble avoir un plan machiavélique qui pourrait bien piéger les jumeaux dans cette étrange contrée. À tout jamais.



Beaucoup d'imagination dans un si bel objet! 

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore, Chris Colfer n'est rien d'autre que l'acteur interprétant Kurt Hummel dans la série Glee. Quoi vous ne connaissez pas non plus Glee?! Bah... désolée votre cas est désespéré, je ne peux plus rien pour vous...

Je rigole, bien entendu, il s'agit juste d'une anecdote, une entrée en matière qui va me permettre de dire tout le bien que je pense de ce jeune prodige qui nous a livré une très bonne histoire, en revisitant les contes pour nous offrir une aventure qui plaira aux plus jeunes comme aux moins jeunes d'entre nous. 

Ce livre m'a fait un peu penser à la série (oui encore une anecdote) "Once upon a time" avec comme principe de base le fait que chaque personnages de contes vivraient dans une seule et même ville et, ici en l'occurrence, un même pays. Néanmoins, en modifiant certains aspects des très populaires contes de Grimm.  

Par exemple, Cendrillon et Blanche-Neige sont belle-sœurs, Boucle d'or est une criminelle activement recherchée, le petit Chaperon rouge a pris le melon et Jack avec son haricot est déprimé. 

J'ai bien aimé certaines libertés que l'auteur a pris pour peindre la vie de ses personnages et réinventer leur vie et destinée. Bien entendu, l'histoire ne se contente pas de changer la situation de nos contes les plus connus, mais il va plus loin en proposant une véritable intrigue, celle qui va obliger les jumeaux à rassembler un certain nombres d'objets enchantés pour réussir à retourner dans leur monde. Évidemment, la chose va se révéler difficile puisqu'ils ne sont pas les seuls à vouloir mettre la main sur ces objets... 

Loin de paraitre "cul-cul la praline", cette histoire m'a offert une bouffée d'oxygène pendant ma grossesse. Et petit plus qui fait parfois (voire souvent) la différence, l'application évidente mise en chaque début de chapitre avec ces dessins et enfin l'intérieur des couvertures qui nous propose une carte du pays des contes avec ces différents royaumes. Cela peut sembler superficiel mais j'adore autant l'histoire que le livre qui la contient.

Voilà, ici s'achève la 1ère session de mon nouveau challenge "read about" qui avait donc pour thème les réécritures de contes et je m'en vais donc vous fournir mon classement. 

Publié aux Editions Michel Lafon, le 17 octobre 2013, 414 pages, 16,95€
Existe également en poche, 7€





mercredi 17 juin 2015

Contes des Royaumes - Tome 3: Beauté, de Sarah Pinborough



"Le chasseur se força à sourire, mais le cœur lui manquait. Ce n’étaient ni le vin ni les femmes qui l’effrayaient – surtout pas les femmes. Non, le problème était que le prince semblait se prendre pour un héros avant d’avoir entrepris quoi que ce soit. Et ça, ce n’était pas une bonne chose. Quand un chasseur devient trop présomptueux, il a toutes les chances de finir éventré. Que va-t-il advenir de ce joli petit prince ? se demanda-t-il. Et comment est-ce que je vais bien pouvoir le sauver ?"



Cette fois, c'est l'histoire de la Belle au Bois Dormant qui va se prendre un petit coup de neuf ! Bien sûr, on y retrouvera tous les éléments classiques de ce conte (le beau prince, la terrible malédiction, la jeune fille endormie et le château hanté) mais de nouveau revus à la sauce moderne ! Toujours aussi drôle et sexy.


The best of the saga!

C'est incontestable, Beauté, est pour moi la meilleure histoire des trois. Je me suis littéralement régalée à découvrir les nouveaux personnages que l'auteure intègre à son récit comme Petra, petit chaperon rouge de son état, la Belle au bois dormant et sa bipolarité dangereuse et bien d'autres. Mais ce qui m'a plu par dessus tout c'est la finalité de l'histoire quand le voile se lève et que les masques tombent... 

Cela fait maintenant plusieurs mois que j'ai refermé ce livre, et certains détails m'ont depuis échappé. Toutefois, je me rappelle avoir beaucoup ri, que ce soit de ce prince faussement charmant et encore moins courageux, ou du chasseur un peu dépité de devoir jouer les nourrices protectrices pour cet égoïste narcissique. 


