mardi 13 août 2013

Ténèbres - Tome 1, de Elena P. Melodia


Pourquoi ce livre? 
C'était un mercredi sombre et silencieux où je m'évertuais, seule, au travail à manier paperasse et classement, quand une envie a pointé le bout de son nez ; et si je changeais de registre niveau littérature... Une envie qui avait pris naissance avec Hollow de Jessica Verday, et qui n'avait pas été rassasiée. Du coup, attendant ma pause déjeuner j'ai décidé de me jeter dans cette histoire, espérant vraiment des frissons en série.

Une histoire originale mais un rythme qui ne parvient pas toujours à garder le cap.
Le point de départ de ce "thriller" pour ado: un livre annonciateur de mort! Cette particularité pourra nous faire rappeler une certaine série de manga, à savoir Death Note, mais la comparaison s'arrête ici puisque Alma, notre héroïne subit plus qu'elle ne provoque cette série d'assassinats. Alors que le ton est donné dès les premières pages, j'ai regretté de voir le rythme chuter juste après le premier meurtre, et ce pour nous cantonner à la description du quotidien de notre héroïne. Bien que nécessaire pour appréhender l'histoire dans sa totalité, et de connaître ainsi chaque aspect de son monde et de son entourage, j'ai trouvé que l'auteure s'y complaisait trop au détriment de son intrigue première.

Toutefois, le rythme reprend et avec lui les quelques bribes d'informations que l'auteure sème par-ci par-là de manière bien équilibrée. D'ailleurs, j'ai bien apprécié les multiples intrigues au sein de cette même histoire, qu'il s'agisse des meurtres qui sévissent dans cette petite ville, ou des règlements de compte orchestrés par un groupe de filles, les tantes mystérieusement malades, les petits-copains malveillants ou les petits frères à côté de la plaque.

En effet, loin de vouloir nous concentrer sur le phénomène qui s'empare de notre héroïne, l'histoire prend des chemins multiples avant de les voir tous se rejoindre en une seule résolution, dont nous en saurons davantage dans les tomes suivants. Toutefois, mon attention a davantage été portée sur le personnage d'Alma, qui est prise d'acte de somnambulisme, durant lesquels elle se met à prédire, via son mystérieux carnet, toute une série de meurtres. Je retiendrais en outre, que cette jeune fille ne manque ni de mordant, ni de courage au vu des différents événements qui s'abattent sur elle. A la différence de ses amies qui se délitent au fur et à mesure de l'histoire, Alma semble garder la tête froide malgré quelques frayeurs, un exploit. Mais sans vouloir chercher à justifier ou non ce comportement, cela a le mérite de me changer de mon répertoire habituel, où il faut attendre un prince charmant pour venir secourir la demoiselle en détresse. Alors certes, ici aussi nous avons un échantillon de ce fameux stéréotype masculin mais à un degré bien moindre. Il faut reconnaître que Morgan, mystérieux preux chevalier, est tout autant intriguant qu'il peut se montrer attachant... A l'instar d'Alma, on ne parvient toujours pas à mettre une étiquette claire et précise sur ce personnage très ambigu, ce qui en fait tout son charme.

Voilà pour ce premier tome, qui malgré une légère baisse de rythme en début de partie, garde un intérêt certain quant à l'intrigue principale qui se voit par ailleurs étoffée avec l'arrivée de nouveaux cas suspects. J'ai été intriguée par le non-dit quant à la localité de l'action, ne pas savoir dans quelle ville ou pays elle se déroule, a quelque chose de frustrant sans non plus gâcher la lecture je vous rassure. Je continuerai cette saga avec engouement! 



Publié aux Editions Pocket Jeunesse, le 4 avril 2013, 409 pages, 18,90€


dimanche 11 août 2013

Hollow - Tome 1, de Jessica Verday


Pourquoi ce livre?
Appréciant les récits touchants aux légendes et encore plus à toutes celles qui peuvent me coller une peur bleue, j'ai très vite remarqué ce titre qui n'était pas sans me rappeler le fameux film de Tim Burton "Sleepy Hollow". Ayant tourné une paire de fois autour de ce livre, j'ai fini par l'acquérir pour y plonger mon nez, contente de voir la suite déjà disponible! 

Excès de détails peut nuire à votre lecture...
J'aurais pu vous expliquer l'originalité de cette histoire, de son angle d'attaque ou encore de sa thématique, si seulement j'avais eu les moyens de le faire. Malheureusement, ici le récit n'avance guère et quand une scène un peu mouvementée se pointe à l'horizon, elle se retrouve très vite étouffée par l'abondance de détails aussi insignifiants que la recette de la crêpe au sucre pour un breton. En effet, on apprend pleins de choses dans ce livre, depuis les conditions météorologiques jour après jour, en passant par les moindres faits et gestes de Abigail, sans oublier le décor qui nous est présenté en long, en large et en travers. Bref, le rendu semble bien désuet en comparaison du synopsis présenté en amont. 

Ensuite, concernant le dénouement, si ce dernier m'a offert un regain d'intérêt (même s'il fut tardif) je n'ai pas eu à m'en étonner, ayant senti la révélation choc dès les premiers chapitres... Ainsi, rien n'est parvenu à faire pencher la balance du bon côté, même si le style de l'auteur reste appréciable. Il en faut un peu plus pour trouver l'ensemble correct et pertinent. 

Au passage, mise à part la révélation choc en fin de parcours, on ne nous en dit pas plus sur la mort de Kristen, et l'ébauche de rapprochement avec Ben est aussitôt étouffée dans l’œuf sans que l'on comprenne bien la césure. D'ailleurs, la coupure de ce premier tome est un peu paradoxale, d'un côté je trouve qu'elle tombe au mauvais moment, mais d'un autre je reconnais avoir été ravie de tourner la dernière page! Peut-être qu'un découpage différent aurait pu être envisageable, afin de retirer les passages trop longs et non indispensables au récit pour mieux l'enrichir de révélations et faire avancer l'histoire. 