" À travers les branchages, ils apercevaient toujours le royaume enchanté, alors qu’ils s’évertuaient à tenter d’avancer depuis plus d’une heure. La nuit était chaude et ils transpiraient comme des diables, soufflant et jurant pour conquérir chaque centimètre. 

— Va-t-on y arriver ? demanda le prince, hors d’haleine.

— Peut-être, répondit le chasseur dans un grognement, tout en abattant sa hache sur une grosse branche. Peut-être pas. Si on se réveille dans cent ans avec un arbre qui nous a poussé dans le cul, je dirai que nous avons échoué."



Hormis la touche d'humour, il y a une véritable quête dans ce récit qui guide notre prince, son chasseur et le petit chaperon rouge, à travers une forêt de ronces pour découvrir un royaume sous le joug d'un mauvais sort qui a endormi toute sa population. Mais grâce à un enchainement de circonstance (et non le baiser du prince) la princesse s'éveille et avec elle ses loyaux sujets, mais loin du "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" cette jeune femme semble avoir un souci de dédoublement de la personnalité... Alors que la quête du prince se transforme en fiançailles, Petra est bien décidée à connaitre le fin mot de l'histoire! 



Une fois encore, l'auteure s'amuse à revisiter nos chers contes d'une façon bien particulière, en donnant les mauvais rôles à certains de nos personnages préférés, ou en dérivant vers des scènes d'orgies avec moult détails, sans oublier les jalousies et les crimes. Les bons deviennent méchants, et les méchants sont innocentés. 


J'apprécie beaucoup cette façon bien à elle que l'auteure emploie pour faire revivre nos contes d'enfance version adulte confirmé. 

A savoir, ce troisième tome ne s'inscrit pas dans la lignée des deux autres, à savoir qu'il ne s'agit pas d'une suite à "Charme". Par contre, compte tenu de la fin, j'en suis venue à me demander si l'auteure ne s'était pas laissée une porte de retour...

Publié aux Editions Bragelonne, Collection Milady, le 22 mai 2014, 224 pages, 12,90€

Mes avis sur les premiers tomes de cette saga : 







jeudi 11 septembre 2014

Contes des Royaumes - Tome 2: Charme, de Sarah Pinborough


— Je vais faire avec, l'interrompit la fée marraine en s'asseyant sur le rebord de la table de la cuisine pour examiner Cendrillon. Alors comme ça, tu veux aller au bal du prince? demanda-t-elle en se resservant un verre. 
— Oh oui, répondit Cendrillon les yeux écarquillés et le cœur battant la chamade. Plus que tout au monde. 
— Laisse-moi deviner. Tu veux danser avec le prince, faire en sorte qu'il tombe amoureux, et ensuite vivre heureuse avec lui et avoir beaucoup d'enfants. 
— Oh oui, répondit Cendrillon en hochant frénétiquement la tête. 
— Pour la dernière partie, je ne peux rien te promettre, dit la fée marraine en s'octroyant une nouvelle gorgée. Aucune magie ne peut t'assurer le grand bonheur. En revanche, je peux te promettre que capteras son attention et qu'il te désirera. Oui, tu l'attraperas ton prince. Mais de ce qui se passera ensuite, je ne peux rien dire à l'avance. 


Rappelez-vous les horribles belles-soeurs, le carrosse magique, le bal enchanté, la pantoufle de verre et l’éternel amour né au premier regard… et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de Cendrillon, telle qu’elle n’a jamais été révélée… Cendrillon, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction.

On reprend les mêmes et on recommence oui, mais s'est Cendrillon qui trinque cette fois! 

Si le départ a été un peu plus long à démarrer à cause de quelques longueurs pas toujours intéressantes, j'ai apprécié retrouver l'humour particulier de l'auteure qui fait de nouveau bien fonctionner l'ensemble de cette suite. 

D'ailleurs, si dans le tome précédent l'auteure avait été plutôt "correcte" avec le mythe de Blanche-Neige, elle n'épargne pas Cendrillon dont la candeur prend un sacré coup de balai dans le ... enfin là où il doit...

En effet, il n'est pas question de s'apitoyer sur cette jeune fille qui apparait plus capricieuse que docile et libérée que farouche. Dès les premières pages le lecteur est mis au goût du jour, ce qui peut être plutôt surprenant, mais pas tellement au final. Puisque, l'auteure reprend ce qu'elle a déjà entrepris dans son premier opus, à savoir redorer le blason de la marâtre, cette belle-mère sans cœur qui exploite sa belle-fille comme bonne à tout faire. 

Que nenni bien entendu, on nous donne une toute autre version de l'histoire, allant même jusqu'à tourner notre Cendrillon en ridicule, en la faisant passer pour une écervelée égoïste qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. 

Et enfin, pour notre plus grand plaisir, sachez que la fin du premier tome n'est pas tout à fait rester en suspend. Malheureusement, j'ai tout de suite compris se qui se tramait, il n'y a pas autant d'élément de surprise quant à la fin (par rapport au précédent), même si cette dernière peut paraitre curieuse. 

En tout cas, une fois encore, le Prince en prend un vilain coup! Ainsi que d'autres personnages célèbres de nos contes d'enfance... 

Publié aux Editions Bragelonne, Collection Milady, Avril 2014, 256 pages, 12,90€


La chronique du tome 1 disponible sur le blog, quant au dernier tome, elle est à venir... 















lundi 8 septembre 2014

Contes des Royaumes - Tome 1: Poison, de Sarah Pinborough



— A quoi est-ce que je ressemble vue d'en bas? se demanda la reine. 
Est-ce que mes cheveux blonds brillent eux aussi dans la lumière du soleil? 
A moins que je ne sois qu'un fantôme plein d'aigreur, une ombre derrière le carreau? 
Ses mâchoires se crispèrent. Blanche-Neige se déroba à sa vue, mais ses dents continuèrent de grincer. 
L'une de nous deux est de trop dans ce château. Je ne la supporte plus. 



Blanche-Neige, le conte de fées revisité : cruel, savoureux et tout en séduction.
Rappelez-vous l'innocente et belle princesse, la méchante reine impardonnable, le valeureux prince, la pomme empoisonnée et le baiser d'amour sincère...
... et à présent ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de Blanche-Neige, telle qu'elle n'a jamais été révélée ...

Tiens! En voilà une histoire qu'elle est bonne! 

Attirée par l'objet livre et par tout le raffut que cette trilogie faisait sur la blogo, je me suis doucement laissée tenter par l'acquisition de ce livre, d'autant qu'il cadrait parfaitement à mon thème. D'ailleurs, en espérant y trouver quelque chose de différent, je ne m'attendais pas à être autant dans le vrai! 

Exit la délicate Blanche-Neige pure et innocente... Et bienvenue à une histoire à la fois drôle, sensuelle et étonnante! 

On sera conquis, ou pas, par cette nouvelle mise en scène, mais il faut bien reconnaître que cette réécriture est vraiment originale, de part l'accent mis sur la belle-mère qui nous est présentée sous un jour différent, mais aussi par la présence de scènes "exotiques", dirons-nous, qui rend ce livre attrayant. 

En effet, longtemps vu comme une belle-mère acariâtre et jalouse, l'auteure s'intéresse aux motifs et aux causes qui ont conduits la Reine a détesté autant sa jeune belle-fille, un aspect plus humain, sans toutefois adhéré aux raisons, mais qui change toute la donne. 

D'autre part, si Blanche-Neige, garde une certaine innocence, celle-ci n'est en réalité qu'une façade qui cache une toute autre jeune-fille bien loin des stéréotypes des frères Grimm... Elle boit, chante, danse, et semble exceller dans les arts de la séduction... 

Je ne vous parlerais pas du Prince, qui au passage en prend pour son grade en ce qui concerne son adjectif de "Charmant", mais une fois encore cela rend les choses encore plus surprenantes. Et puis, reconnaissons-le enfin, le Prince Charmant n'aurait pas collé à cette mise en scène pour ce public averti. C'est bien connu les filles, dans notre monde d'"adultes", le Prince (en tout cas Charmant) n'existe pas.

Quant à la fin, elle m'a étonné et en même temps... je l'ai trouvé drôle dans le sens où je ne m'y attendais pas du tout!

En somme, une réécriture bien orientée qui passe chaque standard du genre à la moulinette. On sera plus ou moins emballée par le style mais en tout cas, l'histoire ne manque pas d'originalité. A ne pas mettre entre des mains plus jeunes par contre, car je l'ai plusieurs fois aperçu au rayon jeunesse... 