Quant aux personnages, je n'ai pas de reproche, seuls quelques regrets par rapport aux journaux de Kristen retrouvés par Abbey dont on n'apprend, une fois encore, pas grand chose. Le prochain tome sera plus généreux en action, espérons-le. 

Voilà pour ce qu'il en est de mon ressenti de ce premier tome, où l'on sent que son auteure maîtrise bien sa plume mais, pas l'art et la manière de mettre en branle son lecteur. Un livre qui manquait de frissons, un comble pour une histoire se déroulant à Sleepy Hollow, bastion de la légende du Cavalier sans tête. 

Publié aux Editions J'ai lu, le 9 janvier 2013, 477 pages, 14€


Le tome 2, Haunted est disponible depuis le 17 mai 2013
Le tome 3, Hidden est à paraître pour le 23 août! 




vendredi 2 août 2013

Une île, de Tracey Gravis-Grave






 En juin 2003, cela a fait deux ans que nous étions arrivés sur l'île. J'avais eu trente-deux ans en mai, et T.J. fêterait ses dix-neuf ans dans quelques mois. Il approchait à présent du mètre quatre-vingt-dix et n'avait plus rien d'un adolescent. Parfois, lorsque je le regardais pêcher, réparer la maison ou sortir de la forêt qu'il connaissait comme sa poche, je me demandais s'il se sentait chez lui sur cette île. Un endroit où il pouvait faire tout ce qu'il voulait et où tout était acceptable, tant que nous restions en vie. 





Présentation de l'éditeur, Anna, professeur à Chicago, lasse de sa vie morose, n’hésite pas un instant lorsque les Callahan lui proposent de se rendre aux Maldives pour donner des cours à leur fils T.J, dix-sept ans, en rémission d’un cancer. Ils embarquent tous deux à bord d’un jet privé qui se crashe en plein océan. Comment survivre sur l’île déserte où ils échouent ? T.J ne risque-t-il pas de faire une rechute ? Anna n’est pas au bout de ses peines, mais le plus dur sera sans doute de vivre avec un adolescent qui devient peu à peu un homme…


Pourquoi ce livre?
Ne pouvant plus vider la pile de livres qui s'accumulaient dans ma bibliothèque en raison de notre futur déménagement, je dois me résigner dorénavant à vider ma PAL numérique depuis ma Kobo. Et qu'avait-elle à me proposer? Une île de Tracy Gravis-Graves, que je trouvais tout à fait approprié pour la saison. Alors que je m'attendais à une énième histoire d'amour sur une île paradisiaque entre une femme et un homme qui passeraient leur temps à jouer au chat et à la souris, qu'elle n'a pas été ma surprise en lisant le synopsis; des survivants sur une île, certes paradisiaque, mais complétement perdu dans l’Atoll des Maldives. Dès ce moment, je me suis jetée sur ma liseuse!

Touché mais pas coulé!
A chaque début de chapitre, je me promettais intérieurement qu'il s'agirait du dernier, afin que je puisse reprendre une activité "extra-littéraire". Toutefois, et ce plus d'une fois, je me suis menti à moi-même, honteusement. Que voulez-vous, je n'ai pas su résister à la tentation de ce livre, dont les fins de chapitre me laissaient présager le pire quant au sort de nos deux héros. La tension était si intense, que je me serais presque isolée de la surface de la Terre pour pouvoir le lire d'un trait, si seulement j'avais pu... Malheureusement, n'étant pas en vacances, et devant travailler pour vivre (si, si, sérieusement), il m'a bien fallu laisser mes personnages en suspend. Malgré ces laps de temps, il faut savoir que je l'ai dévoré en à peine deux jours.

Je me rappelle un matin où, m'ayant autorisée la lecture d'un chapitre et d'un seul, pour le petit-déjeuner j'ai appris une terrible nouvelle qui m'aurait presque mis en retard, sans l'intervention de Chris! Comme un fait exprès... 

Terminons avec les petites anecdotes et laissons place à mon ressenti, qui finalement n'étonnera plus personne, puisque j'ai adoré ce livre! Que ce soit l'histoire de départ, ou la personnalité d'Anna et la persévérance de T.J., en passant par les personnages secondaires décrits au travers de l'un comme de l'autre, rien n'est mis de côté et tout m'a plu! Leur vie sur cette île perdue m'a vraiment tenu en haleine, à aucun moment je n'ai vécu cette histoire comme un énorme cliché! Pourtant, il ne s'agit pas d'un thème novateur, entre la série Lost, ou encore toutes ses animations télévisées, cette histoire de naufragés m'a convaincu bien au-delà de mes espérances. 

J'ai vécu ces deux jours, aux heures des naufragés, m'enthousiasmant avec eux quand ils parvenaient à trouver des solutions pour survivre encore quelques jours de plus, avant de frémir devant chaque danger. Le rythme du roman est d'ailleurs parfaitement dosé, alternant des moments plus calmes avec des instants d'angoisse. On comprend que cette situation n'est pas pérenne et qu'au moindre grain de sable, le peu d'équilibre qu'ils parviennent à mettre en place, peut être renversé, que ce soit à cause d'une tempête qui balaie l'abri qu'ils ont l'idée de bâtir avec les moyens du bord, ou la présence d'un requin dans le lagon qui les empêche de pêcher et donc de se nourrir... Toutefois, au-delà de leur mode de vie sur l'île, on assiste au rapprochement des deux héros qui ne peuvent plus compter que sur eux pour rester en vie. D'ailleurs, le contexte et la proximité aidant, nous assistons à une véritable idylle entre ce professeur et ce jeune élève qui pourrait en faire sourciller plus d'un/e, mais cela parait tellement évident, que les préjugés se sont effacés rapidement. 