Publié aux Editions Bragelonne, Collection Milady, Mars 2014, 240 pages, 12,90€

La série compte deux autres tomes, tous publiés :


dimanche 7 septembre 2014

Chroniques de Zombieland - Tome 1: Alice au pays des Zombies, de Gena Showalter




" Faim... veux du cerveau... prendrai le vôtre" [...]

Les zombies... Qu'étaient-ils exactement?
Oh! Je savais se que racontaient les films et les livres: qu'ils étaient des morts-vivants dépourvus d'intelligence et mus par le seul désir de dévorer de la chair humaine. Mais... j'avais également appris ce soir qu'ils n'appartenaient pas à l'humanité, qu'on ne pouvait les atteindre physiquement. Il s'agissait d'esprits — et c'est mon esprit également qui les avait affrontés.



Moi, Alice, j’ai cessé de me croire au pays des merveilles le jour où je les ai vus. Eux, les monstres. Ils existent. Ils ont pris ma petite sœur. Ils ont dévoré mes parents. Bientôt, ils seront partout et ils dévoreront vos familles, vos copains, notre monde... Vous voulez ça ? Non, moi non plus. Alors, je vais rejoindre Cole et sa bande, et avec eux, je vais me battre jusqu’à la mort s’il le faut. Contre les monstres … les Zombies. "

" Oui c'est cela... Mais encore?" 


Un conte revisité qui allie ma thématique préférée, à savoir les zombies, l'aubaine rêvée, d'autant plus que j'ai été persuadée par un décor version steampunk

Et bien, à trop rêver on finit par tomber de haut!

C'est l'impression que j'ai eu en lisant cette histoire de zombies au pays de l'incompréhension, la mienne en l'occurrence. 

Car s'il faut bien reconnaître une originalité concernant la nature exacte des prédateurs en question, elle n'a eu raison de mon enthousiasme que lorsque j'ai appris le pot-aux-roses. Alors je vais sans doute paraitre vieux-jeu (encore) mais tant pis! Ou l'on est esprit ou l'on est zombie, voyons il y a des mythes auxquels il ne faut pas toucher, je n'aime guère les mélanges de styles. 

Blague à part, l'univers de l'auteure ne m'a pas emballé et je l'ai trouvé parfois confus ce qui n'a pas contribué à lui faire remonter la pente. Toutefois, le début était très prometteur, notamment tout ce qui attrait à l'histoire familiale d'Alice, m'a pris aux tripes. Après un tel scénario, je ne m'attendais vraiment pas à un revirement, au moins l'auteure a su me surprendre (un bon point finalement). 

Ensuite, concernant les personnages, pour le coup, je n'ai pas grand chose à leur reprocher. Le côté casse-cou d'Alice qui n'en fait qu'à sa tête a eu le mérite de rendre ma lecture un peu moins terne, même si l'histoire d'amour avec Cole ne m'a pas transporté outre mesure. Cela reste un tantinet en surface et un peu surjoué, mais rien d'éliminatoire à ce niveau. 

Toutefois, en terminant ma lecture, j'en suis venue à me demander ce qui pouvait rapprocher ce livre du conte originel?! Même si je ne m'attendais pas à y retrouver une copie similaire, étant dans le thème de la réécriture, je n'ai pas non plus vu de similitude si ce n'est le prénom de l'héroïne. 

Au final, une histoire qui ne m'a pas conquis du fait de son univers "zombiesque" particulier, et qui de surcroit n'a pas, à mon sens, de rapport même indirect avec le conte. Peut-être n'en est-ce pas la cause, mais alors pourquoi l'avoir intitulé ainsi, si le rapprochement s'arrête ici?! 

Le petit plus qui peut être utile, l'annexe en fin de livre présentant les personnages. 

Publié aux Editions Harlequin, Collection Darkiss, Septembre 2012, 528 pages, 16,41€

A savoir la suite est disponible en librairie depuis Mars 2014 sous le titre : 
Alice et le miroir des maléfices. 

Le troisième (et dernier?) tome sera disponible en VO semble-t-il fin septembre 2014 : 
The Queen of zombie hearts










samedi 6 septembre 2014

Le troisième vœu, de Janette Rallison






— Marraine fée "débutante"? 

Tu ne veux pas plutôt dire marraine fée, tout simplement? 
D'un mouvement de tête, elle rejeta ses cheveux sur le côté.
— Non, je suis simplement une débutante.
— Qu'est-ce que ça veut dire? Ses ailes s'agitèrent, mais elle regarda ses ongles pour éviter mon regard.
— Ça veut dire qu'à l'école des marraines fées, mes notes n'étaient pas géniales, ni même bonnes. 
Tu vois, elles étaient tout juste correctes. 
— Oh! dis-je. Elle me lança un coup d'œil.
— Eh! L'examen était dur. Tu transformes une citrouille en un gros morse furieux et on ne te le pardonne pas. 




Savannah, jeune adolescente de 16 ans, profite de la vie avec légèreté.

Mais voilà que son petit-ami, Hunter, se rapproche de sa soeur aînée, la très brillante Jane, et tombe amoureux d'elle. Savannah, trahie, se retrouve sans cavalier pour le bal de fin d'année. Elle reçoit alors l'aide d'une " marraine-Fée " toujours à l'écoute des jeunes en peine. Catastrophe, c'est une fée débutante, affreusement inexpérimentée. C'est là que les ennuis commencent. Son premier voeu envoie Savannah dont la peau de Cendrillon.

Son deuxième, dans celle de Blanche-neige. son troisième voeu lui accordera-t-il le prince charmant ? Une comédie romantique, une aventure déjantée. Un réel conte de fées moderne! 
Cela faisait un bon moment que ce livre prenait la poussière dans ma bibliothèque... Il m'avait été recommandé chaudement, j'en connaissais le début et le principe, toutefois rien ne me poussait réellement à le sortir de ma pile. Du coup, en trouvant ma thématique sur les contes, cette lecture tombait à point nommé avec une histoire qui regroupe plusieurs contes. 

En effet, on y retrouve tous les ingrédients nécessaires à tout conte qui se respecte. A savoir la fée pour exaucer les trois fameux vœux, le preux chevalier, le méchant dragon, le prince charmant et la jeune fille, Savannah, dans une situation périlleuse, à quelques exceptions près cependant.

Vous vous en douterez, pour que ce livre sorte du lot, il fallait bien que l'auteure sorte des sentiers battus. Alors si la marraine fée n'est pas la plus qualifiée pour ce rôle, ne venez pas vous étonner que les vœux souhaités par Savannah tombent à côté, embarquant la jeune fille dans un univers qui lui est totalement inconnu et bien loin de son "prince charmant". 
En effet, quand Savannah demande en premier lieu à connaître une histoire d'amour comme Cendrillon, cette dernière ne pensait pas devoir récurer tous les sols d'un château avant de pouvoir apercevoir un cheveu de son fameux prince. 

Allant de Charybde en Scylla, Savannah voit rapidement rouge et ne souhaite qu'une chose retourner dans son monde et se débarrasser de cette incapable fée-marraine, mais quand le présent tombe dans les contes, elle n'a plus le choix et pour obtenir ce qu'elle veut, elle devra remonter ses manches, car nous n'avons rien sans rien.

D'ailleurs, c'est ce que j'ai beaucoup aimé avec cette lecture: les choses ne sont jamais telles que nous les pensons. Et le fameux slogan "Ils vécurent heureux dans leur château et eurent beaucoup d'enfants" que l'on nous raconte enfant, n'est pas le modèle qui colle à la réalité. Alors, pour expliquer aux jeunes que toute chose ne s'obtient qu'en se donnant à fond dedans, l'auteure utilise une bonne dose d'humour pour faire avaler la pilule. 

Malheureusement, parvenue à la moitié de mon récit, j'ai ressenti une certaine lassitude dans ma lecture, et j'ai quelques fois souhaité à mon tour, que le récit s'accélère pour me captiver entièrement. Je pense que passer le comique de situation, l'originalité de l'œuvre perd un peu de son charme avant le traditionnel "Tout est bien qui finit bien". 

En somme, j'ai eu le plaisir de découvrir une réécriture originale avec un aspect moralisateur par rapport aux contes qui ont bercé notre jeunesse, mais qui n'a pas su me charmer du fait que j'étais déjà "désenchantée" peut-être. En tout cas, à mettre dans les mains de toutes les jeunes filles qui vivent leur premier amour pour briser un peu l'image du prince charmant trop lisse. 

Publié aux Editions La Martinière Jeunesse, en mai 2010, 400 pages, 13,90€