Le style quant à lui, reste très fluide, avec des phrases simples, mais l'intérêt de ce livre ne repose pas tant sur lui que sur l'action trépidante, avec une mise en scène qui pourrait parfaitement s'accommoder avec un scenario de film. Les descriptions apportées tout au long du récit, nous permettent de capturer parfaitement le décor de cette île, ainsi que les conditions de vie de nos naufragés, sans alourdir le texte. Tout comme le rythme, les dialogues et les descriptions sont étudiés de manière à nous offrir ce qu'il nous faut au bon moment. 

Je ne vous en dirai pas plus, et me contenterai de ces quelques lignes pour ne rien vous dévoiler de plus. Je ne vous dirai pas non plus comment j'ai trouvé la fin, pour ne rien gâcher de ce roman époustouflant et prenant. A la rigueur, je m'autoriserai juste une remarque: tout est justifié, savamment dosé et riche en émotions! Braver l'inconnu... 

Publié aux Editions Bragelonne, Collection Romance Grand Format, le 24 mai 2013, 352 pages, 15,20€ 
La version numérique est disponible depuis juin 2013 pour 9,99€ sur la Fnac.com entre autre...



jeudi 1 août 2013

Summer loving, de Allie Spencer



 - Tu veux dire que tu voudrais avoir une vieille photo écornée et couverte de Scotch sur laquelle on verrait "Beth forever" marqué en lettres rouges? 
Dit comme ça, cela semblait effectivement d'un ridicule achevé. 
- Oui, m'obstinai-je. Enfin, non; pas nécessairement ces mots-là ni ce contexte précis. C'est davantage l'idée, le sentiment derrière cette partie de phrase: que quelqu'un m'aime assez pour passer l'éternité à mes côtés et m'en offre une preuve de ce style. 
Kristen baissa le regard sur son thé et fit courir un doigt sur le rebord du mug. L'espace d'une seconde, elle me parut terriblement triste.
- Oh, Beth! "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", ça n'existe que dans les contes de fées, tout le monde le sait. 


Pourquoi ce livre?
Une envie de romance tout simplement qui correspondait pile avec le regain de soleil sur la capitale. J'ai voulu m'expédier directement en Grèce en compagnie de ces quatre amies au destin un peu alambiqué. Rien de plus à ajouter, avec un synopsis me rappelant de loin les aventures de Carrie Bradshow et de ses amies loufoques, je me suis tranquillement installée un thé glacé dans une main, le livre dans l'autre avec l'air du ventilateur qui me soufflait au visage un air chaud... 

Une romance sans relief et sans intérêt! 
Si le synopsis me rappelait vaguement "Sex and the city" la ressemblance s'arrêtera au nombre quatre, pour les quatre copines qui décident de s'offrir deux semaines de vacances sur un île grecque! En effet, on est bien loin de l'esprit enjoué, pimenté et intéressant de Candace Bushnell avec cette histoire qui m'a demandé un effort pour parvenir à la fin!

L'expression "Rien de neuf sous le soleil" donne raison à ce livre, où rien de bien croustillant surgit au tournant, afin de nous offrir un moment de détente littéraire. Si je ne m'attendais pas à de l'action avec cette histoire d'amour, je m'attendais malgré tout à une histoire tout de même! Et pas simplement à un jeu puéril et sans intérêt entre l’héroïne principale, dont le nom s'est automatiquement effacé de ma mémoire dès l'instant où j'ai refermé le livre, et un type qui arrive comme un cheveu sur la soupe! 

D'ailleurs, tout est télescopé, certes nous sommes dans une romance où tout est prémédité cent pages à l'avance, mais cela n'empêche de faire en sorte de semer le doute par moment...

Vous l'aurez compris, j'ai été entièrement déçue par ce livre, qui ne nous apprend rien et qui m'a laissé plus de 15 jours plantée devant cette histoire insipide de quatre filles inintéressantes! 

La chronique est acerbe mais elle reste à l'image de mon ressenti. Ainsi, il serait inutile de rajouter quoi que se soit, je préfère passer à un autre livre.

Publié aux Editions Bragelonne, Collection Milady Romance Central Park, en mai 2013, 476 pages, 8,20€



mercredi 31 juillet 2013

L'Opéra macabre - l'Intégral, de Jeanne Faivre d'Arcier


Quatrième de couverture, On a beau être vampire, on n’en est pas moins femme… Des maisons closes d’Alger aux dédales de Bombay, des ruelles sombres de Séville aux bûchers funéraires de Bénarès, les créatures de la nuit ne cessent d’envoûter les humains qui croisent leur route. Mais aujourd’hui comme hier, Carmilla, la sublime danseuse de flamenco vampire, ou Mâra, la Déesse écarlate, qui fut l’amante du Prince des Démons avant de devenir la favorite de nombreux maharadjahs, restent femmes jusqu’au bout des ongles : leurs passions et leurs vengeances sont implacables, surtout lorsqu’elles se piquent d’aimer des tueurs de vampires ou d’exterminer les buveurs de sang assez fous pour les combattre.
Entre l’or rouge et la magie noire, la crasse des théâtres et les sortilèges des palais indiens, la guerre du sang s’annonce plus funeste que jamais…




Pourquoi ce livre?
Je tiens à remercier le site Livraddict pour avoir proposé ce partenariat, mais aussi aux Editions Bragelonne pour la présentation de cette Intégrale à la couverture juste sublime, et enfin à son auteure, Jeanne Faivre d'Acier pour m'avoir raconté un univers aussi plaisant et dense aux rythmes endiablés. Merci à elle pour sa dédicace, une attention délicate.
Honnêtement avant même de connaître l'histoire que renfermait ce livre, j'ai été subjuguée par cette couverture, avec un petit rappel (discret) à celles de la Communauté du Sud. Du coup, mon œil ayant été attiré, il m'a fallu me renseigner sur l'histoire proposée derrière cette couverture. Qu'elle n'a pas été ma surprise en découvrant cette nouvelle histoire de vampires, un thème devenu incontournable pour ma bibliothèque et moi! Il paraissait évident que je lirais cette intégrale.

Vampires et un style qui n'est pas dénoué de charme, c'est la réussite assurée!
Voilà un livre comme j'aime en lire, avec une histoire dense et envoûtante et un style d'écriture enivrant! Je reconnais que cela fait un bon moment que mes yeux ne s'étaient pas posés sur un récit aussi riche en vocabulaire et aux tournures de phrases qui ne sont pas sans rappeler nos chers classiques. Bien entendu, je n'ai rien contre les livres au style plus simple et moins alambiqués, mais l'exercice reste vraiment appréciable quand on lit une histoire avec de telles sonorités. Alors, avant d'entamer le récit de mon ressenti, il me faut d'abord saluer l'auteure pour cette prose qui m'a donné envie de lire le récit à haute voix, juste par plaisir d'entendre les mots chanter.

En ce qui concerne mon ressenti global sur cette intégrale qui regroupe deux titres de l'auteure, à savoir "Rouge Flamenco" et "La déesse écarlate", il reste tout aussi positif que mon avis sur le style! Bien que cela fait plusieurs semaines que j'ai ouvert ce livre, je n'ai pas réussi à lui consacrer du temps avant dimanche dernier, et en un peu plus d'une après-midi ensoleillée, j'étais parvenue à la fin de l'histoire de Carmilla qui m'a subjuguée!

J'ai adoré l'histoire de cette femme, son passé troublant, sa vie de vampire avec ces mésaventures et ces rencontres inattendues. Bien que mes doutes se soient avérés exacts concernant le dénouement, je n'en ai ressenti aucune frustration pour autant. J'étais réellement dans la contemplation, me laissant bercer par le récit de la vie de Carmilla et des personnages qu'elle rencontre, notamment Johannès qui m'a sidéré à tel point que je n'aurais pas été contre une description encore plus longue, notamment concernant ses frasques amoureuses marginales.

Il est vrai que j'ai fini par faire quelques rapprochements avec Anne Rice, notamment "Entretien avec un vampire", puisqu'il s'agit du seul livre de l'auteure que j'ai eu l'occasion de lire, mais la comparaison s'arrête au mythe du vampire, puisque Jeanne Faivre d'Acier, nous présente un type de personnage tout à fait différent de celui de Louis, déprimé et n'assumant pas totalement la partie sombre de sa condition. D'une part, dans ce roman, il est question de femmes, vampires de leur état certes, mais bien conscientes de leur nature qui ne passent pas leur temps à philosopher sur la manière de vivre leur immortalité, mais plutôt à se venger de l'oppression des hommes, entre autre. D'autre part, l'auteure enrichit son récit par des mythes hindous, des histoires espagnoles et de divinités orientales, que l'on oublie aussi vite l'univers de sa consœur américaine. L'auteure a son propre style et sa propre source d'imagination qui nous comble suffisamment. Je me suis laissée transporter dans chaque histoire, dans chaque légende, prenant pour argent comptant tout ce que l'auteure semait sur son chemin, comme un enfant à qui l'on raconte une histoire.

Si le personnage de Carmilla m'a touché aussitôt de part l'histoire de sa vie et la persévérance dont elle fait preuve pour se venger, l'histoire de Mâra plus mystique m'a tout aussi plu. Même si, le premier tome reste mon préféré, j'ai également su apprécier les origines sombres et diaboliques de notre boucher sanguinaire et découvrir quel être se cachait derrière cette beauté envoûtante. Mon penchant vers Carmilla s'explique par la clarté du récit, en effet dans "La déesse écarlate" je n'ai pas toujours compris les enchaînements et les rapprochements entre Jonathan, Lorraine et Mâra. Quelques zones d'ombre ont rendu le récit un peu plus lourd au lieu de tirer avantage du suspens.

Cependant, une fois les premières pages envolées, j'ai été tout autant captivée par l'histoire mystique de cette autre femme vampire, de son passé et de ses amours. Même si j'ai eu quelques "sourcillements" concernant son amour pour Kim, j'ai fini par mettre mes préjugés au placard pour me contenter du comprendre. 

En somme, une histoire hors du commun qui sort du lot de tout ce que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui, le tout avec une prose superbe a rendu mon récit captivant.

Une suite est à prévoir en septembre prochain si je ne me trompe pas intitulé "Le dernier vampire" qu'il me tarde d'aborder. 

Publié aux Editions Bragelonne, le 12 juillet 2013, 525 pages, 25€

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Treize raisons, de Jay Asher







  J'espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l'histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s'est arrêtée. Et si vous êtes en train d'écouter ces cassettes, c'est que vous êtes l'une de ces raisons. 








Quatrième de couverture, Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu'elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D'abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l'oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou baiser et tout peut basculer...

Pourquoi ce livre?
Cela faisait tellement longtemps que j'entendais parler de ce livre, et tout autant qu'il reposait tranquillement entre les rayonnages de ma bibliothèque, que je ne pouvais plus le faire patienter encore plusieurs mois. L'angoisse que représentait ce livre pour moi a largement contribué à cette attente. En effet, qui peut être à l'aise avec récit qui explique, et ce en treize raisons, pourquoi une adolescente a décidé d'opter pour le suicide que pour la vie?

Un récit perturbant mais nécessaire! 
Tout au cours de cette lecture, je suis passée par plusieurs ressentis, l'incompréhension, le déni, le reproche, la tristesse, et enfin la culpabilité. Oui la culpabilité! Car qui peut se vanter de n'avoir — au cours de son adolescence qui représente une période difficile dans la construction de soi — jamais blessé quelqu'un par un geste, une parole? Ne serait-ce qu'en  contribuant à la propagation de rumeurs sur le dos d'autrui? Qui? A moins d'avoir reçu un enseignement à domicile ou par correspondance, nous avons tous eu quelqu'un dans le collimateur. Si je me trompe, et j'en serai ravie, car au vue de la réaction de cette jeune fille à travers l'histoire qui nous est racontée ici, je regrette ce que j'ai bien pu faire endurer à une ancienne connaissance du collège/lycée, ma grande ennemie de toujours. Enfin, avec le temps, les griefs se sont effacés, mais sur le moment il faut avouer que nous ne prenions pas de gants. Aujourd'hui, je me rends compte que nous aurions tout aussi bien pu déraper dans le drame. Bien que je sois loin du compte par rapport à ce qui arrive à Hannah dans ce livre, je comprends à quel point les adolescents peuvent se montrer cruels et insensibles. 

Ce livre, bien que perturbant et sans issue possible puisque nous connaissons d'emblée la triste fin de notre héroïne, reste nécessaire pour montrer à nos chères têtes blondes les limites à ne pas franchir, même si ne se sont encore que des enfants. 

Voilà pour ce qui est de mon ressenti premier par rapport à l'initiative de l'auteur de mettre en scène les difficultés des adolescents à faire à des situations compliquées.
Bravo Mr Asher! 

Toutefois, en ce qui concerne la forme, j'ai parfois trouvé la répartition entre les paroles d'Hannah et les pensées de Clay mal définie. Certes, j'ai bien compris que tout ce qui était rapporté en italique correspondait aux cassettes audio et le reste à Clay, mais emportée dans les révélations chocs de la jeune fille, je ne voyais plus la différence entre les styles. Cela prouve une fois de plus mon attachement à ce livre! Absorbée telle que j'étais dans l'histoire je ne faisais plus attention aux détails. 

De plus, j'ai été un peu perdue dans la multitude des prénoms de chaque lycéens mis en cause ou entrant simplement en tant que figurant dans l'histoire. Passé le lycée et la fac, on ne côtoie plus autant de monde! Blague à part, j'ai dû avoir recours à de nombreux "rembobinage" de cassettes pour comprendre de qui elle parlait, afin de remettre la bonne personne dans le bon contexte!

Hormis ça, l'histoire mérite vraiment tout le bruit que l'on en fait, et j'irais même jusqu'à dire maintenant, qu'elle n'en fait pas assez!

Publié aux Editions Albin Michel, Collection Wiz, en mars 2010, 286 pages, 13,50€

 

No longer heroine, de Momoko Kôda #1, 2 & 3




Présentation de l'éditeur, Toutes les filles rêvent un jour de rencontrer l'amour... Et Hatori ne déroge pas à cette règle. Elle est d'ailleurs parfaitement persuadée que Rita, son ami d'enfance mais véritable coureur de jupons, finira par tomber amoureux d'elle. Mais quand ce dernier commence à sortir avec Adachi, l'intello de la classe... rien ne va plus! Et si Hatori était en train de se faire voler la vedette de son propre manga?! 

Pourquoi ce manga? 
J'ai l'impression que cela fait des siècles que je n'ai pas ouvert un manga! D'autant plus dans un Shojo, style que j'affectionnais tout particulièrement il y a quelques années à peine. Mais, un peu comme la mode, tout laisse à croire que mes tendances changent, parfois même radicalement, avant d'effectuer un retour en arrière. Je crois que la similitude entre chaque série a fini par avoir raison de mon engouement. Or, cette série, No longer heroine,  m'a attrapé le regard grâce au coup de crayon de l'auteur, avant de me laisser convaincre par le synopsis, qui rend cette histoire originale. Alors j'ai attendu patiemment que plusieurs tomes soient édités en France avant de les acheter. Entre nous, je n'aime pas acquérir juste le premier tome d'une série de manga, pour moi cela n'est pas suffisent pour savoir si l'histoire en vaut vraiment la peine. Une technique onéreuse et pas très rentable si le scénario est vraiment en deçà de mes espérances, mais révélatrice pour moi.

Un scénario intéressant mais... 
Comme je vous l'expliquais préalablement, cela fait une éternité que je ne m'étais plus plongée dans un Shojo et pour cause! Entre l'overdose d'histoires de lycéennes amourachées de garçons qui ne sont pas pour elles ou partagées entre l'amour de deux garçons que tout oppose, et  l'attente de chaque tome que je dévorais en à peine une heure alors que j'avais dû patienter parfois plus de 3 mois entre chaque publication, j'ai fini par en avoir ma claque des mangas pour me reporter sur les romans en règle générale. 

Mais alors pourquoi ce regain d'intérêt me direz-vous?

Parce que ma mère m'a toujours dit qu'il n'y avait que les imbéciles qui ne changeaient pas d'avis. Blague à part, pour celles et ceux qui me prendraient pour une indécise, je leur dis simplement que j'adore le dessin (une autre de mes passions chronophages) et quand une couverture exploite un coup de crayon que je trouve particulièrement intéressant, la tentation est trop forte pour m'empêcher de tourner les pages! 

Voilà l'explication première pour cette découverte, mais il ne s'agit pas de la seule, car si l'histoire n'avait pas été originale, je me serais contentée de feuilleter les pages avant de le reposer en rayon. Ainsi, le synopsis, que je vois comme une parodie de tout bon Shojo qui se respecte, m'a fait rire! En effet, on nous présente une nénette superbe, persuadée d'être l’héroïne d'une love story qui la met en scène aux côtés de son meilleur ami qu'elle convoite depuis des années, alors qu'elle se fait piquer la place par une binoclarde sans excès, m'a énormément plu!

D'ailleurs, en lisant les trois premiers tomes j'ai pu noter quelques moqueries à l'encontre de pas mal de séries déjà lues, mais tout en restant bon enfant. 

Le concept de départ et les dessins m'ont d’emblée plu, malheureusement l'humour avec lequel notre mangaka nourrit son histoire s’essouffle un peu en cours de route, sans penser à innover davantage, se contentant toujours du même filon bien que des nouveaux personnages apparaissent. Un peu comme si l'auteur jouait tout le temps avec les mêmes paramètres, à savoir Hatori/Rita/Adachi. 

Ainsi, j'espère avec les tomes à venir, qu'Hiromitsu pourra bénéficier d'un rôle plus complet que celui de la cinquième roue du carrosse... 

Deuxième point noir que j'ai toujours à reprocher au manga: il faudra attendre septembre pour lire 200 pages à peine... Mais concernant ce problème rien de neuf sous le soleil, et vous pourrez me rétorquer qu'il en va de même aujourd'hui pour n'importe quel roman jeunesse, ce à quoi je vous répondrais que l'histoire est nettement plus étoffée même si l'attente reste toujours insupportable.

En somme, un manga qui sort du lot par son côté "parodie" mais sans toutefois pousser la plaisanterie plus loin. To be continued... 

Paru aux Editions Delcourt les 13 mars 2013 #1, 15 mai 2013 #2, 3 juillet 2013 #3, env. 192 pages chacun, 6,99€ l'unité.


mardi 9 juillet 2013

Top Ten Tuesday [10]



Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.

Cette semaine le thème choisi pour notre rendez-vous hebdomadaire:

Les 10 meilleures et/ou pires adaptations cinématographiques! 

Commençons par mon Top 3 de mes meilleures adaptations "mention Coup de cœur"

   

Le monde de Charlie, car le film est parfait jusqu'au bout de sa BO! Le casting est juste parfait également. Bref, un coup de cœur pour le livre et un coup de cœur pour le film! Future acquisition dans ma vidéothèque! 

La ligne verte,  à l'époque j'avais vu le film avant de le lire, toutefois, je n'ai remarqué aucun impair. Le réalisateur a su bien retransmettre toute l'émotion du livre. 

Warm Bodies, que si le livre a raté le coup de cœur de peu, le film n'a pas raté le coche. Drôle, émouvant et qui donne une fin mieux mise en avant que dans le livre, j'ai tout simplement A-D-O-R-É! Future acquisition dans ma vidéothèque! 

Continuons avec mes 3 films mention "Assez bien, mais..."

    

The hobbit, j'entend déjà les hululements ^^ Si j'ai bien aimé le conte de Mr Tolkien, et si j'ai trouvé le film très beau, je n'ai pas trouvé l'adaptation pertinente, dans le sens où Peter Jackson s'est permis certaines libertés qui ont fait perdre tout son sens au conte originel. Car en plus de rajouter certains personnages, il réécrit l'histoire et cela ne rentre pas dans le cadre d'une bonne adaptation selon moi. Alors, oui le film est bien et les décors magnifiques, mais il ne s'agit pas d'une adaptation fidèle. 

Hunger Games, j'en attendais beaucoup de ce film, malheureusement malgré un casting qui fonctionne à merveille, j'ai trouvé la réalisation parfois trop lisse. Et les changements décidés par la production ne rendent pas hommage au livre, comme le changement de règle pour gagner du temps. D'ailleurs, j'aurais aimé une bande-son plus présente.

World War Z, alors je suis toujours plongée dans la lecture du livre, mais vu le pavé j'ai préféré aller voir le film avant qu'il ne soit plus à l'affiche. Et j'étais d'autant plus curieuse que la forme du récit, soit sous forme d'interviews, ne rendait pas la réalisation des plus aisées. En se focalisant sur l'histoire d'une famille, je pensais avoir aussi peur que dans l'histoire originelle, que nenni! Malgré un début très bon et quelques passages chocs, je n'ai pas été convaincue! 

Et enfin sur le banc des recalés avec les "Grimaces du jury"


  

Les "grimaces du Jury" sont essentiellement celles de Chris, puisque n'ayant vu ni l'un ou lu ni l'autre, je n'ai pas de grief à apporter à l'un comme l'autre! 
Selon Chris, les deux adaptations n'auraient vraiment pas respecté la ligne conductrice des livres. 

Admis après une session de rattrapages:
Twilight, après un casting peu convaincant à mon goût et que j'ai dû accepter au fil des volets, j'ai été toutefois très contente de la réalisation du dernier épisode. Car si je trouvais la fin de la saga un tantinet (ironie) trop facile, celle du film a su répondre avec justesse à ce que l'on attendait toutes, un affrontement réel.


Et voilà je referme cette parenthèse cinématographique en vous souhaitant une bonne semaine et de bonnes lectures. Et sinon qu'elle est l’adaptation prochaine que vous attendez avec hâte ? 


vendredi 5 juillet 2013

Forgotten, de Cat Patrick



 Je suis tombée amoureuse de Luke.
Je ferme les paupières pour apprécier cette nouvelle pendant une seconde. Pendant quelques secondes. Pendant un long moment. 
Oh, non... Oh, non! Non non non non non!!!
Impossible! Quelque part dans les tréfonds de ma conscience, je réalise que je me suis assoupie. Je plonge dans les recoins de mon esprit endormi à la recherche du mémo que j'ai oublié de rédiger. Il n'est pas dans mon sommeil, il ne sera pas là à mon réveil. 
Il n'y a rien de noté. 
Il n'y aura pas de souvenir.
Luke aura disparu. 




Quatrième de couverture, Passé. Présent. Futur. Et si tout était lié? Pour Lili Lane, chaque jour est une nouvelle vie. Tous les matins, elle se réveille sans souvenirs de la veille - mais avec des visions de l'avenir... Grâce à sa mère et à sa meilleure amie, elle réussit, tant bien que mal, à dissimuler sa différence. Mais lorsque le séduisant Luke entre dans sa vie, le destin de Lili bascule. Qui voudrait oublier un garçon pareil? Pour changer son avenir, Lili va devoir affronter son passé et résoudre le mystère de sa mémoire défaillante....

Pourquoi ce livre?
C'est à Charlotte, mon amie libraire, que je dois la découverte de ce livre, qui m'en a vanté les mérites de l'auteure. Il ne s'agissait pas de ce titre mais de "Revived". Toutefois, j'ai préféré commencer par la première parution de l'auteure pour me lancer. D'autant plus que l'aspect, passé, présent, futur m'intriguait davantage.

Parce que parfois la fin justifie que l'on continue...
Si finalement le livre m'a convaincu, je n'en menais pourtant pas large avec les premières pages. Principale cause, un début qui manquait de cohérence. Le postulat de départ est plutôt simple à comprendre, notre héroïne prénommée Lily, souffre de ce que l'on pourrait qualifier de perte de mémoire sélective. En effet, elle n'a aucune trace de son passé. Tous les matins, à son réveil, elle n'a aucun souvenir de sa journée de la veille. Seules ses notes, qu'elle remplie avec soin chaque soir, lui permettent de faire le pont entre son passé et son présent. Le futur, à l'inverse de son passé, lui apparaît brusquement sous forme de visions incontrôlées. 

Malheureusement, si ce côté là était assez simple à saisir, j'ai trouvé que l'auteure avait eu quelques difficultés dans la pratique. A certains moments, le récit manquait de cohérence et de justesse, à tel point que j'en suis venue à me concentrer uniquement sur les raccords probables. 

A mon avis, il aurait fallu davantage de détails pour comprendre toute la profondeur du handicap de Lily, car en omettant certaines précisions, l'auteure nous donne l'impression de ne pas maîtriser son sujet. 

Cependant, parvenue à la moitié du livre, lorsque l'on comprend que l'importance du livre ne repose pas uniquement sur le problème de mémoire de Lily ou de sa relation avec Luke, on en oublie les erreurs de cohérence pour se plonger avec délectation dans l'histoire! Et je dois reconnaître que la fin a été une parfaite réussite!

Du coup, si j'ai été accaparée par la forme dans un premier temps, la deuxième partie m'a ramené dans le coeur de l'intrigue, tout en nous offrant une fin prodigieuse, nous rapprochant d'un thriller. 

Publié aux Editions La Martinière Jeunesse, mai 2011, 299 pages, 13,90€

mercredi 3 juillet 2013

Virtuosity, de Jessica Martinez



 - On devrait éviter de devenir amis, tu sais, décréta-t-il sans conviction.
Il ne semblait pas avoir remarqué que nos jambes se touchaient.
- Tu as sans doute raison. Dans l'immédiat, on ne fait que se balancer quelques vacheries, mais d'ici quinze jours on se détestera carrément. Ou au moins l'un de nous. 
- Je ne crois pas que je te détesterai.
- C'est parce que tu es persuadé de gagner.
- Non, dit-il avant de marquer un silence. Enfin, oui. Je suis certain de remporter le prix. Pourtant, même si je perdais, je ne pense pas que je pourrais te détester. 





Quatrième de couverture, Deux virtuoses. Le concours de violon le plus prestigieux qui soit. Une seule place. Équation fatale, surtout quand une inconnue de taille s'en mêle: les sentiments. 
Carmen a tout pour réussir et remporter le prestigieux prix Guarneri. Elle n'a pas le droit à l'échec. Seulement, Carmen a beau être violoniste  elle ne déchiffre plus la partition de sa vie. Et ce depuis que Jeremy, son rival le plus dangereux, mais aussi le plus séduisant, a croisé sa route. 
Carmen pourrait bien y perdre beaucoup plus que sa réputation de musicienne...

Pourquoi ce livre? 
J'ai toujours eu un petit faible pour les histoires mélangeant intrigue et art, telle que la musique avec Si je reste ou encore Là où j'irai, ainsi que le dessin avec Graffiti moon. Un peu comme un de mes mots clés, je ne résiste guère longtemps à une histoire qui me promet, romance sur fond de musique, et encore plus quand il s'agit de l'opportunité de toute une vie. 

Une histoire de musique mais qui ne résonne pas...
Bien que le titre et la quatrième de couverture nous promettent un moment musical, on n'apprend rien de la relation qui se noue autour de Carmen et de son violon. Il s'agit davantage de l'environnement musical que de musique au sens propre. 

Toutefois, une fois le deuil passé, l'histoire n'en reste pas moins intéressante, notamment dans les derniers chapitres, qui laissent place à une héroïne moins caractérielle et naïve. En même temps comment pourrait-il en être autrement quand on grandit à l'écart de tout, oubliant les rites de passages au moment de l'adolescence?!

En effet, Carmen nous apparaît naïve, colérique et un tantinet inexpérimentée dans l'art de nouer une relation avec des gens de son âge. Mais rien de bien étonnant, puisqu'elle vit comme une recluse, claquemurée entre un professeur de violon archiatre et une mère maniaque du contrôle. Si elle m'a souvent agacé au départ, j'ai très vite senti l'émergence d'une nouvelle jeune femme au fil de son aventure. L'évolution est donc très nette, non moins agréable. 

Comme je vous l'annonçais plus haut, l'auteur ne cherche pas à faire l'apologie de Carmen et de son violon, mais présente une jeune fille en proie au stress le plus intense, coincée entre le rêve de sa vie, à savoir gagner le Guarneri, et succomber au charme de Jeremy King, son adversaire dans ce même concours. Tout cela, sans compter sur l'engagement de sa mère dans cette situation, qui tente par tous les moyens de garder le contrôle sur la vie de sa fille, pensant faire ce qu'il y a de mieux pour elle. 

A mon avis, il aurait été davantage appréciable de pousser notre héroïne encore plus loin dans ses retranchements, afin de bien mettre l'accent sur les coulisses de ce genre de concours. Les petites choses gênantes que l'on peut être amené à faire pour se donner au maximum, la lutte de conscience, tout ce qui pourrait expliquer que seule la fin justifie les moyens. Ce détail aurait pu donner une approche différente du problème. 

Dans l'ensemble, le livre reste agréable et encore plus sur la fin de parcours, où l'on sent clairement l'évolution des personnages. D'ailleurs, la fin ouverte proposée par l'auteure, me fait me questionner quant à une éventuelle suite ?...

Publié aux Editions Hachette, Collection Black Moon, juin 2012, 314 pages, 16€


mardi 2 juillet 2013

Top Ten Tuesday [9]



Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani.


Les 10 Livres les plus intimidants


@ Irrésistible Fusion: Après un premier tome splendide, et un second moins alléchant, je suis un peu mitigée par rapport au dernier opus. 

Kaïken: Jean-Christophe Grangé, est un auteur français qui m'a glacé le sang à plus d'une reprise, mais avec la "Forêt des Mânes" je déchante un peu. 

1Q84: C'est LA saga incontournable qu'il ne faut pas oublier de lire. A tel point que je me demande si mon ressenti ne va pas en pâtir à cause de tout ce tapage. 

The new hunger:  Bien que très contente d'avoir une occasion de prolonger l'aventure de Vivants, ou plutôt de "remonter le temps", mon niveau d'anglais m'empêche de me plonger dans cette lecture, sans ressentir aucune frustration. 

12 21:  La prophétie ne s'étant pas réalisée, on pourrait penser que toutes craintes seraient écartées, et bien il reste encore quelques séquelles...

Sans forme:  Le premier tome a été un tel plaisir et une telle découverte, que j'ai peur d'être déçue par une suite qui ne serait pas à la hauteur. Par peur de ternir mon ressenti global.

16 lunes:  J'ai fait ce que je ne voulais pas faire, soit finir par voir le film avant de lire la saga. Du coup, comme l'adaptation cinématographique ne m'a vraiment pas convaincu, je ne sais pas si je finirai par commencer cette saga. 

Le livre des étoiles:  Je le veux, je le veux! Mais quel pavé! xD

La trilogie de la lune:  Idem que le livre précédent. Cela fait 2 ans que je dois le commencer chaque été... Il est toujours dans ma bibliothèque. 

Au bord de la tombe:  Parce que chapitre 32 ou un truc dans ce genre... A force d'entendre parler de ce livre, je me demande si je vais être surprise par ce dernier. 


Pour rester à la page sur les autres TOP TEN TUESDAY!

A l'aventure compagnons, Les Donjons de Naheulbeuk, John Lagn, Tome 0

Synopsis :

L'origine de la saga, enfin disponible en roman !

Dans les plaines inconnues d’un territoire sauvage, un Barbare court en direction des cités humaines. Il pense à une femme, sa cousine, qu’il espère impressionner en cherchant l’aventure. Au même instant, au fond d’une ruelle sombre, un Voleur marche vers un destin qu’il devine flamboyant. Une Elfe court vêtue de vert fait un premier pas hors de sa forêt, tandis qu’un Nain négocie âprement avec un sorcier… Ailleurs, au fond d’une charrette, une Magicienne accompagnée d’un Ogre émerge d’une sieste cahoteuse. Enfin, un jeune Ranger ambitieux révise le manuel des aventuriers… Ils ne se connaissent pas encore, mais ils vont affronter ensemble les dangers du Donjon de Naheulbeuk !

Source : editionsoctobre.com




"— Vous pouvez vous concentrer un peu ? Moi ce que j'entends là c'est carrément des incantations! Ils vont nous balancer une malédiction d'un démon craignos qui va nous rendre aveugle, et on va finir dans un cachot puant à bouffer nos lacets."
Le Ranger,
p.51

Pourquoi ce livre ?
Suite à l'opération "Masse Critique" effectuée sur le site Babelio.com. J'ai remporté le livre "A l'aventure compagnons" de John Lang. Premier opus de la saga du "Donjon de Naheulbeuk", il reprend les deux saisons audio de cette saga déjà bien connue. Alors je remercie chaudement Babelio et les Editions Octobre pour ce partenariat.

A l'aventure compagnons...
C'est avec le plus grand des plaisirs que j'ai donc redécouvert les débuts de nos aventuriers. L'auteur nous a gâté en nous offrant des passages inédits, comme le préquelle où on les retrouve en train de se faire enrôler par Gontran ou différents combats, comme la liche et le golem de fer, qui étaient passés sous silence lors de la saison audio. 

L'humour est toujours bien présent, l'auteur a su encore une fois, nous épater avec son sens de la répartie et du comique. J'entends pas là que, même en connaissant les scènes, pour avoir maintes fois écouté l'audio, j'ai quand même apprécié et bien rigolé durant ma lecture. 

Le style est toujours fluide et envoûtant, nous transportant au fur et à mesure des pages dans la découverte de nouvelles scènes ou tout simplement, suivre les anecdotes subies par nos héros. Un livre toutefois différent d'un fichier audio, mais la présence de détails comme les "Bulletin cérébral" de chaque personne sont bien placés et nous donne une autre idée de l'histoire. 

J'ai donc grandement apprécié ce livre et je conseillerai toute la saga aux personnes ne connaissant pas encore les Donjons de Naheulbeuk. Le premier opus étant maintenant entre vos mains, vous pourrez lire toutes les autres saisons déjà écrites par notre auteur. 

En attendant, à quand la saison 6 ? 


Publié aux Éditions Octobre, 14 Juin 2013, 384 pages, 20,50 €